Les résultats d’une grande enquête, très fouillée, sur les catholiques français, réalisée en juin 2016 ont été publiés conjointement le jeudi 12 janvier 2017 par le quotidien LA CROIX et l’hebdomadaire PELERIN. Le sociologue Yann Raison du Cleuziou qui a dirigé cette enquête rappelle d’abord que 53% de la population française se considèrent catholiques. 23% de ces catholiques sont « engagés », c’est-à-dire qu’ils se sentent rattachés à la vie de l’Eglise par leur vie familiale, leurs engagements, leurs dons. Parmi eux, 17% sont des pratiquants réguliers. Un dernier chiffre pour prendre la mesure de l’état de déchristianisation de la France : 1,8% de la population globale sont des catholiques pratiquants hebdomadaires…

L’enquête détermine 6 grandes familles parmi les catholiques. Pour chacune d’elles, je donnerai simplement leur vision de Jésus comme point de repère. En effet, à elle seule, cette vision définira bien la famille concernée.

  Les « festifs culturels », 45% des catholiques engagés ont une vision floue de Jésus (vision culturelle du catholicisme)

  Les « saisonniers fraternels », 26%, voient en Jésus l’amour en actes (participation à la messe lors des grandes fêtes religieuses)

  Les « conciliaires », 14%, pour eux, Jésus, c’est l’amour de Dieu (très attachés au Concile Vatican II)

  Les « observants », 7%, pour eux, Jésus, c’est le rachat des péchés (forte pratique et défiance vis-à-vis du pape François)

  Les « émancipés », 4%, considèrent Jésus comme un libérateur (très investis contre les inégalités sociales)

  Les « inspirés », 4%, pour eux, Jésus, c’est une connaissance intime (influencés par la mouvance protestante évangélique)

A ces 6 familles répertoriées, j’en rajouterai une 7e pour retrouver le jeu des 7 familles de notre enfance !

  Les « métis inclassables », cette famille représente, je crois, 100% des catholiques engagés. Personne, concrètement, n’appartient à une seule famille. L’Eglise est diverse, et chaque catholique est précisément riche, en lui-même, de cette diversité. Et c’est heureux !

L’Eglise n’est pas une secte. Ma foi n’est pas un moule dans lequel on peut m’enfermer. Au sein de cette vaste famille des catholiques, le véritable défi c’est de s’écouter les uns les autres, de se respecter dans nos différences et de partager ensemble le plus possible et le mieux possible. Parce qu’enfin, l’essentiel reste toujours le mystère que chacune et chacun d’entre nous entretient avec Dieu, avec Sa Parole, avec la communauté, avec les autres, tous les autres.

Edmond SIRVENTE