« Où donc est Dieu ? » crie le psalmiste… Devant le malheur innocent, devant la barbarie de certains hommes, devant la souffrance indicible de tant de victimes et de leurs proches, devant cette peur qui peut parfois nous habiter, devant la mort qui a frappé notre ville et qui nous laisse encore des larmes dans nos yeux et de la peine dans nos cœurs, oui cette interrogation du psalmiste peut aussi être la nôtre…
Alors, si nous ne voyons plus Dieu, écoutons-le ! Sa Parole, elle, est là. Toujours là pour nous, pour tous. Et, ces jours-ci, c’est chez Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, que j’ai trouvé les mots de la vraie consolation et de la confiance retrouvée.
« La nuit est avancée. Le jour est tout proche. Laissons-là les armes des ténèbres et revêtons les armes de lumière. » (Romains 13, 12)
Et nos armes de lumière face aux armes de la terreur et de la mort seront notre prière, notre refus de la haine et du repli, notre tenace amour de la vie, de vie pleine et confiante.
Prier pour toutes les victimes et leurs proches, comme nous y a invité à le faire, si opportunément, notre curé, le Père Stéphane, lundi soir 23 novembre, lors d’une très belle et très émouvante messe en notre église. La prière est toujours notre recours et notre secours lorsque les événements nous dépassent et nous affligent. Se mettre en présence de Dieu et le supplier de répandre sa Paix dans nos cœurs déchirés.
Pour refuser la haine de l’autre, coûte que coûte, et poursuivre notre travail, notre mission d’aller à la rencontre de nos frères humains, tous nos frères humains, et leur dire qu’il est encore et qu’il sera toujours possible de vivre ensemble, dans le dialogue et le partage.
Pour continuer à aimer la vie. La vie simple et familière dans nos quartiers et notre ville. Partout. Partout où nous célébrons la vie, de la manière la plus prosaïque à la manière la plus exceptionnelle.
Les attentats ont eu lieu le 13 novembre, exactement le 1er jour du mois de Kislev du calendrier hébraïque, le mois de Hanoukka, la fête des Lumières.
Chaque jour, nous aussi, nous allumerons une bougie pour que la vie continue, dans le combat contre les forces du mal. Une ancienne maxime hassidique des Juifs d’Europe Centrale affirme qu' »un peu de lumière peut chasser beaucoup d’obscurité. » Soyons porteurs de ce peu de lumière !

Edmond SIRVENTE