Chaque année, le 4ème dimanche de Pâques est consacré au thème du Bon Pasteur. Pour cela il nous faut bien comprendre la portée du texte et comprendre ce que veut dire être « le bon pasteur », être « une brebis du troupeau ». Resituons le contexte :

Lorsque Jésus se désigne comme « le Bon Berger« , il s’adresse à ses ennemis farouches : les pharisiens.

Le climat n’est pas idyllique mais polémique. Jésus fait référence au célèbre chapitre 34 du prophète Ézéchiel qui dénonçait les mauvais pasteurs qu’étaient les rois et les grands prêtres de l’époque : ils ne cherchaient que leur avantage. Déclarer « Je suis le Bon Berger« , c’était donc pour Jésus, une dénonciation des autorités de son temps et d’être le Messie attendu.

L’image du Berger ne désigne pas du tout Jésus comme un dictateur qui impose ses idées à une foule obligée de le suivre aveuglément. La brebis doit répondre librement et intelligemment.

Le message du Christ n’est pas imposition mais proposition. Gaëlle par ton engagement tu nous le rappelle c’est librement que tu vis cette démarche.

A chacun d’écouter, de réfléchir, d’argumenter, de questionner et finalement de choisir en toute conscience. Même avec la possibilité de lui tourner le dos. Jésus ne retient personne.

La foi n’est jamais un carcan, mais une proposition à laquelle chacun est invité à répondre.

Or, les pharisiens présents NE CROIENT PAS JÉSUS. Ses propos irritent. Ils sont inacceptables ! Quelles que soient les réalisations qu’il a pu faire, leur cœur est bloqué, ils ne sont pas ouverts à la Vérité. Ils ne peuvent pas accepter ses paroles.

Pour nous, il peut en être de même : On lit sa parole, on l’entend mais on ne l’écoute pas« .

Nous sommes face au mystère de l’incroyance ! Et surtout, face à la peur devant l’inconnu !

Si je me mets à croire vraiment où cela m’entrainera-t-il ?

Quoi qu’il en soit, Jésus parle, il est le Verbe, la Parole même de Dieu exprimée en mots humains. Et ceux qui ont un cœur accordé, ajusté à Dieu, sont touchés par sa voix.

A travers la cacophonie actuelle des messages, le matraquage des slogans, le déferlement des fausses promesses, savons-nous reconnaître la voix du bon berger ? En elle, pas de mensonge, aucune séduction trompeuse, aucune pression tyrannique, aucune tentative d’embrigadement.

Entre le Bon Berger et ses Brebis, entre Jésus et ses disciples, il y a une « connaissance » qui ne se réduit pas à un simple savoir mais qui est une communion profonde d’amour (Rappelez-vous dimanche dernier le « m’aimes-tu ? » de Jésus adressé à Pierre).

On pourrait jouer sur le mot « co-naissance » : Jésus et son disciple grandissent l’un de l’autre, l’un par l’autre. Le chrétien fidèle se sait aimé de son Seigneur et il l’aime. Il a entendu que Jésus était le Bon Berger, qu’il appelait ses disciples « mes amis », « qu’il était prêt à donner sa vie pour eux ».

La réponse ne se fait pas attendre. C’est un élan, un empressement du cœur pour suivre le Maître. Sa voix n’enferme pas dans un ghetto, elle procure de la tranquillité, elle met en route, elle envoie vers l’autre.

En retour Jésus DONNE la vraie Vie, la Vie divine, LA VIE ÉTERNELLE, Les brebis disciples deviennent en réalité, dans leur être profond, « enfants de Dieu ». Dieu n’est plus quelque chose de flou et de transcendant, un créateur lointain, un juge sévère : il est leur Père ! Il est Notre Père et nous sommes des « Re-nés » en Lui. Tu l’as bien compris Gaëlle.

Mais il ajoute aussitôt « LE PÈRE ME LES A DONNÉES » nous sommes un don de Dieu pour Jésus. Tu es un don de Dieu. Nous sommes des « Dieu-donnés ». Nous passons d’une main à l’autre. Voici ce qui va se passer dans un instant pour Gaëlle par ce baptême tu passes de la main du père à la main du fils et l’Église par la main de ton parrain et de ta marraine ainsi que de ton accompagnatrice t’a prise en main.

Autant dire que le chrétien est entre de bonnes mains, la Main du Père et la Main de Fils et de l’Église.

Père et Fils tiennent le croyant en toute sécurité. Notre confiance ne repose que sur le Père et son Fils et l’amour qu’ils s’échangent. C’est pourquoi elle est inébranlable.

Nul ennemi ne doit nous faire peur, nulle tentation nous ébranler, nulle chute nous décourager.

Laissons Dieu nous prendre par la main, nous prendre dans sa main.

Nous sommes ses enfants. Nous ne devons craindre que nous ! Car seul le disciple lui-même peut décider de rompre le lien et de choisir un autre guide, un autre père qui ne sera pas le bon berger, car celui que nous avons est unique.

Alors frères et sœurs je vous pose la question après l’éclaircissement que je viens de vous donner n’avez-vous pas envie d’être une brebis ? Gaëlle n’as-tu pas envie de faire partie de ce troupeau-là ? La réponse ne me la donne pas. Donnez-là au Christ, notre bon Berger, qui la remettra dans les mains de son Père qu’il aime et au passage dans le secret de notre cœur, n’oublions pas de le remercier.

Amen