“Allez-vous en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous en sur les places y chercher mes amis.
Tous mes enfants de lumière qui vivent dans la nuit,
tous les enfants de mon Père séparés de lui.
Allez-vous en sur les places et soyez mes témoins chaque jour.”

Ce chant qui, jadis, a bercé la jeunesse de beaucoup d’entre nous, ce chant magnifique de John Littleton , chanteur à la voix d’or, fils de pasteur et petit-fils d’esclave noir en Louisiane, pionnier du Gospel authentique en France, ce chant que nous n’entendions plus dans nos églises, voilà que le message du pape François sur les périphéries le rend à nouveau d’une grande actualité ! Il nous est, en effet, demandé de sortir de nos églises pour porter témoignage de notre foi et de notre espérance… Et c’est ce qu’un groupe de paroissiens-témoins, avec leurs prêtres, ont, une fois encore, mis en pratique en participant à la mission-parvis sur la Toussaint le samedi après-midi 29 octobre dernier.

Je voudrais ici vous faire partager trois des belles rencontres que j’ai eu la chance de vivre à cette occasion. Un peu à la manière de fioretti franciscains.
D’abord, un couple d’origine arménienne qui, après m’avoir écouté leur parler de la Toussaint, de notre proposition de prière pour les morts de leur famille, m’ont très vite fait part de leur douleur devant les persécutions subies par les chrétiens d’Orient et l’insuffisance, selon eux, de réaction des Églises d’Occident pour leur venir en aide. Chrétiens de l’Église apostolique arménienne, ils me rappelaient, avec fierté, que l’Arménie avait été le premier état à adopter le christianisme comme religion officielle en 301.
Ensuite, un jeune homme, au regard clair et pénétrant, m’écouta silencieusement et, sur le petit papier blanc que je lui tendais, écrivit immédiatement un prénom masculin. Un frère, un compagnon ? En l’accompagnant à l’intérieur de l’église pour y déposer son papier plié dans une grande corbeille à l’autel, je l’assurais de la prière de notre communauté pour la personne qu’il avait inscrite. Il me remercia en me disant simplement :”Merci, vous me faites beaucoup de bien.”
Enfin, une vieille dame, comme un peu gênée de s’être arrêtée, à cause sans doute de mon opiniâtreté à lui proposer le message de cette mission-parvis, commença par me dire :”Mais, vous savez, moi, je suis juive…” Elle ne pouvait pas mieux tomber avec moi ! S’ensuivit alors une discussion entre nous à bâtons rompus et fort sympathique sur le Cardinal Lustiger, le peuple juif et l’Église, sur Jésus juif, sur l’antisémitisme croissant, sur la Shoah, etc… ‘Des catholiques comme vous, il en faudrait plus !” me dit-elle en me quittant. “Et des juifs comme vous, aussi !” lui ai-je répliqué dans un sourire.
“Allez-vous en sur les places et sur les parvis !” Nous ne manquerons pas d’y aller, nombreuses et nombreux…

EDMOND