Frères et sœurs, voici que s’ouvre pour toute l’Eglise, la porte du Carême. Voici quarante jours qui nous sont donnés pour revivre ensemble cette expérience du désert, de l’exode – temps de purification et de combat, mais aussi temps d’illumination et de rencontre avec Dieu, avec le prochain et avec soi-même.

Comme jadis, au temps du prophète Joël, en paroisse, nous aussi nous avons convoqué l’Assemblée Sainte. Nous prescrivons un jeûne sacré. Nous annonçons un temps solennel.
Nous, les prêtres, les ministres du Seigneur, nous intercédons pour le peuple qui nous est confié, particulièrement pour ceux qui se préparent au Baptême, à la Confirmation et à l’Eucharistie, comme Adel qui sera baptisées durant la vigile pascale.

Oui Seigneur, avec le psalmiste, je veux crier vers Toi pour ton peuple, ici à St Jean-Baptiste de Belleville :
« Crée en nous un cœur pur ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de nous ton Esprit. Ne nous chasse pas loin de ta face, ne nous reprends pas ton Esprit-Saint. Rends-nous la joie d’être sauvés. Que L’Esprit généreux nous soutienne. Oui Seigneur, ouvre nos lèvres et notre bouche annoncera ta louange ».

Frères et sœurs, devant cette perspective du Carême et de la conversion, comment allons-nous réagir ? Voulons-nous remettre à plus tard, c’est-à-dire à jamais, notre retour à Dieu ?

Comme St Paul, je me fais ambassadeur du Christ pour vous dire : « Au Nom de Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut ».

L’Évangile de ce jour nous montre le chemin que nous avons à parcourir.
Ces 40 jours qui commencent aujourd’hui, nous sont donnés pour vivre un voyage intérieur, un voyage qui nous permettra de rencontrer Celui qui ne cesse de nous appeler depuis le début de la création, Dieu lui-même : « Adam, où es-tu ? »et vous pouvez changer par votre prénom Stéphane où es-tu ? »

Par trois fois, dans l’Évangile, Jésus mentionne que le Père voit ce que nous faisons en secret et qu’il nous le revaudra.

Le secret, ce lieu intime où Dieu s’adresse à chacun de nous, c’est notre cœur. Voilà la Loi nouvelle de ce sermon prononcé sur la montagne.

Jésus nous redit de ne pas en rester à des rites extérieurs. Ce qui ne veut pas dire de les supprimer. « Il n’est pas venu abolir, mais accomplir ».

Il nous invite à descendre au plus secret de notre cœur pour y chercher l’amour qu’il y a déposé. Cet amour qui aime jusqu’à s’oublier soi-même pour ne vouloir que le bien de l’autre (le prochain), mais aussi du Tout Autre, c’est-à-dire de Dieu, Notre Père qui nous aime. Ne restons pas à l’extérieur de nous-même mais au contraire découvrons plus encore notre intérieur notre vie intérieure.

Oui, qu’en ce temps du carême, sa volonté se fasse en nous, pas la nôtre.

Seulement, pour partir dans ce voyage intérieur, il nous faut prendre les bonnes décisions qui nous permettront d’atteindre l’objectif et d’arriver au but.

C’est en cela que nous sommes invités à nous entraider, ensemble en Église.

Profitons de ce même Carême pour rejeter notre individualisme, notre égoïsme et sortons de notre petit confort. Recevons le cadeau de la communauté.

• Accueillerons-nous les grâces qui nous seront données dans les 3 domaines biens connus du Jeûne, du Partage et de la Prière ?

• Saurons-nous dégager du temps, pour un « vivre ensemble », en communauté, « le bol de riz » par exemple ou encore cette retraite paroissiale ?

• Participerons-nous avec une plus grande assiduité et ponctualité à la liturgie de la messe ?

En effet, beaucoup ne bénéficient pas de la Parole de Dieu à cause d’une arrivée tardive.

Pourquoi ne pas saisir cette chance pour vivre à fond l’Eucharistie dominicale ?

• Des temps de prières, vous sont proposés.

Préférerez-vous plutôt ne pas louper la dernière série sur Netflix au lieu de prendre un temps d’écoute du Seigneur dans la prière ou le service des autres?

• Saurons-nous agir dans les bonnes œuvres, avec joie pour notre prochain et pour mieux nous connaître ?

Oui, le temps du Carême est un temps d’entraînement au combat spirituel. Un temps il nous faut choisir le Christ plus que tout.

Sans jeu de mot, c’est un temps d’élection. Mais soyons rassurés, Jésus a déjà remporté la victoire. Voilà notre joie : il a vaincu la mort. Il est vivant pour toujours.

Cette joie et cette victoire, il souhaite nous la partager. Alors, à nous de prendre la route pour ce voyage intérieur, vers la terre promise de notre cœur, où Dieu nous attend avec son Amour pour refaire alliance avec nous.

Ce soir, dans une attitude vraie, à celui qui vous marquera de la Cendre et qui vous dira « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile », puissiez-vous répondre de tout votre cœur : « Amen », c’est-à-dire « Qu’il en soit ainsi ».

Bon Carême à tous.