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LA PLUIE

J’avais un ami hindouiste qui avait l’habitude de dire quand il pleuvait : “ Il pleut, les dieux sont contents ”. C’est une petite phrase qui m’est restée dans la tête. Depuis, à chaque fois qu’il pleut, je vois venir toutes ces gouttes avec bienveillance. Pourquoi grimacer lorsque l’eau du ciel vous atteint ?

Il y avait cette vidéo d’une toute petite fille, presque un bébé. Elle sortait dehors, les pas mal assurés, et rencontrait… la pluie. Pour la première fois de sa vie. Elle avait un sourire incroyable. Et elle ne pouvait pas s’arrêter de rire, le rire le plus émerveillé et surpris qu’on puisse imaginer. Elle tendait la main, se laissait caresser par les gouttes… Elle en dansait de joie.

Le monde naturel bouge. Il bouge sans cesse. Mais de manière très, très lente. La croissance des plantes, le passage des nuages, la caresse du vent, le mouvement des étoiles, tout cela reste solennel, souterrain, presque invisible. L’eau, elle, incarne la vie visible, en abondance, le mouvement, la fluidité, l’écoulement, la circulation vivante de Dieu dans le monde. Digestion infinie de la mer, grelottis d’un torrent, jet d’eau fraîche sortie du robinet… Et la pluie. L’immense voûte mystérieuse au-dessus de nous, voilà qu’elle s’ouvre, et qu’elle lâche des myriades de perles. Toutes parallèles, toutes uniques, toutes différentes.

Image de la verticalité, la pluie peut également devenir image de l’horizontalité. C’est une marque d’égalité absolue : il pleut sur le bon comme sur le méchant. C’est l’image des grâces de Dieu qui sont égales pour tous, et bonnes pour tous. C’est un rappel de la générosité et de la fécondité divines : “ comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, / Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins.” (Isaïe 55, 10-11).

En ces temps d’automne pluvieux, il faudrait pouvoir accueillir la pluie comme une bénédiction. Matérielle tout d’abord : sans elle pas de vie. Mais aussi spirituelle : un renouvellement des promesses de notre baptême. L’eau qui coule rappelle celle, sacramentelle, par lequel le Christ a été baptisé. Quand on est pris sous la pluie, quand on est arrosé de centaines de petites gouttes, plutôt que de rouspéter, il faudrait pouvoir penser que le Ciel s’ouvre, la colombe de l’Esprit Saint descende sur nous, et qu’une voix dise : “ Voici mon fils bien-aimé! ” (Matthieu 11, 17).

Et quand il pleut, nous pouvons prendre un moment, et nous écrier dans la joie, à la suite de Saint-François dans son Cantique des Créatures :

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour sœur Eau
qui est très utile et très humble
précieuse et chaste.”

Ludovic K.

« Le pays que je te ferai voir »

Chaque mois, catéchumènes et néophytes (les baptisés de Pâques) se retrouvent, avec leurs accompagnateurs-trices, autour d’un passage de l’Ancien ou du Nouveau Testament. Dernièrement, il s’agissait d’Abraham, quittant sa famille et sa maison pour obéir à une mystérieuse injonction, assortie d’une inimaginable promesse de fécondité. Et sa situation ressemble beaucoup à celle de ces adultes qui demandent le baptême. Comme Abraham, ils ne connaissent pas encore vraiment le Dieu qui les appelle vers ce pays qu’Il leur fera voir. Comme Abraham, ils n’ont encore aucune idée précise de leur destination. « Abraham partit sans savoir où il allait », dit la lettre aux Hébreux. Un des néophytes nous confiait dernièrement s’être mis en chemin poussé par un vague « pourquoi pas ? », et que, peu à peu, ce Désir avait pris un Visage, celui du Christ.

Lors de notre partage, une question s’est posée : « Quel est donc ce pays que Dieu va donner à Abraham ? » Face à cette interrogation, nous sommes à égalité, catéchumènes et « vieux » baptisés. Or, ce soir-là, une réponse a fusé de la bouche d’une « débutante » : « la Vie éternelle ! » Belle intuition ! Car c’est la foi qui a mis Abraham en route. Et le jour de leur entrée en catéchuménat – événement dont notre communauté est témoin plusieurs fois dans l’année – on interroge celles et ceux qui se présentent à notre porte : « Que demandez-vous à l’Église de Dieu ? » « La foi. » «Que vous apporte la foi ? » « La Vie éternelle. »

Par ailleurs, dans le texte biblique, le pays que Dieu promet à Abraham n’a pas de frontières établies : « Regarde au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest. Tout cela, je te le donne. » Or, notre père dans la foi ne possèdera jamais aucun territoire, au point qu’il devra acheter un domaine pour donner une sépulture à sa femme Sara. La Terre promise par Dieu à ceux qui se mettent en route sur son instigation – autrement dit tous les croyants, quel que soit leur parcours – ne serait-ce pas ce lieu intime où chacun d’entre nous se tient en vérité, la « terre » de notre relation avec Lui ?

Lors de ces rencontres, nous avançons ainsi ensemble, demandeurs de baptême ou baptisés de longue date. Il n’y a ni apprentis ni confirmés dans la foi, rien que des « écoutants » de la Parole adressée à tous et à chacun : « Pars ! Quitte tes habitudes et tes sécurités ! Et va vers le pays que je te ferai voir. » C’est bien nous, communauté de Saint Jean-Baptiste de Belleville, qui allons, appelés comme Abraham par ce Dieu qui nous dit : « Marche avec moi dans la confiance. Un espace immense s’ouvrira à toi. Et ta vie sera fécondité. »

Marie-Hélène D.

Genèse 12n 1-5
Hébreux 11,

Un gros pot d’Amour

A l’orée de ces grandes vacances je m’apprête à quitter mon travail – dans la joie car c’est un choix et que je rejoins un beau projet solidaire à la rentrée. Quitter un travail n’est jamais anodin. Quitter un poste de direction d’une association que l’on a montée, une équipe constituée, des adhérents mobilisés et mille défis surmontés est quelque peu abyssal. Mais quand l’heure des aurevoirs arrive, il faut savoir les vivre entre transmissions, pot de départ et dernier séminaire.

Dans ce contexte, un mot est ressorti très souvent : AMOUR. « C’était plein d’amour », « Qu’est-ce qu’on s’est aimés » … Une anthropologue qui suit l’association a par ailleurs fait le constat que dans notre réseau, « il y a de l’amour qui circule ». Très bien me direz-vous ! Très bien sauf que dans le milieu professionnel, « l’amour » n’est pas un concept très valorisé. Trop mièvre, pas assez technique, trop… catho ? Et tout le monde se trouvait comme encombré de cet Amour, mi-heureux, mi-gêné. 

Ce dont je peux vous témoigner, c’est que dans ce milieu ultra sécularisé, à 90% athé, l’Esprit Saint soufflait si fort qu’il a décoiffé plus d’une certitude. Avec ma grille de lecture de croyante, la présence du Christ parmi nous était d’une évidence folle, folle comme mon envie d’hurler « Mais enfin, c’est Jésus tout ça ! » 

Je crois avoir pris le micro et dit que « Oser revendiquer l’Amour au travail c’est proposer une vraie contre-culture dont notre société a plus que jamais besoin ».

Oui, la société se déchristianise, oui des mutations inquiétantes et identitaires se donnent à voir y compris dans nos propres rangs. MAIS : de nouveaux catéchumènes nous rejoignent jour après jour et nos parvis comme notre société sont pleins de « révolutionnaires de l’Amour » qui font vraiment, à leur échelle, l’œuvre de Dieu. Le Seigneur les reconnaîtra. Et nous ? Bon été, dans la Paix du Christ,

Aline

LE PELERIN : Le vin, tremplin du divin

Un bel article dans Le Pèlerin dans sa chronique La Foi en Action :

Une histoire avec le Seigneur

A l’approche des vacances d’été, je vous propose une histoire, lue dans une coupure de journal que j’ai retrouvée tout à l’heure, en quête d’inspiration pour mon texte dans la rubrique ‘‘Regard de l’Autre’’. Cette histoire pleine d’humour, intitulée ‘‘Dieu, le coiffeur et la souffrance’’, recèle plus de sagesse et de profondeur qu’il n’y paraît…

Dans un salon de coiffure, un homme est en train de se faire couper les cheveux et tailler la barbe, et pendant que le coiffeur s’occupe de lui, la conversation va bon train. Ils en viennent à parler de Dieu. Le coiffeur dit : « Moi, je ne crois pas que Dieu existe. » « Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? » lui demande alors le client. « Eh bien ! » dit le coiffeur, « il suffit de sortir dans la rue pour constater que Dieu n’existe pas ! Si Dieu existait, il n’y aurait pas tant de gens malades et handicapés, tant de malheureux abandonnés, sans abri ou en prison, il n’y aurait pas tant de douleurs et de souffrance partout. Je ne peux pas imaginer un Dieu d’Amour qui laisserait faire tout ça. »

Le client, ne sachant quoi répondre et préférant ne pas trop contrarier le coiffeur, qui tourne autour de lui, toujours équipé de son rasoir, garde un silence prudent. Peu après, en quittant le salon de coiffure, il rencontre à quelques mètres de là, un vagabond hirsute, assis sur le trottoir, cheveux et barbe sales et vêtu d’habits rapiécés, à qui il donne une pièce. Puis il retourne voir le coiffeur et lui dit tout de go : « Les coiffeurs n’existent pas»

L’autre, surpris, lui répond : « Comment pouvez-vous dire ça ? Je suis là en tant que coiffeur, dans mon salon, et je viens de vous couper les cheveux, et de rafraîchir votre barbe… » Mais le client insiste : « Non, les coiffeurs n’existent pas. S’ils existaient, il n’y aurait pas tant de gens avec des cheveux hirsutes et des barbes sales, comme ceux de cet homme-là, à deux pas de votre salon ! » Indigné, le coiffeur s’écrie alors : « Mais les coiffeurs existent ! S’il est dans cet état, c’est qu’il ne vient pas me voir ! » « Exactement ! » dit le client « C’est comme pour Dieu ! Quand les gens ne vont pas le voir, ne croient ni à Ses soins, ni à Son secours, alors il y a des douleurs et de la souffrance partout ! »

‘‘Aller voir Dieu’’, c’est prier ! Et prier, nous le pouvons partout : que ce soit à Saint Jean-Baptiste de Belleville ou dans une autre église, que nous aurons peut-être la chance de visiter pendant ces vacances, ou encore dans le secret de notre solitude ou dans les rues de Paris quand nous y serons… Prier… aller voir le Seigneur… nous le pouvons toujours. C’est notre devoir de vacances, notre devoir de chrétiens. Et cet été, prions surtout pour ceux qui ne partiront pas et devront supporter la chaleur de la ville, pour tous ceux qui souffrent, partout dans le monde, surtout dans les pays accablés par la guerre, la misère et les persécutions.

Marie

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