En cette période hivernale, l’Évangile de ce jour nous propose les Béatitudes. Que c’est étrange de proclamer bienheureux les pauvres de cœur, ceux qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif de la justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, ceux qui sont persécutés pour la justice, ceux que l’on insulte, ceux qui sont persécutés, ceux qui sont maltraités à cause du Christ ! N’est-ce pas contraire à ce que prônent les médias chaque jour, cet esprit du monde qui rejette toutes nos valeurs. Oui, mais si nous sommes dans le monde, nous n’appartenons pas au monde. Il nous faut prendre de la distance et réagir.

Notons que la première Béatitude est au présent : « Heureux les pauvres de cœur car le royaume des Cieux est à eux ». C’est dire qu’elle nous concerne directement aujourd’hui. A l’époque de Jésus, elle s’adressait aux anawim : la veuve indigente qui glisse dans le tronc du temple ses deux piécettes, celle qui tambourine chaque jour à la porte du juge pour réclamer justice, le pauvre Lazare sur lequel le riche ne jette pas même un œil alors qu’il se meurt, mais aussi les aveugles, boiteux, lépreux et autres exclus qui parsèment ses rencontres et ses paraboles… Tout au long des Évangiles, le Christ marque une préférence incontestable pour les pauvres. Il s’agit vraiment des pauvres de cœur qui attendent tout de Dieu.

N’est pas ce à quoi nous invite inlassablement le pape François ? Il s’agit maintenant de tous ceux qui sont méprisés, rejetés, victimes de l’indifférence : les SDF, les migrants, les chômeurs, les malades, les handicapés, les personnes âgées, ceux qui souffrent de solitude, etc. Bref, ceux qui ne rentrent pas dans le moule de la compétitivité, de la norme, du consumérisme. Face au pessimisme ambiant et à la frilosité, il nous faut aller de l’avant pour annoncer la Bonne Nouvelle des Béatitudes.

Alors n’hésitons pas à consommer cette vitamine C – aucune contre-indication, bien au contraire – et à la proposer à ceux qui nous entourent, pour qu’ensemble nous passions un bon hiver.

Brigitte