Du 4 au 25 octobre 2015 se tient à Rome la seconde phase du Synode sur la famille. Avec pour thème : « La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain ». 360 participants, dont 267 évêques du monde entier, et des experts, des délégués fraternels et des auditeurs (dont 17 couples mariés) vont donc travailler ensemble pendant 3 semaines sur la famille. Chacune et chacun d’entre vous aura à cœur bien sûr de s’informer des avancées de ce Synode.

Mon propos ici sera simplement de réfléchir ensemble à partir d’une expression qui se trouve dans l’ « Instrumentum laboris », le document de travail de ce Synode. Une très belle et très ancienne expression que les Pères de l’Église utilisaient déjà dès les premiers siècles du christianisme. Saint Irénée de Lyon, Saint Clément d’Alexandrie, Saint Grégoire de Nysse en ont parlé. Cette expression est aussi utilisée dans la constitution Dei Verbum du Concile Vatican II à propos de la Bible, et particulièrement de l’Ancien Testament.

Il s’agit de « la pédagogie divine ». Et pour l’Église aujourd’hui, par rapport à la famille spécialement, qu’est-ce que cela veut dire ? Si le Synode a repris cette ancienne expression pour l’appliquer à son regard sur la famille, c’est précisément parce qu’il veut aider ainsi à porter un nouveau regard pastoral sur certaines situations familiales difficiles. La pédagogie divine, pour l’Église, c’est de l’accompagnement.

Remis dans la perspective de la pédagogie divine, les défis de situations comme ceux, par exemple, des divorcés-remariés, des concubins, des homosexuels amènent l’Église à prendre acte que les personnes ne sont pas tout de suite dans une situation parfaite, de prendre donc les choses dans leur devenir. La famille est en chemin vers sa réalisation et sa plénitude, d’où la nécessité de son accompagnement. Nécessité aussi de donner corps à cette pédagogie divine qui conduit vers le salut, dans une attitude de miséricorde.

Je laisserai le mot de la fin à notre archevêque, le cardinal André Vingt-Trois, président-délégué du Synode, qui demande à « mieux mettre en œuvre les chemins de miséricorde par lesquels le Seigneur invite tous ceux qui le souhaitent et qui le peuvent à entrer dans une démarche de conversion en vue du pardon ».

Edmond SIRVENTE