« Le monde est en feu ! Ce n’est pas le moment de traiter avec Dieu d’affaires de peu d’importance ! ». Oh ! combien ces mots de sainte Thérèse d’Avila sont d’actualité. Une flambée de violence embrase le Moyen-Orient ainsi que des pays qui nous sont proches géographiquement. Et aussi tant et tant de pays dont on ne parle plus ou si peu. Nous savons bien que la prière est l’arme la plus puissante pour désarmer les conflits. Alors que la Semaine s’ouvre avec le dimanche des Rameaux, nous pouvons déjà orienter nos regards vers la Passion. Toutes les victimes des conflits seront particulièrement associées par le Christ à sa Passion. Et aussi tellement de personnes humiliées, arrêtées sans motifs, emprisonnées sans preuves, torturées, mises à mort etc.
Hélas, je ne peux utiliser que très peu et très maladroitement le Poème du Serviteur Souffrant au chapitre 53 du Livre d’Isaïe. Ce personnage, si mystérieux, annonce le Christ. Quelques mots se retrouvent dans les récits de la Passion : méprisé, abandonné des hommes, arrêté, jugé, supprimé, frappé à mort, broyé par la souffrance. « En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4). « Par ses blessures, nous sommes guéris » (Is 53, 5).
« Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes » (I53, 11).
Ayant eu la chance et la grâce de vivre, à plusieurs reprises, la Semaine Sainte, à Jérusalem, le Vendredi Saint est sûrement pour moi le jour le plus éprouvant. C’est le Chemin de Croix sur la Via Dolorosa avec un arrêt à chaque station. Mais, me direz-vous, quelle différence avec les Chemins de Croix dans notre paroisse ? Réalité palpable : C’est ici, à Jérusalem que tout s’est réellement déroulé. Je n’oublierai jamais les longues heures passées au Calvaire, au plus près de l’emplacement de la Croix, méditant, en pleurant, les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix. J’étais particulièrement sensible aux mots : J’ai soif, non seulement une soif naturelle étant donné les supplices que Jésus a subis et qu’il endure, cloué sur la Croix mais aussi la soif irrépressible du salut des hommes et de leur amour. Le Christ quémande : J’ai soif de ton amour. Mais comment rendre amour pour Amour ?
Le Samedi Saint, apparemment, il ne se passe rien. C’est le jour du Grand Silence, un jour d’inactivité et d’attente. Et cependant il est marqué par la descente du Christ aux enfers. Le Saint-Sépulcre est alors curieusement calme et semble vide. Pas de cérémonies. Que faire ? si ce n’est prier autour du tombeau où le Christ repose dans le silence de la mort. Soudain le Christ surgit de son tombeau libre et vainqueur. Il est ressuscité. C’est sa Pâques, son passage de la mort à la vie. Le Saint-Sépulcre retrouve son agitation coutumière tandis que retentissent les Alléluias.
Une Semaine Sainte à vivre à Jérusalem. Quand ? Soyons optimistes
Brigitte