Frères et sœurs vous est-il déjà arrivé de perdre la vue, ne serait-ce que pendant quelques minutes ?
C’est paniquant; car on devient désorienté et dépendant.
Quand la vue nous revient, alors c’est le soulagement.

Dans l’évangile de ce jour, il est question d’un aveugle devenu mendiant.
Dans son cas, sa condition d’aveugle l’a amené à devenir mendiant pour survivre. Son handicap qui l’a écarté du monde profane et religieux; va le ramener pour quémander ce que ce monde veut bien lui donner. Du fond de cette misère qui l’écrase, il éprouve le besoin de crier sa souffrance au Seigneur Jésus en disant :

Jésus, Fils de David aie pitié de moi! Ce cri n’est pas neutre c’est celui que lancera la foule pour l’entrée de Jésus à Jérusalem « Hosanna prend pitié, Fils de David »

La foule essaie de couvrir son cri;
On les comprend nous sommes sur la route de Jéricho et là se trouve la garnison romaine du palais d’Hérode. « Fils de David » peut être mal interprété pour l’occupant romain. En effet c’est peut être lui qui va nous mettre dehors ; Autant vous dire qu’il ne fait pas bon de crier ce genre de slogan.

L’aveugle de l’Évangile refuse de continuer à se cacher et à se taire et il pousse un cri tellement puissant qu’il rejoint Jésus. Jésus s’arrête et demande qu’on le lui amène. Jésus va permettre à ses Apôtres de devenir eux même appelant. Il leur fait partager sa mission Jésus choisi des collaborateurs. Il ne fait pas tout, tout seul ;
Enfin la rencontre se produit et que demande-t-il à Jésus? De retrouver la vue. Sa prière va être exaucée. Même plus, nous constatons qu’à cause de sa foi la guérison ira au-delà de la vue retrouvée.

Le premier constat que je fais dans ce récit, c’est qu’il n’y a pas d’épreuve trop lourde pour nous empêcher de crier vers le Seigneur. Parfois il nous faut crier fort pour que notre cri lui parvienne. La force de notre cri exprime notre détresse, notre peur, notre impatience. Nous avons tous de grands besoins, pensons-nous les dire au Seigneur? Même sous forme de cris quand nous avons mal ou peur, ou quand nous sommes déçus.
Il nous arrive de crier notre détresse, nos besoins urgents à un employé, à un conjoint, à des enfants, à des parents ou à des amis. Quand nous recherchons quelqu’un qui s’est perdu, nous crions; quand ça fait vraiment mal, quand nous sommes profondément déçus ou que nous avons peur, nous crions et c’est normal. Le Seigneur attend cela de nous. Il ne faut pas hésiter à crier. Comme diraient les jeunes, « à lui crier après ».

Le deuxième constat que je perçois, c’est que le Seigneur est toujours prêt à nous accueillir et à nous écouter, même quand tout le monde nous rejette. La foule rejette l’aveugle; mais le Seigneur l’accueille. Ne nous arrive-t-il pas de nous sentir rejetés, abandonnés de tous ? Nous pouvons toujours compter sur le Seigneur, quelle que soit notre misère. C’est normalement à travers les autres que nous pouvons découvrir la bonté de Dieu; mais s’il nous arrive de ne pas trouver cette bonté, nous ne devons jamais oublier que le Seigneur ne nous abandonne pas pour autant. Rappelons-nous cette parole consolante: Quand bien même tout le monde t’abandonnerait, moi dit le Seigneur jamais je ne t’abandonnerai pas.

Enfin le troisième constat que je tire de ce moment, c’est l’attachement de l’aveugle à la personne de Jésus. Une fois guéri, il s’est mis à suivre Jésus sur la route. Il est devenu un de ses disciples. C’est le message le plus important. Les spécialistes diront que c’est la pointe du récit. La guérison est allée plus loin que les yeux: elle a rejoint le cœur de l’homme qui vient d’être illuminé.

N’oublions pas que juste après Jésus fera son entrée à Jérusalem et c’est l’épisode des rameaux ou la foule reprendra le même slogan « Béni soit celui qui vient, Hosanna au fils de David ».
Ne peut-on pas imaginer notre aveugle entrainer la foule à acclamer Jésus.

D’évangélisé qu’il a été, il devient évangélisateur à son tour.

Nous sommes tous plus ou moins aveugles sur le plan spirituel. Jésus vient pour nous guérir, mais nous ne sommes pas toujours prêts à le suivre.
Nous préférons nourrir des doutes et exprimer des objections plutôt que de nous ouvrir à son message. Le problème est que bien souvent nous négligeons d’aller au cœur même du message de l’Évangile.
Nous préférons rester à la surface, sans être dérangés et bousculés.

Comme l’aveugle de l’évangile, n’hésitons pas à crier notre souffrance. Jésus est toujours prêt à nous écouter, surtout si nous insistons dans nos demandes.
Une fois exaucés, ayons la générosité de l’aveugle de marcher à la suite de Jésus, même si cela nous oblige à des renoncements et à des changements importants dans la conduite de notre vie.
En quelque sorte : Seigneur, fais-nous aimer ce que tu commandes.

Amen