« Écoute dans la nuit, La France qui gémit. (…)
O France ! … O ma belle patrie
Il faut t’élever jusqu’aux cieux
Si tu veux retrouver la vie, et que ton nom soit glorieux… »

Ces quelques vers de Thérèse de Lisieux, écrits en 1895, prennent en ces jours une force étonnante. La France a été blessée. Nombre de ses enfants ont été meurtris. Chacun de nous, à des titres différents, avons été touchés. Et nous ne pouvons rester insensibles à cette souffrance.
Mais nous le savons bien, au fond de nous-mêmes, ce n’est pas en empruntant le chemin de la vengeance et de la haine que nous trouverons le repos de l’âme.
Et, dans ces temps difficiles, nous ne sommes pas seuls. Nous ne sommes pas abandonnés.
C’est en regardant vers l’Amour en effet que nous découvrirons en nous la force de surmonter l’épreuve qui nous frappe.
Et pour nous chrétiens celui qui est l’Amour, c’est le Christ lui-même.
C’est donc en nous tournant vers Lui, Lui qui a partagé la souffrance de celle qui a perdu son fils, Lui qui a pleuré devant le tombeau de Lazare et Lui qui a versé des larmes de sang au jardin des oliviers, face à la mort, que nous entendrons les mots de l’espérance… C’est en nous tournant vers Lui, le chemin, la vérité et la vie, que nous pourrons entrevoir dans le noir de la nuit, la lumière du matin de la résurrection.
Et cela n’est pas une illusion faite de mots destinés à nous consoler. C’est la Vérité. Car, nous le savons, lui seul est capable de changer nos cœurs et ce sont d’abord nos cœurs qu’il faut armer.
C’est Lui surtout qui nous protégera de nous-mêmes. Il nous débarrassera de la haine qui risque de nous entrainer plus bas encore vers le désespoir. Il nous libèrera de la peur qui risque de nous entraver dans les rets infernaux de la violence. Il nous donnera enfin la force de dire encore : « que ta volonté soit faite », et, avec sa grâce, peut-être, de parvenir à aimer nos ennemis.

Albéric