Frères et sœurs, en ce dimanche des rameaux, après avoir entendus la passion de notre Seigneur, une phrase me monte du cœur « Dieu a tant aimer le monde qu’il a donné son Fils unique »

En nous donnant son fils, Dieu veut nous sauver. Nous sauver de ce qui nous éloigne de lui, de ce qui n’a rien à voir avec lui : le péché .

En Jésus, nous sommes pardonnés. Nous sommes libérés du péché et de la mort éternelle.

Dieu forme un projet de salut pour nous tous, pour moi, pour toi qui est venu ce dimanche dans cette église.

Qui mieux que Jean le Baptiste dans cette phrase si célèbre : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » peut nous faire comprendre l’enjeu de cette Semaine Sainte.

Oui Jésus est bien l’agneau véritable. Il est l’agneau de Dieu.

Non pas l’agneau pour Dieu, cela les prêtres de l’ancienne alliance en offraient chaque année dans le temple, mais l’agneau qui est issu de Dieu, qui vient de Dieu et de la part de Dieu.

C’est un renversement qui s’opère. Ce n’est plus l’homme qui cherche à se concilier Dieu où à s’attirer ses faveurs en lui faisant de offrandes, mais c’est Dieu, parce qu’il a tant aimé le monde, qui donne aux hommes son Fils unique afin que nous ayons tous la vie, car seule la vie peut venir de Dieu.

Ce que Dieu fait là, il le fait par pure grâce : cadeau gratuit offert sans condition.
Mais posons-nous la question ce matin, après avoir entendu ce récit, suivi pas à pas la mort de cet homme que l’on appelle Jésus,
Comment Jésus, par cette offrande de lui-même sur la croix, peut-il enlever le péché du monde ?

Attention, le péché du monde ce n’est pas de l’ordre du carré de chocolat ou le mensonge pour s’en sortir la tête haute.

Non le péché du monde, c’est le péché dans sa nature profonde. C’est-à-dire : la séparation d’avec Dieu.

Oui le péché est radicalement une coupure, une rupture de l’humanité avec sa source et donc avec la vie. C’est pourquoi il mène à la mort.

C’est un manque de foi en l’amour de Dieu, en sa bienveillance, en sa fidélité.

C’est quand l’homme soupçonne Dieu d’être son adversaire.

O combien encore cela nous arrive-t-il de voir Dieu comme un rival, quelqu’un qui veut notre perte.

Voilà la plus belle ruse du démon et qui est vielle comme le monde.

Cela nous condamne, frères et sœurs, à une indépendance illusoire, qui dégénère rapidement et qui nous conduit à l’isolement mortifère.

Et c’est là que Dieu intervient. C’est là où Dieu vient en son Fils renouer la relation d’amour, car il s’agit bien d’amour et pour toujours.

En entrant dans le monde, le Christ vient briser la solitude mortelle de l’homme, ma solitude. Il se livre pour que l’homme, pour que je ne sois plus livré à moi-même. Cette offrande trouve son point culminant sur la croix nous l’avons encore entendu aujourd’hui.

Là où le dernier des derniers pouvait encore se croire abandonné de Dieu.

Voici en quoi consiste l’amour, frères et sœurs, « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est Lui qui nous a aimé, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés ».

Sa façon d’enlever le péché du monde n’est pas de l’arracher, de le faire disparaitre, comme on aurait vite fait de le faire.

Le Christ enlève le péché du monde en le prenant sur lui, en l’endossant, en en supportant les conséquences avec nous et même à notre place.

Il se vide de lui-même et accepte le péché du monde.

Ainsi se révèle le véritable visage de Dieu : celui de l’amour qui va jusque-là pour me dire, pour nous dire, qu’il nous aime quoi qu’il lui en coûte. Ainsi sur la croix, dans la mort du Christ, se noue une alliance, une communion totale avec tout homme.

Là où il aurait dû y avoir séparation il y a communion « Père entre tes mains je remets mon Esprit. Tout est achevé ». Il est allé jusqu’au bout du don de lui-même.

Les noces de l’amour sont consommées. « Heureux sommes nous d’être invités aux noces de l’agneau », en ce dimanche et tous les autres dimanches.

A chaque messe nous vivons ce grand mystère.

Frères et sœurs décidons-nous : vivons cette semaine dans la prière, rassemblons-nous à l’église pour fêter la Pâque, le passage du Seigneur,
C’est pour le salut du monde que le Christ a donné sa vie sur la croix.

Quand une personne est gravement malade et à moitié inconsciente, le seul moyen de la sauver c’est de lui faire une perfusion.

Notre monde est malade, notre église est malade, nous sommes malades. Nous avons tous besoin d’une perfusion d’amour.

C’est à cela que nous sommes invités au cours de cette Semaine Sainte.

Venons lui redire notre gratitude pour son Amour. Venons fêter sa victoire sur le mal. Cela est de la plus grande urgence. C’est vital et indispensable.
Alors, je vous dis à tous :

« Belle Semaine Sainte et surtout à bientôt ».

AMEN