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 Babel ou Jérusalem ?

La tonalité est donnée dès le § 99 avec ces mots : »Les prétendues intelligences artificielles ne vivent pas d’expérience, ne possèdent pas de corps, ne connaissent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité« . Dans sa lettre encyclique sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, Léon XIV annonce la couleur d’emblée en rappelant cette réalité presque élémentaire mais aussi bien nécessaire ! Magnifica Humanitas est, de fait, bien plus qu’une encyclique. C’est un écrit prophétique ! D’une richesse extraordinaire avec une portée universelle, impossible à résumer dans une feuille d’informations paroissiale ! Un grand texte qui nous avertit et nous alerte. Il faut prendre le temps de le lire, le relire, l’approfondir, le méditer, le ruminer, un peu à la manière d’une lectio divina… L’Esprit-Saint, en choisissant le Cardinal Robert Prevost comme pape, ne s’est pas trompé. Il nous a donné celui qu’il nous fallait aujourd’hui. Et ce n’est pas fini ! Ce pape va continuer de nous étonner. C’est tout de même, rappelons-le, un fils spirituel de Saint Augustin, l’immense Père de l’Eglise latine !

200 pages, 245 paragraphes, faciles d’accès, sans jargon ecclésial, et d’une profondeur inouïe, cette encyclique va donc bien au-delà du monde catholique. Elle est une très remarquable contribution religieuse, éthique et philosophique de ce début de troisième millénaire. Je ne vais pas faire ici le tour de cet écrit. Je ne peux, hélas, que me limiter simplement à vous partager ce qui me semble être le cœur de cette encyclique, à savoir le choix entre la Tour de Babel et la Jérusalem de Néhémie, comme un paradigme de l’époque que nous vivons. Avec profit et grand intérêt, vous lirez les cinq chapitres de cette encyclique qui traitent de la doctrine sociale de l’Eglise, de la grandeur de l’homme face aux promesses de l’IA (intelligence artificielle), de la préservation de sa vérité, de sa dignité et de sa liberté, et enfin de la civilisation de l’amour à l’ère numérique. La conclusion, avec le Magnificat, comme chant de l’espérance, est superbe !

Oui, ou bien nous érigeons une nouvelle Tour de Babel avec orgueil, en excluant Dieu et en déshumanisant l’homme, avec une IA qui passe de l’outil à l’arme, le pape parlant d’ailleurs, à juste titre, de désarmer l’IA; ou bien nous reconstruisons les murailles de Jérusalem, comme le gouverneur de Judée Néhémie en 444 avant Jésus-Christ,  pour en faire une nouvelle Jérusalem de solidarité, de respect de l’homme et d’espérance.

Autrement dit, ou bien nous continuons dans l’ornière qui va vers la fin de l’humain, où l’homme deviendrait obsolète, comme l’écrit Bruno Patino, journaliste et essayiste, (que Léon XIV ne cite pas), ou bien nous choisissons le chemin difficile mais salutaire d’une sortie de crise écologique, numérique et politique et nous vivrons en hommes libres et fraternels dans une « civilisation de l’amour » invoquée par Paul VI . Dans le § 232, Léon XIV écrit : »Ce qui sauve l’homme, c’est l’amour divin qui descend jusqu’au point le plus fragile de son histoire et la régénère au plus profond« . Magnifica Humanitas est un cri d’amour du pape pour la dignité inaltérable de l’homme créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu »…

Permettez-moi pour conclure cette trop brève chronique de faire référence au § 121 de l’encyclique, où le pape cite Viktor Frankl, neuropsychiatre juif autrichien (1905-1997) : « L’homme est l’être qui a inventé les chambres à gaz d’Auschwitz ; mais il est aussi celui qui y est entré debout, le Notre Père ou le Shema Israël aux lèvres« . Ces mots empreints d’une tragique vérité retentissent si fortement en moi… La plus grande prière chrétienne que Jésus nous a donnée, associée à la prière juive par excellence que chaque juif récite le matin et le soir : « Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est UN…« , nous rappelle explicitement que le christianisme est né dans le judaïsme et que le Christ était un juif galiléen pratiquant, qui n’est pas venu abolir mais accomplir la Loi de Moïse consignée dans la Torah et reçue de Dieu sur le Mont Sinaï…

Edmond Sirvente

Notre nouveau vicaire

présentation de notre nouveau vicaire Gabriel TEBREAN , ordonné le samedi 27 juin 2026

L’indicible

Nous passons la soirée avec des amis que nous n’avions pas vus depuis une trentaine d’années, parlons un peu de nos vies, beaucoup de nos paroisses et de nos modestes missions. Plusieurs fois, nous nous disons qu’il est temps de nous quitter et de rentrer chez nous, il est tard.

Et puis, au dernier moment, une petite brèche dans les confidences, que personne n’a sollicitée ni vu venir. Ce couple nous raconte, nous n’osions pas en parler, la perte de leur enfant en 2013. Il a été fauché par un tramway à l’âge de 18 ans. Les parents, les frères et sœurs incapables de dire, de faire quoi que ce soit, comme absents d’un coup, les amis trop bavards. Et puis, des amis d’amis, qu’ils connaissent à peine, qui viennent déposer un plat le soir, parce qu’on n’a pas l’esprit à cuisiner et pourtant il faut bien avaler quelque chose et donner à manger aux deux enfants vivants, bien vivants, le petit frère, la petite sœur. Ce cadeau presque anonyme, c’est le pain quotidien, la manne fraternelle. Et un jour, de retour au travail, parce qu’il faut bien se remettre pleinement dans la vie, des collègues qu’on retrouve et qui pleurent d’un coup dans vos bras et qui disent qu’ils n’ont pas su comment faire, qu’ils ne savent pas comment dire. Et c’est bon à entendre, car avec ce « je ne sais pas comment faire », on ne peut mieux dire l’indicible du deuil. Et ils ont des gestes muets qui valent toutes les paroles. Et c’est bientôt elle, lui, qui vont voir les collègues pour leur dire que ce silence leur est éloquent. Il n’y a pas de mot pour désigner un parent qui a perdu son enfant, mais il y a des gestes qui parlent tellement sans dire un mot.

Et à Noël, on retrouve la famille qui semble se comporter comme si rien ne s’était passé, qui veut le retour à « l’avant », avec rires et joies inchangés, on n’en parle toujours pas, et c’est si dur, comme un mur entre eux et eux. Puis une belle-sœur qui dit, au détour d’un couloir, qu’il faut qu’on s’appelle, qu’on se voie. Qui appelle quelques jours plus tard et puis, quand on se voit, qui tombe en pleurs dans vos bras et vous dit que pas un jour ne s’est passé depuis la mort du neveu où elle n’a pensé à lui, à eux, mais qu’elle était tellement incapable de tendre la main, de prendre son téléphone, d’écrire un mot. Et c’est la vie qui revient entre tous.

Avant de partir, nous leur demandons ce qui les a aidés à tenir : la liturgie ! La suivre pas à pas, au long des jours, s’y abandonner comme dans les bras du Christ qui nous porte sur son chemin de croix. Et le Seigneur leur envoie un signe comme Il en a le secret : le premier anniversaire de la mort de leur fils tombe le jour de Pâques .

Marion et Yves

Témoignage, lors du pèlerinage

à Sainte Anne d’Auray du 14 au 17 mai 2026

Toute ma vie, la religion catholique était présente, de par mon baptême, la confirmation et la communion mais avec une pratique plutôt occasionnelle.

Cependant depuis la Covid, tout s’est accéléré car à ce moment précis, j’ai pris conscience que ma vie n’était qu’en 2D, trop terre à terre.

Un samedi soir, je me suis enfin décidé à prendre la direction de Saint Jean Baptiste de Belleville, en sortant de la messe, je me suis senti revigoré.  En renouvelant l’expérience, j’ai repris plus assidûment le chemin de l’Eglise.

A la fin d’une messe, Père Théophile nous annonce qu’il reste encore des places pour un pèlerinage en Terre Sainte. Ni une ni deux, je me suis dit : c’est le moment car j’en rêvais depuis longtemps. Ce pèlerinage eut lieu au printemps 2023 et cela m’a marqué profondément.

Ensuite un second pèlerinage, cette fois encadré par le  Père Christian, à Assise. Là aussi je fus saisi par la ferveur. D’ailleurs au passage, j’avais une douleur chronique au genou et en rentrant des Carceri, cette douleur a disparu. Si cela n’est pas une grâce de Saint François ! Je fus complètement bouleversé par cette guérison spontanée.

Dès lors, je me suis attelé à une pratique plus fervente de ma foi, avec chapelet quotidien, et quand je le peux, j’assiste aux messes de la semaine, cela me comble de joie.

L’an dernier, on m’a diagnostiqué un cancer de la prostate, l’annonce de cette maladie m’a assommé. Mais très vite, je me suis ressaisi en remettant ma confiance aux soins des médecins et à la volonté de Dieu. Début février 2026, j’ai reçu le sacrement des malades, je ne cessais de pleurer à flot et j’avais le ressenti de recevoir une grâce sanctifiante telle une douche purifiante. Je sais que Dieu m’aime mais j’avoue que parfois je ne lui ouvre pas suffisamment mon cœur.

Depuis la Covid, je vis ma vie en 3D et pour cela, je rends grâce à Dieu. En cette neuvaine de l’Ascension, je réalise à quel point le Seigneur est entré dans ma vie et je souhaite qu’il la remplisse totalement. Au travers de la maladie que je côtoie depuis bientôt quarante ans, j’ai l’expérience de la souffrance du corps et de l’âme. Pour autant je sais que je veux vivre pleinement car la mort ne sera qu’un marchepied vers le Royaume du Seigneur. De fait, je ne peux dissocier le corps de mon âme car c’est un tout que Dieu m’a donné pour la vie. Ainsi je cultive le mystère de la foi, dans la joie, la charité et l’espérance en Notre Seigneur.

Pascal, un paroissien

Rentrée paroissiale Octobre 2024

Au parc Fontainebleau et chez les Carmes d’Avon sur les pas de Frère Jacques

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