La première lecture de ce dimanche nous raconte l’épisode du prophète Elie et de la veuve de Sarepta. Cette femme, qui en tant que veuve a déjà bien peu, n’hésite pas à sacrifier la seule nourriture qui lui reste, pour elle et son fils, envers le prophète  Elie, confiante dans la Parole du Seigneur.  Elle joue Banco. Elle donne tout. Elle compte sur Dieu pour lui donner vie.

L’Évangile met devant nos yeux une autre veuve,venue déposer dans le trésor du Temple deux piécettes, tout ce qu’elle possède.Elle aussi joue Banco. Elle aussi compte sur Dieu qui ne s’épuise jamais quand il donne vie.

Décidément est-ce le propre des veuves de la bible ?  En tout cas Seul Jésus remarque le geste discret de cette femme et déclare à son sujet : «Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris de leur superflu, mais, elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

Ces deux veuves nous enseignent aujourd’hui que le véritable Don  s’affranchit des limites du rationnel.  

Donner c’est s’abandonner totalement, faire confiance sans même penser que l’on recevra quelque chose en retour.

Donner, ce n’est pas marchander pour retirer de la satisfaction ou de la reconnaissance.

Voilà pourquoi le vrai don s’accompagne de la discrétion, j’irai même jusqu’à dire du silence. C’est ce qui en fera toute sa valeur.

On est bien loin, du tape à l’œil des pharisiens que Jésus nous signale.

Donner c’est en fin de compte entrer dans le mouvement de la gratuité de la charité divine telle que nous la voyons manifestée dans la vie du Christ jusque dans sa mort sur la croix.

En terme spirituel on parlera de sacrifice ; C’est tout l’enjeu de l’offrande.

N’oublions pas que Saint Marc nous fait entrer dans la dernière étape du chemin parcouru avec les disciples à la suite de Jésus. Ils viennent d’entrer à Jérusalem où Jésus  va accomplir son sacrifice, ce pour quoi il est venu parmi nous.

L’évangéliste regroupe ici un certain nombre des scènes vécues dans le Temple, lieu du sacrifice par excellence.

De même que les sacrifices des animaux n’étaient qu’une préfiguration du sacrifice parfait que Jésus vivra sur le Golgotha, de même les pratiques communément vécues dans le Temple de Jérusalem doivent évoquer et symboliser le véritable sacrifice qui plaît à Dieu, le sacrifice du cœur.

La radicalité du geste de ces deux veuves peut nous paraître excessive. Peut-être ? 

Mais en attendant, avouons-le sincèrement,  nous ne nous sentons pas capables d’en faire autant. Alors est-ce peine perdue ? Non.

L’Église nous donne cette parole afin de nousmettre en mouvement. Si nous ne pouvons pas encore tout donner, nous pouvonsquand même partager notre nécessaire avec nos frères et avec Dieu.

Le partage de notre nécessaire ne concerne d’ailleurs pas seulement ce qui touche au domaine matériel ou financier.

Par exemple, nous pouvons nous interroger : Savons-nous offrir à Dieu les moments de notre journée les plus féconds ? Normalement, Dieu ne devrait-il pas être le premier et le mieux servi ?

De la même façon, par rapport à nos frères et sœurs, savons-nous à tout instant du jour nous tenir dans une véritable disponibilité de cœur pour répondre à celui ou celle qui viendra solliciter notre écoute ou notre attention ?

Les textes de ce dimanche sont, sans doute, l’occasion de réveiller en nous la conscience que le partage est une dimension essentielle de notre vie chrétienne.

En effet, il atteste de la crédibilité de ce que nous confessons et parce qu’il est le lieu où l’amour reçu par Jésus Christ est annoncé et partager en parole et en acte.

Il se répand en nous et autour de nous. Ce dernier point est très important.

Notre générosité ne sera une vraie générosité que si elle émane de la générosité même de notre Seigneur. Générosité de Jésus qui s’est offert une fois pour toutes en sacrifice de rédemption pour tous les hommes, comme nous le rappelle la deuxième lecture.

Générosité de Jésus dont personne n’est exclue.

Générosité de Jésus qui, comme grand prêtre, continue dans sa condition glorieuse d’intercéder pour chacun de nous.

Générosité de Jésus qui viendra à la fin des temps comme sauveur qui a détruit le péché et a instauré la vie nouvelle.

Alors en ce dimanche posons-nous la question :

Notre appartenance au Christ  est-elle vraiment ce qui guide tout notre être, toutes notre manière de penser, de sentir, de décider et d’agir ou bien n’est-elle qu’une appartenance variable qui entre en concurrence avec tant d’autres possibilités ?

Cette question vous devrez vous la poser alors que nous vous proposons un pas de plus dans l’accueil des réfugié grâce à la proposition de JRS Welcome.

Accueillir chez vous pour six semaines un réfugié le découvrir comme un frère qui a besoin d’aide.

Demandons au Seigneur, au cours de cette messe, de nous aider à entrer dans son mouvement d’offrande de remise de soi dans les mains du Père afin que Dieu se serve de nous pour aider les frères et sœurs que nous sommes.

Amen

Père Stéphane ESCLEF