Avec Marie-Line, ma très chère épouse, nous avions hébergé deux jeunes luthériens finlandais, parmi des dizaines de milliers, venus pour une Rencontre européenne de Taizé à Paris, alors que les Fils de la Charité, en charge de notre paroisse (1937-2003), y étaient encore présents. Si j’évoque aujourd’hui ce beau et lointain souvenir, c’est parce que Léon XIV m’y a fait penser !
De fait, le pape a reçu récemment une délégation œcuménique finlandaise, à l’occasion de la Saint Henri, patron de la Finlande. Dans son discours, il a décrit la Finlande comme « un pays modèle pour l’oecuménisme« . Il a salué, en particulier, une déclaration trilatérale orthodoxe, luthérienne, catholique, et une déclaration des évêques d’Helsinki, cherchant à promouvoir une « culture de l’espérance, de la dignité et de la compassion » à propos notamment du développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie. Dialogue et coopération de tous les chrétiens finlandais « à travers des paroles constructives et des actes charitables« . L’exemple finlandais doit nous inspirer et nous inciter, chez nous, à un dialogue et un travail communs sur le terrain entre tous les chrétiens, toute l’année, et pas seulement pendant la Semaine pour l’unité !
Frère Roger, fondateur de Taizé, écrivait en 2001, dans son magnifique petit livre « Dieu ne peut qu’aimer« , quelques années avant sa mort tragique, ces mots d’une rare authenticité : « Après sa Résurrection, la présence du Christ se fait concrète à travers une communion d’amour qu’est l’Eglise. Les chrétiens auront-ils le cœur assez large, l’imagination assez ouverte, l’amour assez brûlant pour découvrir cette voie d’Evangile : sans retard, vivre en réconciliés ? » Paroles prophétiques d’un homme charismatique et courageux (il a caché des juifs pendant la seconde guerre mondiale) que j’ai rencontré à plusieurs reprises à Taizé, dans ma jeunesse et qui m’a marqué à vie. Taizé, un laboratoire vivant de l’oecuménisme !
Comment ne pas prier, avec cœur, le psaume 132 : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis !« . Psaume repris dans un célèbre cantique juif « Hine ma tov » chanté lors de la célébration hebdomadaire et infrangible du shabbat.
Et comment ne pas saluer, pour finir, l’audace de Léon XIV, pape sensible et réservé qui nous a réservé une belle surprise lors de son voyage en Turquie et au Liban en annonçant la convocation d’un grand rassemblement de tous les représentants des Eglises chrétiennes à Jérusalem, en 2033, pour célébrer les 2000 ans de la mort et la résurrection du Christ !
A Jérusalem, là même où les premiers chrétiens juifs, comme les apôtres, furent à l’origine des prémices, avec d’autres, de ce qui allait devenir l’Eglise Une, d’avant les déchirures et les séparations… Notre unité du baptême doit nous conduire demain à une pleine communion. Assis ensemble à la même table du Christ.
Le pape Léon XIV, pasteur universel du Peuple de Dieu !
Edmond Sirvente