Fraternité (suite)…

Qu’elle était belle cette célébration du dimanche où vous m’avez accueilli comme votre curé ! Temps convivial et familial où les personnes extérieures ont été touchées par le recueillement et la joie d’une communauté paroissiale qui célébrait l’accueil d’un frère dans le sacerdoce, au service de leur communauté.

Qu’elle est exigeante cette période où nous allons entrer dans un couvre-feu qui bouscule nos habitudes ! Nous avons décidé en équipe de poursuivre au maximum les activités proposées aux
paroissiens et ce, en modifiant l’horaire de la messe du soir.

Continuer ces activités, c’est croire que nous pouvons ensemble construire la fraternité quelle que soit les exigences sanitaires imposées. La vie est là, il nous faut la saisir à pleines mains pour la choisir ensemble, fraternellement.

Qu’elle est étonnante et exigeante cette encyclique de notre cher pape François « Tous frères » ! Nous sommes appelés à l’ouverture aux autres et au don désintéressé de soi-même (87), à une vie spirituelle authentique ! la liberté et l’égalité ne peuvent s’obtenir sans une éducation à la fraternité ouverte au dialogue, à la réciprocité, à l’enrichissement mutuel (103).

Il nous faut entrer dans une logique humaine qui nous fait découvrir que nous sommes tous frères et sœurs en Christ. Voilà un bon programme pour l’année qui vient.

Père Christian †

Tous Frères

Encyclique-monde, encyclique-fleuve, encyclique-testament… Un grand texte de la doctrine sociale de l’Église ! 8 chapitres, 287 numéros (paragraphes), 216 pages. Les têtes de chapitres disent déjà à eux seuls l’ampleur du texte : « Les ombres d’un monde fermé », « Un étranger sur le chemin », « Penser et gérer un monde ouvert », « Un cœur ouvert au monde », « La meilleure politique », « Dialogue et amitié sociale », « Des parcours pour se retrouver », « Les religions au service de la fraternité dans le monde ».

En lisant l’encyclique, j’avais 3 questions en tête :

  • Que dit vraiment le pape ?
  • Que me dit le pape ?
  • A quoi m’appelle-t-il personnellement, et dans ma paroisse, en cette année de la fraternité ?

Pour passer de « l’entre soi » à « l’autre-soi »…

Par exemple, dans le chapitre 4 « Un cœur ouvert au monde« , le pape aborde la question de l’accueil des migrants… Il revient sur les quatre piliers de son message vis à vis de ces personnes migrantes, à savoir accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Là, le pape nous dit véritablement quelque chose qui nous touche ici à Saint Jean-Baptiste de Belleville… Notre paroisse est en effet bien engagée maintenant dans l’accueil de migrants au sein de familles de paroissiens de notre église, en partenariat étroit avec la structure jésuite « JRS Welcome »… L’encyclique « Tous frères » est donc pour nous un encouragement à continuer et approfondir cet accueil des migrants, en paroisse !

Dans le chapitre 8 « Les religions au service de la fraternité dans le monde« , le pape traite du nécessaire dialogue interreligieux : « En tant que croyants, nous nous trouvons face au défi de retourner à nos sources pour nous concentrer sur l’essentiel : l’adoration de Dieu et l’amour du prochain ». Et il inscrit ses pas dans ceux de Martin Luther King, Gandhi, Desmond Tutu et Charles de Foucauld… Chacun de nous est ainsi ramené à la racine de sa foi, à la source de sa joie en Dieu…

Nous aurons bien sûr l’occasion de revenir souvent sur cette encyclique dans notre paroisse. A chacun d’entre nous de nous en imprégner d’abord par une lecture et une méditation personnelles dans l’esprit de Saint François d’Assise. Saint François qui le premier, par sa vie et celle de ses frères, a cherché à créer un modèle de société, protégée de la domination de l’argent. Déjà… ! Un mode de vie au goût de l’Évangile.

Pour finir, je vous laisse méditer un petit conte juif hassidique du 19e siècle, à la saveur toute franciscaine !
« Un vieux rabbin demandait une fois à ses élèves à quoi l’on peut reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence. Est-ce lorsqu’on peut sans peine distinguer de loin un chien d’un mouton ? Non, dit le rabbin. Est-ce quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ? Non, dit encore le rabbin. Mais alors, quand est-ce donc ? Le rabbin leur répondit : C’est lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme, tu reconnais ton frère ou ta sœur.  Jusque-là, il fait encore nuit dans ton cœur… »

Edmond Sirvente