La messe est l’un de ces mystères qui risquent de devenir familiers à force d’être fréquentés. Pourtant, si l’on s’arrête un instant, elle devrait sans cesse nous émerveiller.
Chaque dimanche, des hommes et des femmes quittent leur maison, leurs préoccupations, leurs joies et leurs blessures pour se rassembler. Extérieurement, rien de spectaculaire : des lectures, des prières, du pain et du vin. Mais la foi chrétienne affirme qu’au cœur de cette simplicité se rend présent le Christ lui-même.
L’émerveillement du dimanche
Le dimanche n’est pas seulement un rendez-vous hebdomadaire. C’est le jour de la Résurrection.
Chaque messe dominicale est comme une fenêtre ouverte sur l’éternité. Le Christ ressuscité rassemble son peuple, lui parle dans les Écritures et se donne dans l’Eucharistie.
On pourrait s’émerveiller de plusieurs choses :
- Dieu nous attend chaque semaine.
- La Parole proclamée aujourd’hui est la même qui a nourri les saints depuis vingt siècles.
- Derrière l’apparence du pain et du vin, le Christ se donne totalement.
- Dans une même assemblée se côtoient des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées autrement.
Le dimanche devient alors bien davantage qu’une obligation : il est une invitation à entrer dans la fête de Dieu.
L’émerveillement discret de la messe en semaine
La messe de semaine possède une beauté différente.
Il n’y a souvent qu’une poignée de fidèles. Pas de grande assemblée, parfois pas même de chant. Le prêtre célèbre dans une église presque silencieuse.
Et pourtant…
Le même mystère s’accomplit.
Le même Christ ressuscité est présent.
Les mêmes paroles qui ont changé le monde sont prononcées :
« Ceci est mon corps livré pour vous. »
On pourrait comparer la messe dominicale à une grande rivière et la messe en semaine à une source cachée dans une forêt.
La grâce est la même.
Beaucoup de chrétiens témoignent que les messes de semaine leur apprennent une proximité particulière avec Dieu. Le silence y est plus profond. L’écoute y est plus attentive. L’émerveillement peut y naître plus facilement encore parce que rien n’attire le regard en dehors de l’essentiel.
Le scandale merveilleux de l’Eucharistie
Le plus extraordinaire demeure cependant l’Eucharistie elle-même.
Nous nous habituons facilement à voir l’hostie.
Pourtant, si nous croyons ce que proclame l’Église, alors chaque messe contient un vertige.
Le Créateur de l’univers se rend présent sous l’apparence d’un morceau de pain.
Celui qui a créé les galaxies choisit une forme humble, fragile, silencieuse.
Il ne s’impose pas.
Il se laisse recevoir.
Il attend.
Il se livre.
L’émerveillement chrétien naît souvent de ce contraste : la grandeur infinie de Dieu et son infinie humilité.
Redécouvrir la messe comme un premier émerveillement
Peut-être faudrait-il entrer dans l’église comme un enfant qui découvre quelque chose pour la première fois.
Se dire :
- Dans quelques instants, Dieu va me parler.
- Dans quelques instants, l’Église entière va prier avec moi.
- Dans quelques instants, le sacrifice du Christ va être rendu présent.
- Dans quelques instants, je vais recevoir Celui que le ciel lui-même ne peut contenir.
La routine est l’ennemie de l’émerveillement.
La gratitude en est la porte.