La Résurrection est une folie et un scandale, comme le dit Saint Paul, dans le sens où c’est un évènement incompréhensible qui déroute la raison et pose problème à la conscience. La résurrection des corps réellement morts n’est toujours pas considérée comme possible au niveau actuel des connaissances scientifiques. Et l’on estime, selon les historiens et les démographes, autour de 100 milliards de personnes mortes, jamais revenues à la vie, depuis les origines de l’humanité ! L’apôtre Paul était déjà confronté à ce problème à Athènes devant les savants et les philosophes : « Au mot de résurrection des corps, les uns se moquaient, d’autres déclarèrent « nous t’entendrons une autre fois » (Actes des Apôtres 17, 32) Est-il donc étonnant aujourd’hui que seuls 12% des baptisés en Europe croient en la résurrection de la chair ? Malgré le tombeau vide et les apparitions post-mortem du Christ au milieu de ses disciples, rien n’y fait ! La Résurrection ne s’impose pas. Elle se propose ! Ce n’est donc pas du côté des preuves qu’il faut chercher.
Cette recherche s’avère vaine parce que, précisément, la résurrection se situe au-delà de notre capacité de compréhension du monde et de l’homme. Benoît XVI, dans le 2e tome de son admirable « Jésus de Nazareth » a écrit avec haute intelligence et rare profondeur que « la Résurrection est un saut qualitatif radical par lequel s’ouvre une nouvelle dimension de la vie« . C’est un évènement unique et irrépétible. Le Christ a inauguré la Résurrection qui augure de la nôtre ! Comme l’a écrit pertinemment Martin Luther, père de la Réforme protestante : Quand tu lis « Le Christ est ressuscité », ajoute aussitôt : « je suis ressuscité et tu es ressuscité avec lui, car il faut que nous soyons rendus participants de sa résurrection. » Personne n’a vu le Christ sortir de son tombeau ! La Résurrection est une affaire de foi. C’est même un article de foi ! « Il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Ecritures » proclamons-nous chaque dimanche à la messe ! L’antique parole de la mystique hébraïque se réalise : de olam-ha-zeh(cette durée-ci, en hébreu), la durée de ce monde-ci qui disparaîtra, nous passons à olam-ha-bah (la durée qui vient, en hébreu), celle de l’éternité…
La persévérance, depuis vingt siècles, de la proclamation de la Résurrection du Christ par l’Eglise, n’est-elle pas finalement la meilleure des preuves de sa véracité ? « Celui qui connait Pâques ne peut plus désespérer! » a écrit si justement le pasteur allemand Dietrich Bonhoeffer , martyrisé, en 1945, par l’immonde barbarie nazie. Rien ne peut nous faire oublier, chaque jour, cet évènement inouï et sans précédent qui embrasse tout l’univers et toute l’histoire ! Friedrich Nietzche, philosophe allemand hanté jusqu’à la folie par la question de Dieu, a écrit dans sa quête douloureuse : « Je croirai en Dieu lorsque les chrétiens auront un visage de ressuscités ! » Déjà au 12e siècle, le bienheureux Guerric d’Igny disait : « Jésus est ressuscité, et me suffit ! »
« Christosanesti, Alithosanesti! » Comme nos frères orthodoxes grecs, au matin de Pâques, qualifié de « fête des fêtes », saluons-nous, dansons et exultons de joie :
Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !
Edmond Sirvente