Frères et sœurs voilà que l’Evangile de ce dimanche nous présente une page pas très reluisante des apôtres : « Discuter pour savoir qui était le plus grand« .
Voilà ce que faisaient les Apôtres alors que le Jésus venait, pour la deuxième fois, de leur signifier ce pour quoi il était venu, ce chemin d’offrande de sa vie, son abaissement pour sauver le monde entier.
Ne jugeons pas trop vite. Nous ne sommes pas à l’abri de cet écueil : la supériorité. Qui n’a jamais voulu se montrer le plus fort, le plus grand dans telle ou telle situation. Ayons un regard objectif et recevons tous, ici, la leçon de celui qui a voulu prendre la dernière place.
En bon pédagogue, Jésus place au milieu de ses Apôtres, un enfant.
Pour bien comprendre l’enseignement resituons-le dans le contexte de l’époque.
D’abord que fait Jésus il s’assit par terre, il prend un enfant donc il se met à son niveau alors que les disciples eux sont debout comme en position de supériorité. Jésus se fait l’égal de l’enfant. Il nous annonce physiquement le rang qu’il choisit.
St Paul dans la lettre aux Philippiens (2, 6-7) nous dit que Jésus a vécu ce « vide« , ce « dépouillement » : Lui, le Fils Éternel de Dieu, a un jour, au cours de l’ Histoire du Salut, « quitté » Son état Divin pour revêtir l’ état humain : avec Jésus, Dieu s’est dépouillé de tout, Dieu s’est « vidé » de tout, sauf de Son Amour; c’est cet Amour qui L’a conduit à quitter les cieux pour s’abaisser vers notre terre. Et ce, afin que nous, un jour, nous puissions de cette terre rejoindre les cieux où il nous attend.

Mais revenons à l’exemple choisit par Jésus : l’enfant.
Qu’est-ce qu’un enfant ? C’est un petit d’homme qui dépend de plus grand que lui.
C’est un petit d’homme qui n’a rien par lui-même, qui attend tout et espère tout de plus grand que lui ;
Un petit enfant n’a pas d’arrières pensés : il se montre à la fois docile et confiant.

Notre Père du Ciel n’a qu’un enfant : Son Fils Unique, né de la Vierge Marie.
Il reçoit tout de Lui à chaque instant, Jésus avec qui Il ne fait qu’Un : « Personne ne peut rien arracher de la Main du Père. Le Père et Moi nous sommes Un » (Jean 10, 29-30).

Quel est « cet enfant » que Jésus place au centre et donne en exemple à ses disciples ? Je ne crois pas qu’il vienne du peuple, mais des Cieux.
Jésus est cet enfant qui demande, à ceux qui se font tout-petits, de l’imiter et de le suivre.
Frères et sœurs, l’Evangile est toujours déconcertant : il est une Parole qui bouscule qui décape – comme le font d’ ailleurs les paroles de Saint Jacques (3, 16-4, 3) entendues il y a un instant : « Vous êtes pleins de convoitises… vous êtes envieux… vous faites la guerre (vous chicanez!)… votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts » :
Oui, reconnaissons-le, la Parole de Dieu décape, non pas pour nous enfoncer ou nous démoraliser, mais pour nous remettre dans le bon axe, la bonne direction, pour nous diriger à nouveau sur « le cap de l’Amour » !
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, la Parole de Dieu veut, en quelque sorte nous décontaminer, nous désintoxiquer de toute forme d’orgueil, de suffisance ou de supériorité : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous« .
Le Seigneur nous dit de passer par le chemin qui est le Sien : Il nous demande à tous, (même si nous ressentons le poids des ans, même si les cheveux grisonnent ou tombent de plus en plus, même si les rides plissent notre pauvre corps mortel) ,
Il nous demande de rester simples et d’exercer l’autorité dans l’église, dans la famille, dans la société toujours humblement et dans la dynamique du service pour les autres. C’est seulement ainsi que nous pourrons l’accueillir Lui-même (Jésus) chez les plus faibles.
Dans cet enfant que Jésus place au centre sont représentés tous les enfants du monde, et aussi tous les hommes dans le besoin, les malades, les désemparé les pauvres dans lesquels on ne peut rien admirer de brillant et de remarquable.

Frères et sœurs, nous pouvons dire qu’en ce jour, le Seigneur nous rappelle que, dans l’Église, nous avons qu’une vocation commune, que l’on soit Pape ou curé de St Jean-Baptiste de Belleville, que l’on soit marié ou célibataire, que l’on soit catéchiste ou catéchisé :
Notre vocation n’est pas de devenir une vedette, une personne illustre ou puissante; notre vocation première est de rester, en toute circonstance, l’enfant de Dieu que nous sommes !
Chrétien! Redeviens l’Enfant que tu es ! Reste un homme au cœur d’enfant !
Un enfant qui aime Son Père du Ciel et fait confiance à Sa Providence ! Un enfant qui se modèle sur Jésus, le Fils Unique du Père. Tel est l’esprit d’enfance qu’il nous faut rechercher : déborder d’une confiance absolue et totale envers le Seigneur : nous jeter en permanence dans ses bras ! Tout le Christianisme est là : dans la stature d’adulte nous devons retrouver le cœur de l’enfant que nous sommes aux yeux de Dieu.

Amen

Père Stéphane ESCLEF