Frères et sœurs, durant la nuit de Noël, les bergers avaient entendu cette bonne nouvelle : « Aujourd’hui, vous est né un Sauveur ». A travers eux, ce message était annoncé aux petits, aux pauvres et aux exclus.

L’évangile de ce dimanche, nous parle de ces mages venus du bout du monde auprès de l’enfant. Une étoile leur avait annoncé la naissance du roi des juifs et ils se sont mis en route pour lui offrir leurs présents.

En cette fête de l’épiphanie, nous faisons un pas de plus : ces hommes qui viennent de loin sont des étrangers.

A travers ce récit, nous découvrons que la bonne nouvelle de l’évangile est annoncée à toutes les nations. Elle s’adresse aussi à nous qui sommes venus à cette messe.

Essayons de l’envisager par 3 contemplations, trois visages : les mages, Hérode et Joseph.

Notre première contemplation ce matin, ce sont ces Mages, ces êtres plein de sagesse chercheurs de vérité qui attendent de voir se lever une grande clarté pour la rejoindre, et qui se mettent en route, qui quittent leur train-train, qui quittent leur propre vie.
Nous contemplons dans ces chercheurs, des visages sereins, paisibles, alertes.
Ces êtres de sagesse et de science sont des chercheurs de vérité. Leur sagesse a ouvert leur esprit à un Mystère. Il y a quelque part dans le monde quelque chose qui vaut que l’on se déplace. Il y a quelque part dans le monde, une telle lumière que nous sommes appelés à la saisir, à la rencontrer. Ils ne savent pas ce qu’ils trouveront. Ils ne savent pas que ce sera un enfant, ils ne savent pas que ce sera le Messie et ils savent encore moins que ce sera Dieu fait Homme. Mais ils savent, parce qu’ils ont dans toute leur vie, cherché le bien, cherché la sagesse, ils savent que ce qui les appelle, fait tourner l’univers
« Les mages ont vu son étoile ». La foi des mages commence au moment où les mages voient en une étoile, l’étoile divine. Comment cela est-il advenu ? Nous ne le savons guère mais nous pouvons affirmer qu’il y a trois éléments : Ils ont appris qu’un signe dans le ciel pouvait avoir une correspondance avec la terre ; un signe a réellement eu lieu ; leur intelligence et leur cœur leur ont fait discerner l’étoile qui est différente des autres, malgré les apparences.
Le second visage, est celui d’Hérode. Hérode, lui, est torturé, il a le visage défiguré par la violence qui l’habite, par la colère qui l’anime, par la haine qui le détruit. Il a le visage défiguré par les mensonges qu’il déploie, par les manipulations qu’il tente d’exercer auprès des Mages. Il a le visage qui peut nous effrayer.
Lui ne cherche ni la vérité, ni la sagesse, il cherche son pouvoir et surtout, surtout, il ne bouge pas. Il reste dans son palais, il fait appeler les sages d’Israël. Mais lui-même ne bouge pas de son siège. Il envoie les Mages, mais lui-même ne compte pas se déplacer. Il est statique. Assis. Immobile dans sa vie. Immobile dans sa foi. Immobile dans son humanité.
Le troisième visage est celui de Joseph paisible, recueilli, attentif. Joseph est réveillé par un songe, comme son ancêtre, Joseph le petit dernier, rappelez-vous, qui avait dû se ddébrouiller seul en Égypte. En Égypte, justement là où Joseph va emmener son enfant.
En Égypte d’où Moïse est revenu pour sauver le peuple d’Israël, et d’où Jésus reviendra pour sauver le peuple entier. Nous, païens, et son peuple, le peuple juif.
Joseph nous offre un visage de confiance. Réveillé par un songe, il écoute la voix de Dieu. Il fait confiance

Mais au cœur de ces visages, il y a un mystère. Un mystère que Dieu veut nous partager. C’est le signe la mère et l’enfant

Que ce soit pour les Mages ou Joseph, si ces visages sont si rayonnants, c’est parce qu’ils font confiance à Dieu. Ils savent que Dieu, même dans leur déplacement, les accompagnera toujours.
Joseph quitte son métier, il repart à zéro. Les mages repartent par un autre chemin. Mais peu importe leur route, Dieu chemine avec eux, ils trouveront toujours ce qu’il faut pour leur vie, pour leur bonheur. Dieu en cet enfant et « l’Emmanuel » « Dieu avec nous ».

Par contre pour Hérode il n’en va pas de même. Sa crainte l’empêche de faire confiance à celui qui vient de naître. C’est un rival. Cet intrus. Il se braque, il résiste de toutes ces forces. Et il laisse son visage se torturer par la haine, par la colère.

  • De mon côté Est-ce que je fais confiance à Dieu ou bien est-ce que je lui oppose toutes mes résistances ?
  • Suis-je un chercheur de vérité ?
  • où un chercheur autocentré sur moi-même ?
    Alors que Dieu m’invite à écrire mon histoire avec lui.
  • Suis-je plein d’émerveillement et de confiance attendri devant cette crèche ?
  • ou suis-je fermement attaché, enfermé par mon propre siège de gloire ?

L’Épiphanie que nous célébrons est la manifestation du Mystère de Dieu qui vient bousculer trois destins. Celui des Mages, d’Hérode et de Joseph.

Cette Épiphanie, c’est le récit du Salut pour deux d’entre eux, et le récit d’une perte pour le troisième. Le Salut se manifeste notamment dans le massacre qui suivra, avec les saints innocents. Jésus vient par avance pour les sauver.

Mais c’est surtout la merveilleuse rencontre de ceux qui cherchent Dieu, de ceux qui accueillent Dieu, de ceux qui se laissent déplacer par Lui.

Alors, frères et sœurs, nous aussi, laissons l’Épiphanie de Dieu se manifester dans nos vies.
En ce début d’année 2020, je vous souhaite d’avoir confiance en Dieu et de laisser tomber vos peurs : Dieu se tient au milieu de nos vies, et quoique que nous soyons amenés à vivre, il nous soutient, il nous accompagne, il nous aime.

En cette nouvelle année, laissons-le nous surprendre. Nous aussi nous repartirons par un autre chemin, chemin de vie et de bonheur, de confiance et de joie. Car, sur ce chemin, Dieu nous accompagnera toujours.

Très belle Épiphanie. Belle et sainte année à vous tous.

Amen