Frères et sœurs, Jésus en ce dimanche nous invitent à relever un défi : « le fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

Dieu quémande notre foi. Pas une foi éthérée mais une foi confiance qui vient du plus profond de notre être. Voulons-nous relever ce défi ? Alors si, oui prenons les moyens.

Où peut-on grandir dans la foi ?

Cette foi ne se trouve pas dans les rayons de nos supermarchés ni devant notre écran plat de télévision ou sur nos smartphone. Non la foi qui est don de Dieu, s’enracine dans la prière, je dirai même plus, se cultive pour reprendre l’image que Jésus nous avait donnée il y a deux semaines avec la graine de moutarde, dans la prière.

Oui en effet, la parabole que Jésus nous donne aujourd’hui sur la veuve et le juge sans justice n’est pas une Parabole sur Dieu, ni sur les sentiments de Dieu, mais une Parabole qui porte uniquement sur la prière de demande.

L’Évangile de dimanche dernier, portait sur la prière de remerciement (samaritain qui rend grâce pour sa guérison).

Jésus poursuit son enseignement pour nous parler de la prière de demande. Jésus nous invite à demander, avec une insistance que rien ne décourage, à être semblables à cette veuve qui n’hésite pas à se rendre insupportable.

Mais pourquoi, dans ce passage de l’Évangile, Luc nous présente Dieu comme un juge corrompu et paresseux qui a peur de se compromettre en condamnant un puissant, et qui cherche à étouffer la réclamation d’un faible ?

Précisément parce que Jésus veut insister sur le fait que notre prière doit être d’une persévérance inlassable.
Avec un juge consciencieux, la veuve n’aurait pas eu à persévérer. il aurait tout de suite rendu justice, et il n’y aurait pas eu de Parabole !

Or, ce n’est pas une Parabole sur Dieu, je viens de vous le dire, mais sur la persévérance dans la prière !
Si nous devons demander et insister avec un sans-gêne inlassable, ce n’est pas parce que Dieu ferait la sourde oreille, ou bien parce qu’il serait injuste, paresseux et indifférent !

Si nous devons prier avec une telle insistance, c’est parce qu’une prière occasionnelle n’est pas une vraie prière. Prier avec foi, ce n’est pas prier d’une façon épisodique, en pointillé.

Si nous demandons de temps en temps. C’est que nous n’y croyons pas vraiment. Si nous disons une fois tous les six mois : « Seigneur aide moi à progresser dans la sainteté » ou : « Seigneur, donne-moi le courage d’être plus généreux de mon temps et de mes biens »…

Une telle discrétion dans la prière signifie généralement que nous n’avons pas beaucoup d’envie de progresser !

Mais si on fait la même demande chaque jour pendant quelques années, il y a des chances que notre foi et notre prière soient plus sincères ! Telle est notre condition humaine… nous vivons dans le temps. Cela a besoin de s’enraciner dans nos gênes si je puis dire.

Alors, en ce dimanche, je vous pose la question : Dans nos journées, quelle place laissons-nous à la prière ? Avons-nous au moins un rendez-vous quotidien et assez long avec le Seigneur ? Oh, je vous entends déjà me répondre :

« Je n’ai pas le temps ».

Ayons plutôt la loyauté de reconnaître : « Je ne sais pas prendre le temps ».

Prier, voyez-vous, c’est comme : « brûler du temps pour Dieu ». C’est lui réserver une partie de notre temps parce que nous avons conscience que cela est capital pour notre vie chrétienne.

Quand on aime quelqu’un, ne prend on pas du temps pour demeurer avec lui, l’écouter, lui parler, lui exprimer notre affection ou notre amitié ?

La prière est ce rendez-vous avec Dieu. Elle nous rend présents à sa présence. Elle nous expose à Lui.

Au milieu de l’agitation trépidante de notre vie, la prière est un bain de silence qui permet une décantation de nous-mêmes, comme un bon vin qui se clarifie au repos.

Oui nous pouvons entendre Dieu qui nous parle tout doucement, à l’intime de notre cœur.

Alors l’Esprit Saint vient en nous et nous sommes ainsi à l’unisson avec sa pensée sur toutes choses, sur le monde, sur les autres et sur nous-mêmes, nous communions à son désir qui est de sauver tous les hommes.

Oui frères et sœur le Seigneur attend que nous montions sur la montagne de la prière pour lever les mains comme l’a fait Moïse ou encore que nous soyons des intermédiaires pour soutenir nos frères et sœurs dans la prière.

L’Église ne sera crédible, quand je dis l’Église, je parle du pape des Évêques des prêtres et de tous les baptisés, que dans la mesure où tous nous prendrons notre place dans cette immense chaine de prière que Dieu attend de son peuple.

Alors prêts à relever le défi : ne baissons pas les bras, mais « Haut les mains » ;
Le fils de l’homme quand il viendra trouvera-t-il cette foi, là, à St Jean Baptiste de Belleville ?

AMEN