Frères et sœurs en ce dimanche, nous célébrons la solennité du Christ Roi. Jésus est le roi de l’univers et cela doit nous réjouir. C’est vrai, mais attention, la liturgie de ce jour nous invite à éviter une confusion. Elle veut nous faire comprendre le vrai sens de cette royauté. Jésus n’est pas un roi à la manière des grands ce monde.

Nous avons tout d’abord l’histoire de David, le petit berger d’Israël. Quand il est devenu roi, il a réuni le Royaume du Nord et celui du Sud. C’était déjà une annonce de ce que le Christ réaliserait lors de sa venue.

Jésus s’est présenté comme un rassembleur.

Mais cette mission ne s’est pas limitée au seul pays d’Israël. Elle est offerte à tous les hommes du monde entier et de tous les temps.

Le Christ a réconcilié tous les peuples de la terre en livrant son Corps et en versant son sang. C’est ce que nous avons entendus dans la lettre de st Paul aux Colossiens.

Mais cela ne s’arrête pas là. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il nous appelle tous à cette œuvre de rassemblement. Il compte sur nous pour être des artisans d’unité, de justice et de réconciliation.

L’unité entre les hommes passe par une multitude de petites ententes. Et c’est toujours à refaire. Il nous appartient de voir ce que nous pouvons faire contre la rancune et comment favoriser l’entente dans nos lieux de vie particulièrement dans nos familles et notre paroisse.

Cette unité à construire réclame des gens qui n’ont pas peur de payer de leur personne et de leur temps.

Il y aura toujours des risques, celui d’être critiqué ou tourné en dérision. Mais nous ne sommes pas seuls : quand nous nous engageons sur ce chemin, le Christ est là, bien présent. C’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route.

Saint Paul insiste et nous présente le Christ roi de l’univers. C’est par lui que tout existe. Il est le collaborateur du Père dans son œuvre de création. Il est le sommet et la fin de toutes choses : « Tout est créé par lui et pour lui. ».

Nous comprenons que l’homme a pour mission de s’accomplir lui-même à l’image de Dieu. Il est capable d’amour libre et gratuit. Le Christ nous ouvre le chemin. Lui, le premier ressuscité, marche à la tête de cette humanité nouvelle qu’il a inaugurée. C’est avec lui et par lui que nous allons au Père. C’est de cette foi et de cette espérance que nous avons tous à témoigner. Le Christ glorieux nous offre d’avoir part à sa victoire.


L’évangile nous montre comment Jésus a remporté la victoire et la manière dont il est devenu roi.

Saint Luc nous présente le visage bouleversant de Jésus en croix entre deux malfaiteurs. Nous le voyons tourné en dérision par ses adversaires et abandonné par les siens. Il se trouve entre deux malfrats, également condamnés à mort.

L’un d’eux s’est vu attribuer le titre de « bon larron ». Mais y aurait-il de bons assassins, de bons truands ou de bons voleurs ? Ce qu’il faut voir dans ce récit c’est la miséricorde divine envers les mal aimés et les malfaiteurs. C’est de cette manière que notre roi gouverne son royaume : avec comme seule arme l’amour et la miséricorde qu’il a reçu de son Père.

Avec le Christ, la miséricorde sera toujours de mise.

Pour comprendre cela il nous faut prendre de la hauteur et nous situé au niveau du crucifié. Je sais ce n’est pas une posture que nous aimons mais pourtant c’est le seul endroit qui nous permettra de tout comprendre ;

A la manière de ceux qui lui sont proches à ce moment, Quelle est la manière dont j’accueille le regard du Christ ?

Le premier joue l’ironie. L’autre appelle Jésus par son nom ; il le supplie : « Souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne ».

Cette attitude de confiance et d’abandon est à peine croyable de la part « d’un hors-la-loi, d’un hors-la-foi ».

Dans l’Évangile de saint Luc, c’est la dernière parole de Jésus avec un frère en humanité. Jésus lui annonce qu’en mourant ensemble, ils se retrouveront ensemble au paradis.

« Souviens-toi de moi… » C’est aussi cette humble prière que nous, pécheurs, nous pouvons faire monter vers le Seigneur. Notre Seigneur est aussi celui qui veut régner dans nos cœurs. Ne laissons pas l’imposteur régner en nos cœurs à sa place.

Au lieu de critiquer, faisons plutôt monter cette prière :  

« Souviens-toi de notre monde.

Souviens-toi de ceux et celles qui vont à la dérive.

Souviens-toi des personnes éprouvées par la maladie, les infirmités, la précarité, l’exclusion.

Souviens-toi de ceux et celles qui vivent sans espérance et sans amour,

Souviens-toi de notre paroisse

Souviens-toi de ma famille ».

Et là nous entrons dans l’espérance chrétienne.

Là nous donnons à Dieu les moyens d’agir.

Seigneur Jésus, tu es vraiment le Roi de l’univers. Tu veux rassembler tous les hommes dans ton Royaume. Nous croyons et nous avons la ferme espérance que tu nous dis aussi:

« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ».

Amen