Frères et sœurs nous venons d’entendre, la grande prière de Jésus à son Père. Il s’agit du testament spirituel de Jésus. Jésus prononce ces paroles librement devant ses disciples, juste avant d’entrer dans sa Passion, avant de franchir la porte du jardin de Gethsémani, d’où il va ressortir pieds et poings liés. C’est ce que nous rappelle le début de notre page d’évangile :
« A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père.»

Je vous invite, chacun, à prendre du temps pour relire, reprendre à votre compte ces paroles de l’ultime prière de Jésus.

Que constatons-nous ? Jésus prie, non pas seulement pour ses disciples qui sont là devant Lui, mais pour nous, pour chacun de nous, « ceux qui accueilleront leurs paroles ». Il s’agit bien de nous. Nous avons accueilli les paroles des Apôtres, nous les avons faites nôtres, et par notre baptême, nous sommes devenus les disciples de Jésus.

C’est pourquoi j’aimerai vous inviter à un petit exercice de personnalisation.

Relisez cette prière de Jésus, du chapitre 17 de St Jean, en mettant à la place du pronom « eux », quand Jésus dit : « Je prie pour eux » ou « pour ceux qui ont accueilli ma Parole », vous le remplacez par votre prénom. Faite ce remplacement tout au long de ce chapitre 17, et vous verrez que Jésus a bien prié pour vous. Faites-en l’expérience. Ex : « je prie pour Stéphane, Stéphane qui a accueilli ma parole ».

Dans sa prière, avec insistance Jésus demande l’unité de tous ceux qui croient en lui. C’est un appel solennel à l’unité que Jésus, devant son Père, exprime, à trois reprises, en trois versets.

Relisons-les parce qu’ils sont tellement forts, nous devons les faire vraiment nôtres aussi, pas seulement au cours de la semaine de prière pour l’unité, au mois de janvier de chaque année, mais nous devons les faire nôtres toujours ! Cela reste un véritable scandale que les chrétiens du monde entier soient divisés. Quand Jésus dit : « Pour que le monde croit que tu m’as envoyé, que tu m’as aimé » et quand nous voyons qu’avec nos frères chrétiens nous ne sommes pas capables de faire l’unité, d’être UN comme Jésus le demande, alors il faut que nous prenions à notre charge cette intention.

Relisons ces versets.

Jésus dit : « Que tous soient un, comme toi, Père tu es en moi et que je suis en toi. Qu’ils soient en nous, eux aussi, afin que le monde croit que tu m’as envoyé. »

Plus loin, au v. 22, « Pour qu’ils soient UN, comme nous sommes UN ». Jésus fait toujours cette référence à son unité avec son Père.

Enfin, au verset 23 : « Moi en eux, comme toi en moi, pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite, et qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé. »

Je personnalise : « Moi en Stéphane, comme toi en moi, pour que Stéphane parvienne à l’unité parfaite, et qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu as aimés Stéphane, comme tu m’as aimé. »

Vers la fin de sa prière Jésus dit : « Je veux ». Devant son Père, il prend toute sa place de Fils et de sauveur, et que va-t-il exprimer là ? « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi. ».

« Que Stéphane que tu m’as donné, qu’il soit avec moi, et qu’il contemple la Gloire que tu m’as donnée, car tu m’as aimé dès avant la fondation du monde ».

Comme il est grand l’amour dont le Seigneur nous as tous aimé. Oui, entrons dans une relation interpersonnelle, concrète, vivante, avec lui.

Nous arrivons à la fin de cette grande prière, de ses paroles exprimées tout juste avant la Passion et la Mort du Christ. Jésus dit : « Père je leur ai fait connaître ton Nom ». Nous avons là un renvoi direct à cette prière que Jésus nous a apprise : le Notre Père. C’est la première demande : « Que ton Nom soit sanctifié ! ». Le Nom du Père, quand nous le connaissons, il nous conduit vraiment vers les réalités éternelles.

« Pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé ». Là nous sommes, frères et sœurs, en plein cœur de la réalité trinitaire : « L’amour dont tu m’as aimé ».

Le Père aime le Fils, il l’engendre de toute éternité, et comme le dit Jésus, « bien avant même la fondation du monde, de toute éternité ».

Cet amour, ce lien entre le Père et le Fils, c’est une relation infinie, qui est tel que cela en devient une Personne divine, la troisième Personne de la Trinité : Le Saint-Esprit d’amour.
Alors, devant tant d’amour, nous pouvons nous demander :

« Que nous faut-il donc faire ? »

Rien d’autre que de nous ouvrir à ce don infini. Nous faire tout accueil, en ôtant les obstacles. Rappelons-nous ce que dit le prophète Michée :

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de toi : Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher humblement avec ton Dieu. » (6,8).

Mais quels sont ces obstacles ? Le non-amour ou l’amour déplacé, l’amour égoïste, l’amour travesti sous toutes ses formes. Bref le péché.

Alors c’est le moment de reprendre ce que nous a dit St Jean dans l’Apocalypse, tout à l’heure : Avec l’Esprit et l’Épouse, nous disons :

« VIENS ! Viens m’aider à chasser le non-amour. Viens m’apprendre à construire l’unité, la vérité ? Viens aimer en moi, de cet amour qui est vous : Père, Fils et Saint Esprit. Viens Seigneur en mon cœur. Viens en ma vie. Viens nous t’attendons ».

« Père uni nous tous »

Amen