Frères et sœur, l’Évangile évoque le moment où Jésus passe de ce monde à son Père. Ce moment est difficile. Il sait que ses apôtres vont se sentir comme orphelins. Après ces 3 années passées ensemble, ce sera très dur pour eux de se retrouver livrés à eux même et face à ceux qui leur demanderont des comptes.

Est-ce qu’ils seront à la hauteur ? Est ce qu’ils s’en sortiront ? Qu’est ce qui va se passer quand Jésus ne sera plus là ?

Nous connaissons cela quand un parent ou un proche nous quitte. Quand un curé est appelé ailleurs pour servir l’Église.

Mais Jésus veut nous rassurer comme il rassurait ses apôtres. Il leur annonce qu’ils ne seront pas seuls. Il les assure de sa présence permanente.

Il leur promet « un autre défenseur » envoyé par le Père et à sa demande. C’est l’Esprit Saint, l’Esprit de Vérité. Saint Jean l’appelle « le Paraclet ». Ce mot désigne dans la Bible, le notable qui s’interpose dans les procès. Il pouvait casser une condamnation et faire libérer l’accusé sous sa responsabilité et au nom de sa propre réputation.

Le premier Paraclet que le Père a envoyé c’est Jésus lui-même. Il est notre premier « défenseur ». Nous le voyons déjà intervenir en faveur de ses disciples au moment de son arrestation : Il les protège, il se livre en demandant de les laisser partir. Au soir du Jeudi Saint Jésus dira: « Je les ai gardés… je les ai protégés… » Et il continue d’intercéder pour eux auprès du Père.

Le deuxième défenseur promis c’est l’Esprit Saint, le Dieu d’Amour. Il intervient pour nous quand nous sommes accusés ou tournés en dérision au nom de l’Évangile.

Deux défenseurs, deux avocats, deux paraclets. Le christ et l’Esprit Saint.

Voilà notre garanti, notre sécurité. Nous n’avons rien à craindre

Il nous appartient alors de tirer les conclusions de cette bonne nouvelle :

– Accueillir l’Esprit Saint et nous laisser transformer par lui.

– Marcher chaque jour dans la fidélité à l’évangile.

Mais ce que l’Esprit Saint nous révèle est encore plus merveilleux. Il nous annonce que nous sommes une grande famille réunie dans l’amour : « Je suis en mon Père, vous êtes en moi et moi en vous. »

C’est dans la vie de tous les jours que nous pouvons découvrir la présence de l’E.S. Par exemple

  • C’est ce besoin qui nous pousse à participer à l’Eucharistie, non par obligation mais parce qu’elle apporte un ressourcement intérieur qui nous est nécessaire. Nous l’avons fortement ressenti pendant le confinement où nous en étions privé.
  • L’action de l’Esprit Saint c’est encore l’attention savoureuse à la Parole de Dieu pour qu’elle nourrisse notre foi ;
  • C’est aussi une conscience plus droite quand on fait attention à ne plus dire de parole blessante. C’est l’Esprit Saint qui nous permet de faire la vérité en nous.
  • Et surtout c’est encore lui qui nous pousse à nous dépenser pour la charité. Ce trésor il nous faut le partager. Là encore la période que nous vivons nous montre des trésors de générosité

L’apôtre Pierre nous rappelle dans la deuxième lecture que nous devons toujours « être prêts à  rendre compte de l’espérance qui est en nous ». Et il ajoute que nous devons le faire« avec douceur et respect. » C’est cela l’évangélisation.

Nous vivons, de plus en plus, dans un monde souvent étranger à l’Évangile. L’espérance chrétienne est déformée.

Bien souvent, nous nous sentons démunis et nous avons envie de baisser les bras. C’est dans ces moments-là qu’il nous faut faire appel à l’Esprit Saint. Il est toujours du côté de ceux qui sont attaqués ou tournés en dérision au nom de leur foi. Il intervient aussi quand nous sommes confrontés à nos propres faiblesses et à nos limites, quand nous hésitons à nous engager, quand nous disons : « Je ne suis pas capable. »

Et il nous dit : « Vas-y, je suis avec toi. » C’est le « Yes, we can » de l’Évangile

Alors oui, n’hésitons pas à prier l’Esprit Saint et à faire appel à son action dans notre Église et dans notre vie personnelle. Il est trop souvent le grand oublié de notre prière. Et pourtant, il ne demande qu’à habiter en nous. Plus que jamais il nous faut reprendre un nouveau rythme et mode de vie après le confinement. Il nous y aidera si nous faisons appel à lui.

Depuis la Pentecôte, nous sommes entrés dans le temps de l’Église. Nous sommes envoyés en mission pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Nous sommes tous appelés et envoyés. Et ce qui est extraordinaire, c’est que l’Esprit de Dieu nous a précédés dans le cœur de ceux que nous rencontrons. Cette annonce du Royaume de Dieu doit être joyeuse. Il s’agit d’une bonne nouvelle. C’est pour répondre à son appel que nous nous rassemblons chaque dimanche.

Si nous croyons vraiment que nous communion à son amour, nous devons, alors, le laisser nous transformer. Quelque chose doit changer après la messe. Alors

– Qu’est qui va changer quand je sortirai de St Jean-Baptiste de Belleville ?

– Où l’Esprit Saint, cette semaine, va-t-il m’inviter à rendre compte de l’espérance qui m’habite ? « Viens Esprit Saint, viens Père des pauvres, viens toi l’hôte très doux de mon âme. Nous sommes l’Église de Pentecôte au milieu de laquelle le Christ ressuscité se rend présent et C’est toi Esprit Saint qui le manifeste. Viens faire de nous, ici, à St Jean-Baptiste de Belleville, de vrais témoins de ton amour partagé.

Amen