Heureuse surprise que celle de la nouvelle traduction liturgique qui nous donne à lire ces versets du Magnificat ! Le mot « miséricorde » remplace le mot « amour ». C’est la même réalité, me direz-vous, mais en cette année du Jubilée de la Miséricorde divine, cette modification me semble tout à fait appropriée. En effet, de nos jours, le mot « amour » est tellement galvaudé, cherchant à dire tout et n’importe quoi. Le mot « miséricorde » introduit un sens plus resserré et précis : le cœur miséricordieux du Père se penchant vers la misère de l’homme.

     La Vierge Marie, bénéficiaire de toute éternité de cette miséricorde, en est aussi  la dispensatrice en tant que Mère du Sauveur et Mère de l’Église. Il me plaît de reprendre ce court passage du Sermon de saint Bernard pour l’Épiphanie : « Voici que la paix n’est plus promise mais envoyée, non plus remise à plus tard mais donnée, non plus prophétisée  mais proposée. C’est comme un couffin plein de sa miséricorde que Dieu le Père a envoyé sur la terre ; oui, dis-je, un couffin que la Passion devra déchirer pour laisser se répandre ce qu’il contient : notre paix ; un couffin, peut-être petit, mais rempli. Un petit enfant nous a été donné, mais en lui habite toute la plénitude de la divinité. »

     Quant à « ceux qui le craignent », qu’est-ce à dire ? Il ne s’agit évidemment pas de la peur, de la « trouille », face à un Dieu omnipotent, trônant dans les cieux, loin, bien loin de l’homme. Mais nous savons que Dieu est avant tout riche en miséricorde et que la seule peur que nous puissions ressentir est celle de lui faire de la peine, comme un petit enfant vis-à-vis de son Papa.

     Alors, en cette année jubilaire, pourquoi ne pas dire à notre tour, avec Marie :

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! »

BRIGITTE