La journée du 15 février s’annonçait fort belle : nous allions accueillir notre petite-fille, Margot, 7 ans et des poussières, pour une semaine. Margot est belge, elle habite Bruxelles, et ses parents nous ont fait part de leur souhait, il y a quelques mois, de la faire baptiser, nous demandant clairement notre aide, car ils se sont éloignés de la foi. Cette mission inespérée nous remplit de joie ! Seulement voilà, il ne suffit pas d’un coup de baguette sainte pour se faire baptiser à l’âge de raison. C’est l’enfant qui doit en exprimer le désir et en faire lui-même la demande. Bien avant que ses parents nous expriment leur vœu pieux, nous avions déjà commencé à nourrir la sensibilité de Margot, lors d’autres séjours, en l’emmenant à la messe, en lui parlant de Jésus et de Marie, en lui expliquant la crèche ou en lui lisant des contes de Noël…

Cette semaine, nous entrons en Carême. La Providence fait bien les choses. Nous nous rendons donc tous les trois à la paroisse, mercredi soir, pour la messe des Cendres. Première étape en entrant dans l’église : le signe de Croix. Nous prenons le temps de guider Margot, qu’elle connaisse le bon sens des mains et du signe. Assise entre nous, elle s’empare du livret de chants et se met à entonner les chants à tue-tête, emplie d’une assurance que nous ne lui connaissions pas ! Elle reçoit, entre joie et sérieux, la bénédiction du prêtre. A la fin, répétition du signe de Croix, petite hésitation, à droite ? à gauche ? C’est en bonne voie.

L’après-midi, visite au Grand Palais pour voir les esquisses des futurs vitraux de Notre-Dame de Paris. Une nouvelle occasion d’ajouter une couche d’histoire sainte et de lui parler de la cathédrale. Là encore, elle est captivée quand « nous lui racontons Jésus ».

Vendredi, veille de son départ, nous passons l’après-midi au jardin du Luxembourg, puis nous décidons de rejoindre Châtelet à pied. Et… nous passons devant Notre-Dame! Un premier clin d’œil de l’Esprit Saint, qui nous rappelle que nous sommes en mission. Soit, allons-y, improvisons une visite. Nous entrons dans la cathédrale et avançons jusqu’à la corde qui sépare les visiteurs qui déambulent des visiteurs priants. Nous nous arrêtons pour montrer à Margot l’autel, nous apprêtant à suivre le flot des touristes. Et là, une femme s’approche de nous avec un grand sourire, tout en détachant la corde : « Vous venez pour les Vêpres ? » demande-t-elle. Pourquoi son regard s’est-il posé justement sur nous parmi la foule d’anonymes ? Sans hésitation, nous répondons : « Oui ! » et nous allons nous asseoir, dans les premiers rangs. Margot chante, scande les Amen, écoute, regarde, s’agenouille. Après l’office, nous nous arrêtons devant la couronne d’épines et allumons une bougie à la demande de Margot. Allez, hop, petite initiation à la prière devant la Vierge ! Dans le métro, au retour, Margot nous bombarde de questions.

Notre petite-fille est à l’évidence sur la route, sur ce chemin de grâce qui fera d’elle une enfant « prêtre, prophète et roi ». L’Esprit Saint nous a conduits tout au long de cette semaine où nous avons accueilli, émerveillés, l’imprévu de Dieu. Avant de s’endormir, vendredi soir, Margot a exécuté avec fierté un parfait signe ce Croix. Deo gratias !

Marion et Yves