Frères et sœurs, en ce dimanche, comme tous les dimanches or confinement, vous êtes venus ici pour participer à l’eucharistie qui nous rassemble, à la communion.

Communier, signifie être ensemble, être uni à l’autre, pour partager. C’est-à-dire recevoir ce que l’autre a à me donner et pouvoir lui donner ce que je suis. Il s’agit  d’être et non d’avoir.

La particularité de tous les dimanches, de ce dimanche de la sainte trinité, c’est que  Dieu lui-même vous a appelé à venir le recevoir. Il veut se donner à vous dans la réalité de son être le plus profond et le plus sacré. Mais pourquoi donc ?

Parce que vous êtes les plus intelligents de la terre ?  Non.

Parce que vous êtes les plus forts ou les plus riches de la terre ? Non.

Dieu se donne à vous, à travers sa Parole et dans le corps de son fils Jésus partagé, parce qu’il vous aime. C’est lui qui a l’initiative. Et cette démarche est purement gratuite. Dieu veut entrer en relation avec vous. II veut nous rencontrer, il veut te rencontrer. Il veut vivre une rencontre d’amour. Marina, aujourd’hui, officiellement, tu te rends disponible pour cette rencontre et cet échange d’amour. Tu souhaites découvrir de plus en plus ce Dieu amour. C’est une grande joie pour nous tous mais une responsabilité.

Combien de fois, hélas, nous laissons Dieu de côté. Nous ne pensons même pas qu’il est là et qu’il nous attend. Nous sommes dans l’indifférence.

Mais peu importe, Dieu est là. Dieu attend. Dieu nous attend. Dieu veut nous dire qui il est. Il veut surtout nous le montrer. C’est ça la fête de la Ste Trinité. Un Zoom sur ce Dieu qui patiente et qui veut nous faire entrer dans son mystère. Il désire que nous nous mettions tous à son école d’amour.

 «Le mystère de la Sainte Trinité» est beaucoup plus un secret qu’un mystère. C’est un secret d’amour que Dieu révèle à ceux et à celles qui prennent le temps d’écouter sa parole et qui font un effort pour en vivre.

Nous découvrons un Dieu bon, plein de compassion, qui en Jésus, accueille les gens rejetés, qui approche les lépreux et les aide à réintégrer la communauté, qui pardonne à Pierre et fait place au bon larron. Voilà notre Dieu, un Dieu  qui est proche de nous, qui veut habiter nos cœurs et nous donner le courage de faire face aux problèmes de la vie. Après ce temps de confinement, combien aujourd’hui peine sur le chemin de cette vie. Les fractures s’agrandissent. La misère prend le dessus même sur ceux qui jusque-là s’en sortaient.

Aujourd’hui, Dieu nous révèle, en quelque sorte, sa carte d’identité : il est un « Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité ». Il ne s’agit pas d’une scène de peur mais d’une rencontre pleine de tendresse et d’amour. Moïse l’a bien compris et c’est pourquoi il invite Dieu à vivre au milieu de son peuple:

«Si vraiment j’ai trouvé grâce à tes yeux, que mon Seigneur veuille bien vivre au milieu de nous».

Dans l’évangile, Jésus révèle à Nicodème qui est son Père:

«Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.»

Cette pensée est révolutionnaire pour un monde religieux qui annonçait que Dieu viendrait détruire les pécheurs. La relation entre Dieu et nous est ainsi fondée sur l’amour et non sur la crainte, la suspicion et la condamnation.

Dieu n’est pas un patron tout-puissant, ni une autorité qui surveille, arrête et punit, mais un père qui attend le retour de sa fille ou de son fils prodigue pour faire la fête.

En son Fils bien aimé, il accueille les ouvriers de la dernière heure, les bergers, les lépreux, les pécheurs. Ce Dieu de tendresse et d’amour nous invite à une alliance avec lui. Il se donne lui-même en nourriture Voici mon corps, voici mon sang.

Si Dieu se donne, c’est aussi pour nous inviter à l’imiter, à vivre comme lui : Comme le dit S. Paul :

«Ayez les mêmes sentiments que ceux de Dieu; vivez en paix, et le Dieu de la charité et de la paix sera avec vous.» (2 Cor 13, 11).

C’est pour cela qu’il nous partage son Esprit, son amour. Dieu est amour ; Dieu est relation car l’Amour est relation.

La Fête de la Sainte Trinité voudrait donc nous inviter à entrer dans cette communion d’amour qui unit le Père, le Fils et le Saint Esprit. Elle nous dit que nous sommes tous membres de cette famille de Dieu. Aujourd’hui Marina cette famille t’accueille pour que tu découvres celui qui t’appelle déjà depuis un bon moment.

Cet amour que nous recevons de Dieu Père, Fils et Saint Esprit, c’est comme une lumière qu’il nous faut transmettre à tous ceux qui nous entourent, dans nos familles, notre quartier, nos divers lieux de vie et de travail.

Et surtout n’oublions pas les malades, les exclus, tous ceux et celles qui sont douloureusement marqués par les épreuves de la vie, particulièrement en ce moment. Ils font tous partie de cette famille de Dieu qui est amour.

Nous sommes tous envoyés pour mettre plus d’amour dans ce monde, qui en a tant besoin.

Aujourd’hui, l’Evangile nous annonce cette bonne nouvelle : « Dieu n’a pas envoyé son Fils pour condamner le monde mais pour le sauver ». Il a confié à l’Eglise cette sainte mission. Elle est appelée à être signe de la communion d’amour trinitaire pour une humanité à réconcilier. Dans un instant, nous recevons celui que nous devons être.

Quelque chose doit changer en moi quand je sors de la messe. Soyons-en les témoins émerveillés dans toute notre vie.

Je termine cette homélie avec la phrase trinitaire de St Paul dans la deuxième lecture, phrase que nous utilisons au tout début de nos célébrations eucharistiques : « Que la grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous tous. » C’est mon vœu le plus cher pour toi Marina mais pour nous tous.

AMEN