A l’approche des vacances scolaires, nous ressentons tous le besoin d’une pause. Même si nous ne travaillons ni à l’école, ni pour elle, c’est bien l’école qui rythme la vie des actifs, des enfants et même des retraités ! Nous en arrivons tous à oublier nos propres besoins : de repos, d’oxygène, et… de l’Essentiel ! Comme une respiration, sur fond d’essoufflement permanent, cette pause est pourtant nécessaire dans nos emplois du temps, qu’ils soient trop chargés ou trop flous.

C’est toujours nous qui devons veiller à garder du temps pour le Seigneur et pour la prière. Et pour que l’espérance, dont nous avons tant besoin, la petite lampe allumée, là-bas tout au fond de l’église, garde la première place en nous et au fond de nous. C’est toujours à nous de faire une place au Seigneur dans nos vies.

Beaucoup d’entre nous ont ‘‘tout donné’’ pendant la Semaine Sainte et l’octave de Pâques, toute leur énergie et toutes leurs pensées, pendant ces belles journées où il y avait tant à faire. D’autres comme moi sont retraités, donc ‘‘tout le temps en vacances’’, comme on dit ! Mais tous ressentent nettement la différence entre l’année scolaire, si dense et intensive, et le temps des vacances, où le calme et le silence reprennent un peu leurs droits, nous permettant de ‘‘souffler un peu’’, de prier et …de prendre du temps pour l’Essentiel.

Même ici dans la grande ville, lieu de nos tourbillons et de nos étendues de grisaille, lieu de tant d’agitation, de flashes et de lumières, mais aussi de détresse, de misères inconnues et d’isolement, nous pouvons retrouver l’Essentiel, prier pour nos frères et soeurs les plus démunis, qui supportent la misère, matérielle et spirituelle, au milieu de cet environnement trépidant. Malgré tout le poids de nos journées, nous pouvons trouver ou retrouver la paix, la sérénité, la joie, et surtout la foi. Que nos vies soient trépidantes ou qu’elles ressemblent à de mornes étendues, grises de tristesse et d’ennui, nous le pouvons, nous le devons au Seigneur, et c’est vital pour nous !

Puisque c’est là que nous vivons, c’est là aussi que nous devons prier. La vie en ville sera toujours ce que nous en ferons, à commencer par le plus simple : prier ! Comme une respiration, la prière peut vivre partout. Elle est partout vitale, dans tous les « temps morts » de la vie urbaine : les salles d’attente, les files d’attente, les transports en commun, les magasins, l’arrêt du bus : autant d’occasions de nous tourner vers Dieu, de lui confier tous les soucis que nous portons.

La ville devient souvent le lieu du combat spirituel de notre temps, comme l’était le désert pour les premiers chrétiens. Au lieu de nous crisper contre ce qui nous gêne, nous pouvons porter et offrir toutes ces contraintes dans notre prière. Les églises de la ville nous accueillent toujours, quand nous voulons prier un moment, avant de repartir dans nos combats quotidiens. Pour moi, St Jean-Baptiste de Belleville, notre paroisse, est le lieu le meilleur pour une pause de prière, et quand je n’ai pas le temps, je le prends, comme une respiration !

Marie