La parabole de ce dimanche nous ramène à une réalité qui nous touche tous: l’argent.

Un peu étonnant cette histoire d’un gérant malhonnête qui est présenté comme un modèle ! Nous sommes invités à regarder de plus près le texte pour y trouver la fine pointe que Jésus veut nous laisser pour ce dimanche. C’est un Message qu’il adresse, à son époque, à Israël, mais aussi à nous, paroissien de Saint Jean-Baptiste de Belleville.

Israël

Jésus sait se faire comprendre et pour son auditoire il n’y a aucun doute : Dieu est le seul maître, et Israël son serviteur. C’est le gérant que Dieu s’est choisi.

Mais voilà que Jésus déclare une chose énorme : Israël est un mauvais gérant ! Pourquoi ? Parce qu’il refuse sa raison d’être qui est le Royaume de Dieu.
Ce royaume, c’est Jésus lui-même. Ce royaume, c’est Dieu qui offre son amour et son pardon à tous, même aux pécheurs, et aux pauvres qui sont méprisés ! Rappelez-vous dimanche dernier cet homme fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux et nous avons eu la parabole de la miséricorde en trois parties brebis pièce et fils perdus.

Jésus annonce par cette histoire qu’Israël va perdre sa gérance et que d’autres seront appelés. Il va perdre la gérance de « la grande affaire du bien véritable « qu’est le Royaume de Dieu. On leur enlèvera donc « ce qui est à eux pour le confier à d’autres».
Dans la parabole, le gérant a au moins l’intelligence, l’habileté de se servir de l’argent (de son maître) pour se préparer des bons contacts, une fois qu’il sera sans emploi. Or les auditeurs de Jésus, ces « pharisiens qui aiment l’argent » n’ont pas su se servir de leur richesse pour se préparer des contacts dans l’au-delà; ces contacts : ceux sont les pauvres qu’ils méprisent.

Nous

Jésus nous offre là un message qui vaut pour nous aujourd’hui, par rapport aux biens matériels. Nous pouvons résumer son message en trois mots :

« Devant l’argent, il faut méfiance, gérance et habileté »

Méfiance
Jésus qualifie l’argent de « trompeur »; L’argent est trompeur d’abord parce qu’il nous séduit. On pense, avec lui, obtenir le bonheur, l’estime et l’affection des autres, la sécurité, la vie même ! Or, il n’en est rien. Combien de personnes riches souffrent de solitude, craignent d’être aimés pour leur fortune, se méfient de tout, vivent misérablement !
L’argent est trompeur aussi parce qu’il réduit notre regard à ce qui est visible et à l’instant présent ! Il nous fait perdre de vue notre vrai destin. Nous ne sommes pas sur la terre pour avoir plus, mais pour devenir plus ! Devenir plus humain et plus divin.

Gérance
Face à l’argent et aux biens matériels, nous ne sommes pas d’abord des propriétaires, mais des gérants. Dieu nous donne ces biens – qui viennent de lui – pour rendre présentes sur terre sa bonté. Si on ne vit pas cela, c’est une grande offense que l’on fait à Dieu. Ne reproduisons pas ce que Dieu a dénoncé par ses prophètes. N’acceptons pas une société ou l’homme, tout homme, tout l’homme, n’est pas respecté dans sa dignité et ses droits. L’Église ne se taira pas. N’en déplaise à ceux que cela dérange. Et travaillons à cet immense chantier qui consiste à être du côté des plus démunis, des blessés de la vie.

Habileté
La parabole du gérant malhonnête illustre une parole du Christ que nous devrions apprendre par cœur : « soyez habiles comme des serpents et candides comme des colombes ». Nous autres, catholiques, nous sommes mal, à l’aise avec l’argent. Nous croyons qu’en ayant ou qu’en maniant beaucoup d’argent, nous sommes du mauvais côté. « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur », nous dit Jésus.
Il est vrai que l’argent a une sérieuse tendance à être considéré comme maître plutôt qu’un serviteur, mais si nous le tenons « en laisse », l’argent est un excellent serviteur. Il peut donner un sérieux coup de pouce à l’évangélisation et au témoignage de la charité.

Conclusion : Le test du pauvre.

Je terminerai par à un petit exercice que Jésus nous invite à vivre : « le test du pauvre ».
« On juge la qualité d’une communauté chrétienne à l’attention qu’elle apporte aux pauvres », disait St Jean-Paul II.
Cette attention à ceux qui sont dans le besoin (Matériel, psychologique, affectif et spirituel) se situe à plusieurs niveaux : personnel, paroissial, et même universel. Régulièrement, à chacun de ces niveaux, il nous faut nous poser la question pour savoir quelle attention nous portons aux pauvres ?

Le psaume d’aujourd’hui est un cri, et Dieu nous a révélé qu’il entendait toujours le cri du pauvre. Peu importe notre condition, Jésus nous invite à être du côté des pauvres. Ce choix nous place avec certitude du côté de Dieu.

Alors, en ce dimanche, testons si oui ou non, nous laissons Dieu, agir en nos cœurs.

N’ayons aucune crainte. A Dieu, tout est possible : changer la pierre en bonne terre, l’ivraie en bon grain mais aussi un riche malhonnête en disciple miséricordieux. C’est ce que je nous souhaite pour les jours à venir.

Amen