Un Saint pour Aujourd’hui

Bien sûr, le 4 octobre, c’est la fête de saint François d’Assise, ce saint qu’aime particulièrement notre pape François, et qui est si important dans la vie de l’Église… Nous pourrions nous y arrêter. Mais je voudrais aujourd’hui mettre la lumière sur un autre ami de Dieu qui peut être un phare dans les temps difficiles que nous traversons : le bienheureux Marcel Callo.
Voilà trente-trois ans, le 4 octobre 1987, qu’il a été béatifié par le pape Jean Paul II lors du synode des laïcs à Rome. Et le 8 octobre de l’année suivante celui-ci l’a donné comme modèle à la jeunesse européenne.
Marcel Callo était né le 6 décembre 1921 à Rennes. Cadet d’une famille de neuf enfants, ouvrier typographe, il fut d’abord membre du Mouvement Eucharistique des Jeunes, puis des Scouts de France et enfin de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.
Partout il s’est donné pour que chacun, où qu’il soit, puisse rencontrer Jésus-Christ dans son travail, son entourage amical et dans sa famille.
En 1943, au lendemain des terribles bombardements de Rennes, il est réquisitionné pour partir en Allemagne au titre du S.T.O. C’est là qu’il mourra d’épuisement le 19 mars 1945, à quelques mètres du four crématoire, après avoir lutté chaque jour au mépris du danger pour transmettre à chacun l’espérance et la lumière du Christ.
Le motif de sa condamnation est clair : « Par son action catholique auprès de ses camarades du S.T.O. a été un danger pour l’État et le peuple allemands ».
Aujourd’hui, la situation sanitaire et économique place de nombreuses familles, et particulièrement chez les plus jeunes, dans de très grandes difficultés matérielles et morales. Chacun d’entre nous connaît dans son entourage plus ou moins proche, des familles où l’inquiétude grandit parce que le chômage guette chaque jour un peu plus. Et dans certains cas même, on ne sait pas si on pourra encore vivre normalement demain.
On nous a dit que nous étions en guerre. Et nous le sommes. Comme le fut Marcel Callo.
Nous pouvons donc nous tourner vers lui, lui partager nos inquiétudes, remettre entre ses mains notre espoir, qui parfois flageole, certains qu’il entendra nos prières et qu’il les portera au cœur de Dieu.

Albéric

La parole du prêtre

La petite Thérèse

Le 1er octobre nous avons fêté la petite Thérèse, la plus grande sainte des temps modernes selon le pape Pie X. Pourtant Thérèse a le sentiment parfois de ne pas être fidèle à Dieu. Elle se sent impuissante à méditer sur Dieu, s’occupant d’autres choses. Elle a aussi son caractère, ses tendances. Certes Dieu la transforme peu à peu, mais elle reste fragile, elle reste « petite ». Peut être que les conséquences résiduelles et secondaires de ses nombreuses blessures d’enfance rejaillissent de temps en temps. Elle avait une forte angoisse d’abandon (grave anorexie du nourrisson, mort trop tôt de sa mère, départ « violent » pour elle de ses grandes sœurs au Carmel…).

Ces angoisses que nous portons sont souvent des échos de nos blessures profondes. Le Seigneur nous apaise et nous guérit peu à peu, mais souvent, il y a ce petit reste résiduel qui nous rappelle à notre histoire, à ce que nous avons vécu.

Alors par moment, nous nous sentons fragiles. Parfois, on peut dire de quelqu’un qu’il est égal, équilibré, toujours souriant. C’est une belle qualité humaine et peut-être un signe de maturité, mais qui peut le dire vraiment pour lui-même ? Qui ne connaît pas d’ombres dans sa vie ? Les saints ne sont pas des robots parfaits. La sainteté se trouve davantage dans la gestion de nos fragilités que dans la permanence de nos forces.

Lisons Thérèse et sa manière de gérer ses temps faibles : « Je ne veux pas amasser de mérites pour le Ciel (…). Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides (…) Toutes nos justices ont des taches à vos yeux ». Ou bien encore : « Je me dis que, pour moi, il sera bien embarrassé. Je n’ai pas d’œuvres ! Il ne pourra donc pas me rendre selon mes œuvres. Et bien ! il me rendra selon ses œuvres à lui ». Voyez la confiance en Dieu de Thérèse. C’est son secret. « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’amour ».

Voici la réaction de Thérèse quand elle fait un péché : « après tous ses méfaits, au lieu d’aller se cacher dans un coin pour pleurer sa misère et mourir de repentir, le petit oiseau se tourne vers son Bien Aimé Soleil, il présente à ses rayons bienfaisants ses petites ailes mouillées… ». Souvent, nous racontons nos péchés pour obtenir le pardon et pour nous présenter « bien ». Elle, au contraire, est contente de se présenter mal pour attirer Dieu qui n’est pas venu pour les justes mais pour les pécheurs. Elle dit : je suis pécheresse, descendez donc !

P. Baptiste Loevenbruck