Charlie, cette semaine, nous a montré une image de Dieu… ou plutôt une caricature. Rien de drôle. Seulement triste.
Alors oublions le dessin de celui qui, n’osant plus s’attaquer au prophète de ceux qui ont répondu par une violence abjecte, s’attaque à ceux dont il sait ne rien avoir à craindre.
Mais cela me permet de me souvenir d’un très grand saint, pas assez connu, mort le 16 avril 1783 à l’âge de 35 ans, dans le plus absolu dénuement sur les marches d’une église de Rome, Benoît Labre. Éternel pèlerin sur les routes d’Europe, il est le saint patron des « S.D.F. ».
« Appelez-moi, mon Dieu, afin que je vous voie ». Répétait-il en effet dans sa prière quotidienne, les derniers mois de sa vie…
Ce désir de « voir » Dieu est fondamental. En effet nous sommes privés de la vue de Dieu par la rupture initiale.
Souvenons-nous de la Genèse : « Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui demanda : « Où es-tu ? »
L’homme répondit : « Je t’ai entendu dans le jardin j’ai eu peur car je suis nu et je me suis caché. » (Genèse 3, 8)
L’homme a rompu ce lien visuel avec Dieu. Désormais il sera privé de sa vue, ce que Dieu confirmera à Moïse : « Tu ne pourras pas me contempler de face, car aucun être humain ne peut me voir de face et rester en vie. » (Exode 33, 19-20)
Et il faudra attendre le Christ pour « revoir » Dieu. Tout au début de sa vie publique, la rencontre se situe dans le domaine du regard.
Dans la synagogue de Nazareth après avoir fait la lecture du texte d’Isaïe, « Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. » (Luc 4, 20)
Et cela nous invite à garder nous aussi les yeux fixés sur Lui. C’est bien le Christ qui est notre éternelle image de Dieu.
C’est peut être seulement cela que Riss, le dessinateur de Charlie, avait oublié !

Albéric