En ce dimanche nous voyons Jésus qui enseigne. Une polémique va naître. Des pharisiens se sont mêlés à la foule. Brusquement ils interrompent le Christ, et « pour le mettre à l’épreuve » lui posent une question.
Les foules étaient touchées par l’autorité de sa parole qui ouvrait de nouveaux horizons. Mais les pharisiens cherchent à mettre Jésus en opposition à la Loi.

Le piège est clair : si Jésus conteste la répudiation, il se prétend supérieur à Moïse ;
S’il l’accepte, la preuve est faite qu’il n’est qu’un beau parleur qui, malgré les apparences, n’enseigne rien de neuf.
Jésus ne se laisse pas prendre au piège. Il va déjouer leur stratagème en remontant bien avant Moïse, à la Genèse, à l’origine dans le dessein de Dieu sur l’homme et la femme.

Nous aussi ne nous laissons pas prendre au piège du « permis/défendu » mais entrons si vous le voulez bien dans un regard contemplatif : le regard de Dieu lui-même sur sa création et sur ce qu’il a de plus précieux l’homme et la femme qui sont image et ressemblance avec lui.
Ces textes fondateurs vont être l’assise, le socle, pour comprendre l’indissolubilité du mariage. C’est un appel à la communion dans le don réciproque des époux dans leur différence.

« A cause de cela », c’est-à-dire pour répondre à cet appel, « tous deux deviendront une seule chair ».
Et Jésus insiste : « Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair ». Cette unité est l’aboutissement du projet de Dieu sur l’homme et la femme. Projet dans lequel le Très-Haut s’investit, se donne à fond.
Jésus ajoute : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ».

L’indissolubilité du mariage est exigeante mais cohérente : le mariage scelle le don réciproque total des personnes, jusque dans leur dimension charnelle. Depuis l’origine, l’union de l’homme et de la femme constitue l’image la plus parlante de l’Alliance entre Dieu et l’humanité.
Dieu est totalement un et à choisi l’homme et la femme pour qu’ils soient, sur cette terre, le signe de cette unité et de son amour.

Tolérer la possibilité d’une rupture entre les époux reviendrait à envisager une remise en cause de cet engagement réciproque. Jésus le refuse résolument. Pour lui, Dieu n’est pas versatile. Dieu est « un » et sera toujours « un », communion sans division.

La sexualité humaine n’est pas un simple fruit de l’évolution biologique, mais une grâce et un appel qui viennent d’en-haut. Il s’agit de vivre cet engagement avec toute sa radicalité.
La sexualité est un don au service de la relation d’amour et de la vie. Le couple uni par le lien sacré du mariage nous le rappelle fortement. Le mariage ne sera jamais une option mais un don voulu par Dieu.
De nos jours, nous sommes hélas bien loin de cette approche contemplative qui permet de reconnaître, cette réalité si belle.
L’opinion contemporaine remet en cause l’objectivité de la « loi naturelle » le « Au commencement ».

Au nom de l’autonomie de l’individu, « Je fais ce que je veux ». Je refuse d’envisager que le corps puisse me parler d’un soi-disant dessein de Dieu sur moi. Et aujourd’hui l’opinion fait force de loi. La transcendance universelle disparait.

L’Église nous rappelle sans cesse, à temps et à contre temps, que le volontarisme ne suffit pas pour fonder une alliance. Le but recherché au sein du couple est–il toujours le service du bien de l’autre, dans la charité ?
Bien souvent l’accomplissement individuel de soi domine.

Or deux individualités peuvent constituer une collectivité, mais pas une communauté, et encore moins une communion que nous nommons famille.
La finale de l’Évangile nous rappelle, et particulièrement aux couples, qu’il nous faut retrouver l’humilité de l’enfant qui s’approche en toute simplicité de Jésus, pour recevoir sa bénédiction et jouir de sa proximité.
Contrairement à l’individu qui vit dans l’illusion d’une autonomie absolue, l’enfant se reconnaît dépendant et s’ouvre spontanément à la relation avec l’autre, dont il sait qu’il a besoin.

Dans ce domaine, nous avons besoin de l’aide de Dieu, aide qu’il donne à travers un sacrement : Le mariage. Dieu s’engage et son engagement est indéfectible.

Puissions-nous nous laisser embrasser et bénir par Jésus comme ces enfants. Mettons notre confiance en son message de justice et de paix, d’amour et de vérité, l’un ne va pas sans l’autre.

C’est ce que l’Église ne cesse de faire à travers les siècles malgré les mutations de la société.

Prions pour les couples et la famille si malmené aujourd’hui mais qui resterons toujours porteur du signe indéfectible de l’amour de Dieu pour le monde.

Et prions pour les évêques du monde entier qui entre en synode pour relever le défi d’accompagner les jeunes générations qui construiront le monde de demain.

Amen