Je viens de passer plusieurs jours à l’hôpital avec un de mes petits fils qui a été opéré d’une péritonite sévère. Cela m’a permis de constater avec quelle qualité le corps était traité.

On pense d’abord aux soignants, médecins, qu’ils soient chirurgiens ou pédiatres, et infirmières qui, tous mettent leurs dons au service des autres. Mais ce qui m’a peut-être le plus frappé, c’est la qualité humaine des aides infirmières qui, dans la plus grande humilité, font notamment la toilette des malades.

Elles nous révèlent par leur délicatesse, leur compétence, leur respect, leur amour en un mot, l’importance du corps dans l’être humain.

Souvent nous ne voyons les êtres humains qu’à travers l’esprit qui, plus souvent qu’on ne le croit, peut être facteur de division, et le corps ne trouve son importance première que dans le sport ou dans de tristes dévoiements. Or nous sommes d’abord et avant tout des corps. Et ce dès l’origine.

C’est sur le corps fait de glaise que Dieu a soufflé pour former l’homme, son enfant. C’est par le corps que nous participons nous mêmes à la création. C’est dans un corps humain qu’il s’est incarné.  Et il s’est incarné dans le corps de Marie. Ce sont presque toujours les corps qu’a guéri le Christ permettant ainsi à l’homme guéri dans son corps d’aller plus loin.

Et c’est dans son corps que se joue la relation essentielle entre Dieu et l’homme à travers l’Eucharistie. « Ceci est mon corps » nous dit le Christ. Rien d’étonnant à ce que Jésus lui-même ait donné au corps cette importance dans sa relation à l’humanité. Le christianisme est vraiment une religion du corps. Et je dirai même que notre foi est basée sur le corps.

Et il n’est pas mauvais de s’en souvenir, en cette fête de Pentecôte, quand l’Esprit de Dieu vient habiter nos corps de sa « vive flamme d’amour » comme le disait Saint Jean de la Croix, un des plus grands saints et un des plus grands poètes du XVIème siècle.

ALBÉRIC