La parabole que nous donne Jésus a pour but de nous faire prendre conscience de l’enjeu véritable de notre vie quotidienne : Dans nos activités ordinaires, nous décidons de notre destinée éternelle. Nous préparons notre éternité.

Le Royaume de Dieu est là, en la personne de Jésus : il ne tient qu’à nous d’y entrer. Comment ? Par notre mise en pratique de la parole de Dieu. Cela s’appelle l’obéissance.

Par contre, l’éparpillement, l’oubli de la vie spirituelle et notre focalisation sur la vie matérielle, peuvent que nous entraîner à un aveuglement redoutable.
Prenons nos responsabilités après le temps de la miséricorde, vient celui du jugement.

Alors, venons-en à notre parabole. « Il y avait un homme riche. Un pauvre était couché devant son portail ». C’est toujours le même contraste aujourd’hui. Le drame de ce personnage ce n’est pas qu’il soit riche mais qu’il ne voit pas le pauvre Lazare assis à sa porte. Rappelez-vous l’Évangile de dimanche dernier « faite vous des amis avec l’argent trompeur ».

Bien souvent, nous avons du mal à voir la souffrance, la solitude, l’angoisse qui est autour de nous. C’est vrai que la misère se fait discrète. « Au nom du respect d’autrui, de la sacro-sainte liberté de l’autre je ne vais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas !!! ».

Eh bien si, la misère est là. Elle me regarde. Mais elle me regarde à travers le regard du pauvre, de mon voisin de pallier ou de paroisse. A travers celui qui n’a pas encore rencontré le Christ.

Jésus nous invite aujourd’hui à ouvrir les yeux sur ces manques et cette souffrance. Il vient nous déranger. Il nous invite à partager. Il souhaite nous sauver de notre cécité bien pensante.

Ce pauvre qui vit une situation difficile a certes besoin d’une aide matérielle mais il attend surtout que nous le regardions et que nous lui parlions. Il a besoin de relation.

Cela me fait penser à un SDF que j’ai vu, un jour, dans la rue. Il avait à ses pieds une pancarte qui est très parlante pour nous en ce dimanche. Il affichait ce cri : « Au moins, n’ayez pas peur de me regarder ».

Arrivé au terme de sa vie, le riche s’aperçoit trop tard des conséquences catastrophiques de son aveuglement. Tout au long de sa vie, il n’a pensé qu’à ses richesses, ses vêtements de luxe, ses festins somptueux. Chez lui, il n’y avait pas de place pour les autres. La parabole semble même suggérer qu’il n’y a pas de convive à sa table bien garnie.

Il est seul et il va le rester dans l’autre vie. Là, personne ne pourra venir à son secours.

Le pauvre Lazare est emporté au ciel auprès d’Abraham, il rejoint le chœur des anges et des saints ; il entre dans la joie d’une vie relationnelle pleinement épanouie.

Le riche est déposé en terre, sans autre commentaire. D’ailleurs on ne sait même pas comment il s’appelle. C’est l’inconnu de la parabole. Chacun des personnages poursuit en quelque sorte le mouvement commencé dans sa vie. L’Évangile nous parle d’un grand abîme entre le riche et Lazare. Mais cet abîme infranchissable, c’est le riche qui l’a creusé. Cette terrible solitude, cet enfermement dans lequel il se trouve, c’est lui qui l’a organisée. Maintenant, personne ne peut rien pour lui.

Cet « abîme infranchissable » renvoie à l’urgence de la conversion : demain il sera trop tard.

Rappelez-vous, c’est aujourd’hui qu’il faut veiller à « nous faire des amis avec l’argent trompeur, afin que le jour où il ne sera plus là, ces amis nous accueillent dans les demeures éternelles » (Lc 16, 9). C’est ce que nous entendions dimanche dernier.

Si nous regardons bien, le riche n’avait rien fait de mal. Son problème c’est qu’il ne voyait pas. Ses richesses lui ont bouché les yeux et fermé le cœur. Comprenons bien : le but de cet évangile n’est pas de dénoncer les grandes fortunes des autres. Il s’adresse aussi à chacun de nous. Il veut nous montrer tout ce qui nous accapare, tout ce qui ferme notre cœur à nos frères.

Il est important que nous prenions conscience de nos enfermements qui nous empêchent d’accueillir et de partager avec nos frères, notre foyer, notre pain, notre amitié et notre temps. Le Seigneur compte sur nous pour que nous ouvrions notre cœur à tous ceux et celles qui souffrent de la précarité, du mépris, de la solitude et de l’exclusion. Changeons notre regard sur le réfugié et le migrant nous demande le pape François en ce dimanche de prière pour eux.

A chaque fois que nous demandons si vous connaissez des personnes qui sont seules pour que nous leur apportions des visites le résultat est toujours le même : « personne ».

Ce n’est pas normal. Je nous lance un cri d’appel afin que nous regardions que nous osions demander si tel ou tel aurait besoin d’une petite visite régulière. Et pourquoi pas me lancer dans cette rencontre d’amitié : « Tu comptes à mes yeux et je t’aime ».

Notre paroisse est invité en ce dimanche à la suite du congrès mission à retrousser ses manche pour qu’ensemble nous portions la mission que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice ce n’est pas qu’une question de curé ou de prêtres non c’est en coresponsabilité que nous avancerons et que la bonne nouvelle du salut sera proclamer si non les batteries vont s’épuiser et la voix du Seigneur ne retentira plus en ces lieux.

Nous n’avons peut-être pas grand-chose à donner, mais nous pouvons toujours offrir un peu de temps, un peu d’espace, un sourire, un bonjour, un regard d’amour, une aide.

En clair : si nous refusons d’entendre l’appel à la repentance que Dieu ne cesse de nous adresser dans les Écritures, si nous nous enfermons dans notre égoïsme, nous serons incapables d’entrer dans la communauté fraternelle des sauvés, inaugurée par la Résurrection de Jésus.

La Pâques de Notre Seigneur ne libère que celui qui a le cœur touché par sa parole de conversion, et qui consent à se laisser habiter par l’Esprit de charité.

Aujourd’hui, Seigneur, ouvre nos yeux et nos cœurs.
Libère-nous de nos égoïsmes car c’est dans le partage que nous pourrons être fidèles à ta parole et devenir vraiment tes disciples. Donne nous une audace missionnaire qui brule du feu de Dieu.

AMEN