Il y a eu 50 ans jeudi dernier que mon oncle est décédé. Je ne l’ai pas connu, mais je porte son prénom en deuxième prénom. Jusqu’à récemment je portais beaucoup plus que ce simple prénom.

Je portais l’incompréhension de ses proches devant une mort si jeune, la tristesse, la révolte et pour certains le rejet de Dieu. Je portais aussi le poids d’une vie interrompue trop vite, et les désirs, et attentes des uns et des autres la concernant.

En me donnant ce prénom, c’est un peu comme si l’on m’avait confié la tâche de poursuivre sa vie, de vivre un peu pour lui aussi.

Comme souvent dans ce genre de situation, j’ai fait de mon mieux pour faire ce qu’on attendait de moi ; je me suis effacé pour laisser la place à cet oncle. Ne le connaissant pas, je me suis mis à attendre des instructions pour conduire ma vie dans le sens qui convenait. Je me suis coulé dans ce rôle, mettant de côté mes désirs et mes envies propres. Je n’en ai pas été malheureux, il est souvent plus facile de se laisser conduire.

Ma rencontre avec le Christ ne pouvait que rompre ce fragile équilibre !
Parce que la vie qu’Il nous donne n’est pas une vie à moitié, mais une vie en plénitude. Petit à petit j’ai pris conscience de cet état, et j’ai commencé à regagner le terrain abandonné.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, j’ai découvert que mon oncle n’était pas un adversaire dans ce combat. Je me souviens de l’instant où Dieu m’a fait comprendre qu’il était saint auprès de Lui, je ressens encore cette joie immense de le savoir en paix. Avec le Christ je l’ai enfin vu sous son véritable jour, un allié précieux qui intercède pour moi, me guide et m’encourage. J’ai réalisé combien sa prière avait été importante pour ma conversion.

Aujourd’hui nous prions tous les deux pour la conversion du reste de ma famille, Il me tarde de pouvoir enfin le connaître face à face.

Saint Patrick et tous les saints de nos familles, priez pour nous !

Vincent