Frères et sœurs, aussitôt après les Béatitudes de la semaine dernière, Jésus nous livre un enseignement sur l’amour. L’amour qui vient de Dieu. L’amour qui a sa source en Dieu ce père qui veut que ses enfants aiment comme lui Jésus ne présente pas son programme avec des interdits mais avec une dynamique, un mouvement d’amour : Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.

Nous sommes venus à la vie dans un monde plein de promesse avec une création merveilleuse. Mais si nous nous laissons à nos simples instincts Il peut nous en coûter beaucoup d’être tout simplement humain ! Jésus nous entraîne à sa suite sur un chemin de conversion. Il est le premier de la cordée si je puis dire. Il fait, Il a accompli ce passage que nous venons d’entendre. Je vous renvoie à sa Passion. Il a aimé ses ennemis et donné sa vie dans la fécondité de l’Amour.

Avouons-le, même si nous le comprenons, nous avons du mal avec l’amour des ennemis car cela nous entraine très loin. L’orgueil est toujours là qui nous fait résister à la révolution de l’amour qui se traduit par l’amour des ennemis. Volontiers, nous disons que n’est pas réaliste, et instinctivement nous nuançons et nous relativisons le message de Jésus.

Or il veut nous donner un nouveau regard sur la vie, sur les événements, sur les personnes et un nouveau regard sur Dieu lui-même.

Jésus donne sa vie pour que nous recevions la Vie. Il nous demande de devenir ce que nous sommes : les enfants bien-aimés du Père. Comme le dit si bien st Paul avec le christ le dernier Adam nous sommes passé de la terre au spirituel et ce miracle s’est opéré par le passage du christ de la mort vers la vie éternelle. Nous rendons grâce à Dieu quand nous vivons l’Amour qui nous fait parvenir durant ce temps présent à cette vie-là.

Il nous faut contempler de quel amour nous sommes aimés et resituer toutes nos douleurs à l’intérieur de cet amour. C’est de cette manière et seulement de cette manière que nous parviendrons à un progrès dans l’amour et l’amour des ennemis.

Mais Jésus, qui ne manque pas d’audace ou plutôt d’espérance sur nous tous, après ces consignes sur l’amour sans frontières, nous introduit dans la non-violence.

De la joue qu’il faut tendre, du manteau qu’il faut laisser prendre, et des deux mille pas qu’il faut faire, il nous place sous son regard qui intègre la gratuité.
Face aux préceptes que nous laisse Jésus, nous prenons conscience du peu de place que tient dans notre cœur la gratuité de l’amour vrai qui fait vivre.

Plus nous aimons Dieu pour lui-même, et plus nous sommes confortés dans notre autonomie de vie d’enfant de Dieu.

Plus nous aimons nos frères pour eux-mêmes, plus grandit en nous la ressemblance avec notre Père. Cette ressemblance est le sens de notre vie sur terre. C’est un bouillonnement d’amour intérieur qui donne vie et qui va rafraîchir le cœur de l’autre. Voilà c que pourrait être, l’amorce en nous de la vie éternelle.

Pour Jésus, la gratuité demeure entière. Nous ne pouvons pas ne pas la vouloir de toutes nos forces car elle consiste à « êtres fils du Très-Haut. »

Quand des personnes disent du mal de nous, disons du bien d’elles pour trouver le moyen d’avancer et d’être des donneurs de vie. Donner la vie est à ce prix. Il n’y a rien de meilleur pour désarmer celui qui nous frappe sur une joue que de tendre l’autre. Si quelqu’un est frappé de la sorte, il porte le mépris de celui qui le frappe. La seule manière de ne pas céder à ce mépris est de tendre l’autre joue pour montrer son désaccord. C’est aussi espérer malgré tout en l’autre pour qu’il convertisse se geste de violence en geste de paix.

Ce texte d’Évangile est d’une force de conversion spirituelle incroyable. C’est véritablement Dieu avec nous, en acte. Notre Père des cieux est une surabondance d’Amour incroyable. Il nous faut devenir comme lui. Nous pouvons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères.

Nous demandons de comprendre cette Parole pour faire l’impossible dans nos vies avec l’Amour qui vient de Dieu seul.

Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.

Amen