Frères et sœurs, la semaine dernière l’Évangile nous invitait à mettre Dieu à la première place, la place de choix ; Même avant nos relations familiales où même notre propre vie renoncer pour le suivre. Mais qui est ce Dieu qui demande tant de renonciation ?

Aujourd’hui, l’Évangile, en quelque sorte, nous en donne la réponse.

Jésus aujourd’hui ne veut pas de récrimination pharisienne. Il propose à ses interlocuteurs trois paraboles. Toutes les trois font état d’un objet d’abord perdu – une brebis, une drachme, un fils – de retrouvailles et de fête.

A travers ces paraboles Jésus nous dévoile le cœur de Dieu : « un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité, qui garde sa fidélité jusqu’à la millième génération, supporte faute, transgression et péché » (Ex 34, 6-7) je viens de cité en quelque sorte la « carte d’identité » du Dieu de l’Alliance transmise par Moïse.

Ce Dieu, qui nous appelle sans cesse, est un Dieu qui nous recherche. Un Dieu de la joie des retrouvailles, de la joie de son alliance indéfectible.

Ce Dieu auquel nous croyons est un mystère d’amour. Mystère au sens sacré du terme, pas au sens caché et suspicieux. Personne ne doit rester sur la touche. Cet amour fou est pour tous pour ceux qui veulent bien l’accueillir même en revenant dans la maison du Père pour une question d’estomac.

L’enjeu de ce chapitre 15 est de nous montrer la miséricorde, la délicatesse, voire la folie d’amour que Dieu a pour chacun de nous. Les trois paraboles que nous avons entendues en réalité n’en font qu’une celle de la présentation de notre Dieu. Un Dieu qui s’exprime de différentes manières mais qui est Amour.

  • Il est ce bon berger qui prend soin de ses brebis particulièrement de celles qui sont perdues. Mais ne croyez pas que celles qui restent dans le désert sont comme cela livrées à elle-même il les a sûrement confié cette veille à une aide afin qu’elle en assume la protection.
  • (Chien de berger = Église)
  • Belle image du fils qui vient pour racheter toutes les brebis perdues qui existent et qui confie à ses prêtres la charge du troupeau pour que tous se réjouissent de ces retrouvailles. Image de la miséricorde divine qui prend des risques pour retrouver celui ou celle qui est perdu.
  • Notre Dieu est comparable aussi à cette femme qui cherche sa pièce précieuse.
  • Dans la tradition juive, la pièce de cette femme est la pièce que lui donne son mari en signe de l’alliance qu’il a conclu avec elle. C’est le signe de l’amour conservé précieusement comme un trésor. Comment ne pas voir, ici, la figure du Saint Esprit qui fait alliance avec le Père et le Fils avec l’humanité tout entière. Il est le signe de l’amour. Cet amour qui doit se vivre particulièrement dans la maison Église. Combien nous aurions à faire du ménage parfois pour retrouver cet amour qui est toujours là à notre portée. Que notre paroisse devienne de plus en plus ce lieu où se célèbre, dans la joie, l’amour échangé, partagé, donné. Ceux sont les noces de l’agneau
  • Enfin notre Dieu est comparable à ce père qui attend jusqu’à s’user ses yeux, le retour du fils prodigue. Même s’il revient pour une question de nourriture. Peu importe, le Père se réjouit qu’il revienne et qu’il entre de nouveau dans la maison.
  • Faisons tuer le veau gras et que la fête commence.
  • Là encore la ressemblance est frappante. Dieu, notre Père veut célébrer nos retrouvailles autour du banquet même de l’Eucharistie où il se livre lui-même en partage. Il patiente et patiente, jusqu’à ce que nous revenions vers lui. Il espère contre toute espérance. Belle image encore de la miséricorde divine.

Souvent, nous les prêtres, nous sommes tentés de nous décourager d’attendre les fidèles qui sont invités à venir se confesser ou participer à la messe. A quoi bon rester à attendre ! A quoi bon.

Lors d’un pèlerinage à Rome, pour l’année sacerdotale, le cardinal Meïsner m’a éclairé. Je me souviens encore de ses paroles : « Vous, les prêtres, ministre de la miséricorde divine quand vous attendez dans le confessionnal pour donner le pardon, vous êtes le signe de la patience de Dieu. Vous manifestez que Dieu attend toujours le retour de ses enfants »

Oui frères et sœurs entrons dans le mystère de Dieu pour mieux le suivre. Entrons dans le secret de sa joie qui s’exprime par sa miséricorde infinie, la tendresse de son cœur.

Saint Paul nous montre le chemin et peut affirmer : « voici une parole sûre, qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (2nd lect.). C’est lui qui paye le prix fort pour nous ramener sur le cœur de Dieu. C’est en chacun de nous qu’il veut « manifester toute sa générosité » afin que libérés de nos fautes nous puissions nous approcher « pleins de reconnaissance » vers Dieu qui fait grâce. Nous sommes invités ensemble et personnellement à la rencontre avec le Dieu vivant.

Cette semaine je vous propose de faire le point. Les vacances viennent de se terminer. Il est peut-être temps d’accueillir la miséricorde de Dieu, de goûter à la joie des retrouvailles, la joie du pardon, pour bien commencer la rentrée.

Pourquoi ne pas vous confesser ? Les ministres que nous sommes seront ravis de vous accueillir et de vous proposer cette grâce divine. 3 possibilités vous sont offertes :
Soit sur rendez-vous, soit à nos heures de permanence les mercredi, jeudi et vendredi de 17h à 18h30.

Puissiez-vous ne pas récriminer comme les pharisiens de l’Évangile mais vous réjouir comme les publicains et les pécheurs qui venaient à Jésus.

Ces trois paraboles vous aideront à vous y préparer. A vous de choisir : Brebis, drachme ou fils.

Ce qui est perdu doit être retrouvé. Quelle joie pour Dieu et pour l’Église. Et que la fête commence.

Amen