Savez-vous d’où vient le mot « Avent » ? Permettez-moi, aujourd’hui, de faire un peu d’Histoire et d’Archéologie. Il vient du latin « Adventus » qui signifie avènement. Il est lié à une cérémonie destinée à commémorer l’arrivée d’un Empereur dans Rome au début de son règne ou lors de son retour d’une longue absence, notamment une campagne militaire. Il fallait alors, pour l’accueillir, veiller à l’entretien des routes, en refaire le pavage et s’assurer que tout était en place pour cet événement. Monnaies et mosaïques en sont des témoignages très significatifs.

     Réparer les routes, cela ne nous rappelle-t-il pas quelque chose ?

« Voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Tant le prophète Isaïe que Jean-Baptiste, qui sont les deux grandes voix de la liturgie de l’Avent, ne cessent de nous le rappeler. Cette préparation, cette attente vont-elles être, pour nous, statiques ou dynamiques ?

     Dans mon enfance en Périgord, avec mes cinq frères et sœurs, nous préparions soigneusement la crèche et nous avions chacun notre petit mouton. Tous les soirs, lors de la prière en famille, nous étions impatients de les mettre en marche. Ils avançaient ou faisaient du sur-place, voire même reculaient, suivant nos comportements dans la journée avec nos chamailleries, nos moments de paresse, nos mensonges, mais aussi l’obéissance spontanée pour mettre le couvert ou débarrasser la table. Au final, bien entendu, tous les moutons étaient au rendez-vous de Noël. En tout cas, cette coutume me paraît, aujourd’hui, très pédagogique. Nous apprenions ainsi la différence entre le Bien et le Mal, nous prenions conscience de notre péché, et cela stimulait nos efforts pour nous préparer à la naissance du Sauveur. Il s’agissait donc de conversion.

     La messe de dimanche dernier s’est ouverte avec le chant : « Préparez le chemin du Seigneur…Vois les collines qui s’abaissent, vois les ravins qui s’aplanissent ». Collines de notre orgueil, de notre suffisance, ravins de nos égoïsmes, de nos indifférences et de nos rancœurs.

     Et nous, quel est notre projet pour faire mémoire de la première venue de Jésus parmi nous et attendre son retour dans la gloire ? « Celui que ni le ciel ni la terre ne peuvent contenir » a fait un trajet prodigieux pour venir jusqu’à nous, et nous, allons-nous faire quelques pas pour aller à sa rencontre avec un cœur aussi pur que le sien ?

BRIGITTE