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L’Amour de Dieu comme voie d’autonomie

Grande librairie universitaire au centre de Paris. Le rayon psychologie jouxte celui de théologie. A côté de moi, deux étudiants, beaux et à l’air intelligent recherchent un ouvrage précis. Soudain, j’entends :  « Tu as vu, Winnicott est à côté des Evangiles ! ». Eclats de rires entendus des deux protagonistes. Peut-être cette proximité leur a semblé incongrue voire antinomique.

Elle m’a semblé au contraire un heureux voisinage. Donald Winnicott (1896-1971) est un psychanalyste britannique connu, entre autres, pour ses travaux sur le développement du nourrisson. Nombre de concepts qu’il a développé restent des références intellectuelles et cliniques dans le monde du soin et de la Petite Enfance. Si je devais en retenir un, ce serait celui de « continuité d’être ». En vulgarisant et en m’excusant d’aventure auprès des lecteurs spécialistes, il s’agit de la capacité qu’acquière le tout-petit, par l’attention et les soins que lui prodigue sa mère, d’intérioriser un sentiment de sécurité affective lui donnant, peu à peu, la capacité à être seul et non plus dans un lien de dépendance totale. Ce que j’entends chez Winnicott, c’est qu’il faut avoir été suffisamment aimé pour pouvoir se jeter avec sécurité dans la folie du monde. Et j’y vois un pendant spirituel fort avec ce que le Christ nous invite à être et à vivre. S’il a osé nous dire « Ne craignez pas », c’est qu’il nous a d’abord assuré – et les prophètes avant lui – que nous sommes chacun aimé depuis toujours par le Très-Haut.  

Cet Amour m’est donné depuis qu’Il  m’a « tissé dans le ventre de ma mère » comme le dit le psalmiste. Mais ce lien, aussi fort qu’intangible, que fais-je chaque jour pour l’honorer et le rendre palpable à mes yeux ?

Comment participer à l’élan d’intériorisation de cet Amour divin qui me permettra d’être au monde sans crainte ? Dans la prière et dans les actes posés, oui, mais surtout dans un abandon tel celui du nourrisson auprès de sa « mère suffisamment bonne ». L’intériorisation de l’Amour du Christ permet mon sentiment de « continuité d’être »…même si j’ai encore besoin de ma médaille de baptême comme « objet transitionnel ».

Aline

La prière, comme une respiration

A l’approche des vacances scolaires, nous ressentons tous le besoin d’une pause. Même si nous ne travaillons ni à l’école, ni pour elle, c’est bien l’école qui rythme la vie des actifs, des enfants et même des retraités ! Nous en arrivons tous à oublier nos propres besoins : de repos, d’oxygène, et… de l’Essentiel ! Comme une respiration, sur fond d’essoufflement permanent, cette pause est pourtant nécessaire dans nos emplois du temps, qu’ils soient trop chargés ou trop flous.

C’est toujours nous qui devons veiller à garder du temps pour le Seigneur et pour la prière. Et pour que l’espérance, dont nous avons tant besoin, la petite lampe allumée, là-bas tout au fond de l’église, garde la première place en nous et au fond de nous. C’est toujours à nous de faire une place au Seigneur dans nos vies.

Beaucoup d’entre nous ont ‘‘tout donné’’ pendant la Semaine Sainte et l’octave de Pâques, toute leur énergie et toutes leurs pensées, pendant ces belles journées où il y avait tant à faire. D’autres comme moi sont retraités, donc ‘‘tout le temps en vacances’’, comme on dit ! Mais tous ressentent nettement la différence entre l’année scolaire, si dense et intensive, et le temps des vacances, où le calme et le silence reprennent un peu leurs droits, nous permettant de ‘‘souffler un peu’’, de prier et …de prendre du temps pour l’Essentiel.

Même ici dans la grande ville, lieu de nos tourbillons et de nos étendues de grisaille, lieu de tant d’agitation, de flashes et de lumières, mais aussi de détresse, de misères inconnues et d’isolement, nous pouvons retrouver l’Essentiel, prier pour nos frères et soeurs les plus démunis, qui supportent la misère, matérielle et spirituelle, au milieu de cet environnement trépidant. Malgré tout le poids de nos journées, nous pouvons trouver ou retrouver la paix, la sérénité, la joie, et surtout la foi. Que nos vies soient trépidantes ou qu’elles ressemblent à de mornes étendues, grises de tristesse et d’ennui, nous le pouvons, nous le devons au Seigneur, et c’est vital pour nous !

Puisque c’est là que nous vivons, c’est là aussi que nous devons prier. La vie en ville sera toujours ce que nous en ferons, à commencer par le plus simple : prier ! Comme une respiration, la prière peut vivre partout. Elle est partout vitale, dans tous les « temps morts » de la vie urbaine : les salles d’attente, les files d’attente, les transports en commun, les magasins, l’arrêt du bus : autant d’occasions de nous tourner vers Dieu, de lui confier tous les soucis que nous portons.

La ville devient souvent le lieu du combat spirituel de notre temps, comme l’était le désert pour les premiers chrétiens. Au lieu de nous crisper contre ce qui nous gêne, nous pouvons porter et offrir toutes ces contraintes dans notre prière. Les églises de la ville nous accueillent toujours, quand nous voulons prier un moment, avant de repartir dans nos combats quotidiens. Pour moi, St Jean-Baptiste de Belleville, notre paroisse, est le lieu le meilleur pour une pause de prière, et quand je n’ai pas le temps, je le prends, comme une respiration !

Marie

Christos anesti, Alithosanesti !

La Résurrection est une folie et un scandale, comme le dit Saint Paul, dans le sens où c’est un évènement incompréhensible qui déroute la raison et pose problème à la conscience. La résurrection des corps réellement morts n’est toujours pas considérée comme possible au niveau actuel des connaissances scientifiques. Et l’on estime, selon les historiens et les démographes, autour de 100 milliards de personnes mortes, jamais revenues à la vie, depuis les origines de l’humanité ! L’apôtre Paul était déjà confronté à ce problème à Athènes devant les savants et les philosophes : « Au mot de résurrection des corps,  les uns se moquaient, d’autres déclarèrent « nous t’entendrons une autre fois » (Actes des Apôtres 17, 32) Est-il donc étonnant aujourd’hui que seuls 12% des baptisés en Europe croient en la résurrection de la chair ? Malgré le tombeau vide et les apparitions post-mortem du Christ au milieu de ses disciples, rien n’y fait ! La Résurrection ne s’impose pas. Elle se propose ! Ce n’est donc pas du côté des preuves qu’il faut chercher.  

Cette recherche s’avère vaine parce que, précisément, la résurrection se situe au-delà de notre capacité de compréhension du monde et de l’homme. Benoît XVI, dans le 2e tome de son admirable « Jésus de Nazareth » a écrit avec haute intelligence et rare profondeur que « la Résurrection est un saut qualitatif radical par lequel s’ouvre une nouvelle dimension de la vie« . C’est un évènement unique et irrépétible. Le Christ a inauguré la Résurrection qui augure de la nôtre ! Comme l’a écrit pertinemment Martin Luther, père de la Réforme protestante : Quand tu lis « Le Christ est ressuscité », ajoute aussitôt : « je suis ressuscité et tu es ressuscité avec lui, car il faut que nous soyons rendus participants de sa résurrection. » Personne n’a vu le Christ sortir de son tombeau ! La Résurrection est une affaire de foi. C’est même un article de foi ! « Il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Ecritures » proclamons-nous chaque dimanche à la messe ! L’antique parole de la mystique hébraïque se réalise : de olam-ha-zeh(cette durée-ci, en hébreu), la durée de ce monde-ci qui disparaîtra, nous passons à olam-ha-bah (la durée qui vient, en hébreu), celle de l’éternité…

La persévérance, depuis vingt siècles, de la proclamation de la Résurrection du Christ par l’Eglise, n’est-elle pas finalement la meilleure des preuves de sa véracité ? «  Celui qui connait Pâques ne peut plus désespérer! » a écrit si justement le pasteur allemand Dietrich Bonhoeffer , martyrisé, en 1945, par l’immonde  barbarie nazie. Rien ne peut nous faire oublier, chaque jour, cet évènement inouï et sans précédent qui embrasse tout l’univers et toute l’histoire ! Friedrich Nietzche, philosophe allemand hanté jusqu’à la folie par la question de Dieu, a écrit dans sa quête douloureuse : « Je croirai en Dieu lorsque les chrétiens auront un visage de ressuscités ! » Déjà au 12e siècle, le bienheureux  Guerric d’Igny disait : « Jésus est ressuscité, et me suffit ! »

« Christosanesti, Alithosanesti! » Comme nos frères orthodoxes grecs, au matin de Pâques, qualifié de «  fête des fêtes », saluons-nous, dansons et exultons de joie : 

Christ est ressuscité !  Il est vraiment ressuscité !

Edmond Sirvente

Allons à Jérusalem

     « Le monde est en feu ! Ce n’est pas le moment de traiter avec Dieu d’affaires de peu d’importance ! ». Oh ! combien ces mots de sainte Thérèse d’Avila sont d’actualité. Une flambée de violence embrase le Moyen-Orient ainsi que des pays qui nous sont proches géographiquement. Et aussi tant et tant de pays dont on ne parle plus ou si peu. Nous savons bien que la prière est l’arme la plus puissante pour désarmer les conflits. Alors que la Semaine s’ouvre avec le dimanche des Rameaux, nous pouvons déjà orienter nos regards vers la Passion. Toutes les victimes des conflits seront particulièrement associées par le Christ à sa Passion. Et aussi tellement de personnes humiliées, arrêtées sans motifs, emprisonnées sans preuves, torturées, mises à mort etc.

     Hélas, je ne peux utiliser que très peu et très maladroitement le Poème du Serviteur Souffrant au chapitre 53 du Livre d’Isaïe. Ce personnage, si mystérieux, annonce le Christ. Quelques mots se retrouvent dans les récits de la Passion : méprisé, abandonné des hommes, arrêté, jugé, supprimé, frappé à mort, broyé par la souffrance. « En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4). « Par ses blessures, nous sommes guéris » (Is 53, 5).

« Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes » (I53, 11).

     Ayant eu la chance et la grâce de vivre, à plusieurs reprises, la Semaine Sainte, à Jérusalem, le Vendredi Saint est sûrement pour moi le jour le plus éprouvant. C’est le Chemin de Croix sur la Via Dolorosa avec un arrêt à chaque station. Mais, me direz-vous, quelle différence avec les Chemins de Croix dans notre paroisse ? Réalité palpable : C’est ici, à Jérusalem que tout s’est réellement déroulé. Je n’oublierai jamais les longues heures passées au Calvaire, au plus près de l’emplacement de la Croix, méditant, en pleurant, les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix. J’étais particulièrement sensible aux mots : J’ai soif, non seulement une soif naturelle étant donné les supplices que Jésus a subis et qu’il endure, cloué sur la Croix                        mais aussi la soif irrépressible du salut des hommes et de leur amour. Le Christ quémande : J’ai soif de ton amour. Mais comment rendre amour pour Amour ?                       

     Le Samedi Saint, apparemment, il ne se passe rien. C’est le jour du Grand Silence, un jour d’inactivité et d’attente. Et cependant il est marqué par la descente du Christ aux enfers. Le Saint-Sépulcre est alors curieusement calme et semble vide. Pas de cérémonies. Que faire ? si ce n’est prier autour du tombeau où le Christ repose dans le silence de la mort. Soudain le Christ surgit de son tombeau libre et vainqueur. Il est ressuscité. C’est sa Pâques, son passage de la mort à la vie. Le Saint-Sépulcre retrouve son agitation coutumière tandis que retentissent les Alléluias.

Une Semaine Sainte à vivre à Jérusalem. Quand ? Soyons optimistes

Brigitte

LE GRAND MÉNAGE DE CARÊME… AVEC LE CHRIST

Autrefois, je possédais deux boîtiers énergétiques. Qu’est-ce que c’est ? Eh bien ce sont de petits objets, que l’on porte sur soi ou que l’on laisse à la maison, et qui augmentent le taux vibratoire. Petit à petit, j’ai compris : il fallait que je me débarrasse de ces gris-gris. Je sentais que le type d’énergie qui sortait de ces boîtiers était trop forte, non maîtrisée. Ça me perturbait, au final. Alors je les ai jetés aux ordures. Ce fut le lieu d’un véritable combat spirituel, vécu dans la tourmente : j’allais compulsivement revérifier dans la poubelle s’ils étaient encore là, je méditais de les reprendre, ou alors de les offrir… Les éboueurs ont fait leur travail, et le lendemain, la poubelle était vidée. Envolés, les colifichets. J’ai ressenti alors un grand soulagement, et, progressivement, une proximité renouvelée, apaisée, forte, profonde, avec Jésus et le Ciel.

C’était pourtant bien difficile de jeter ces boîtiers, tant j’avais peur de me retrouver exposé, sans défense, privé d’une source d’énergie nécessaire, quasi vitale. J’ai compris à ce moment-là que tout ce qui relève de l’Occulte, de près ou de loin, peut être défini par un seul mot : le contrôle. Contrôle sur sa vie, sur ses énergies, sur les autres. Mais le Christianisme ne fonctionne pas comme cela ! Ce n’est pas une religion du contrôle, du don/contre-don, mais de l’abandon. De la confiance. Des fois on aimerait dire à Jésus : « Je veux que tu fasses cela pour moi, s’il te plaît », et on aimerait qu’il nous réponde : « oui, chef, tout de suite chef ! ». Or Jésus n’est pas un objet à manipuler, mais une personne. Le Christianisme, c’est : « que Ta Volonté soit faite ». « Non pas ma volonté, mais Ta Volonté ». Avec lâcher-prise. Avec Amour.

L’ennui quand on a recours à divers expédients occultes, c’est qu’on signe des contrats à droite à gauche sans trop en avoir conscience, sans avoir lu les petites clauses en bas de la page. On joue avec des énergies pas forcément bienfaisantes, on prétend les utiliser, et crac ! On est accroché sans pouvoir se détacher, se libérer. Comme un drogué. Et comme tous les drogués aveuglés, on argue : « ah mais non, je m’en débarrasse quand je veux ! » Pas si facile !

Il y a un label, un copyright clair et sans ambiguïté dans l’énergie issue de l’Esprit Saint : celui du Christ, qui veut notre libération, notre Salut. Alors j’encourage tout Chrétien, en ce temps de Carême, à effectuer un véritable ménage chez soi et dans sa vie. Exit tous les artefacts magiques qui ne confessent pas le nom du Christ : symboles ésotériques, pendules, médailles, pierres magnétiques, porte-bonheurs divers et variés… Zou, à la poubelle. Et allez vous confesser, sans honte, de toute emprise ou contrat avec l’occulte. C’est une question d’identité spirituelle : à qui appartenez-vous réellement ?

Ludovic K

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