Tandis que la période estivale approchait de sa fin – ce temps où beaucoup d’entre nous vivons des déplacements de toutes sortes : balades à pieds ou à vélo, TGV fuyant le long des rails, voitures en files sur l’asphalte –, j’ai été interpellée par une chronique parue dans La Croix  où l’auteure, Céline Rohmer, théologienne et pasteure, écrivait : « je préfère les chemins. Celui dont je me réclame a eu l’étrange idée de dire : « Je suis le chemin. » Pas la route. Encore moins l’autoroute. Un chemin oblige à ralentir, à marcher au pas de l’autre, à consentir au détour. C’est en chemin qu’on fait des rencontres. »

Un chemin, en effet, on y avance à son rythme. On a le droit d’y faire des pauses quand on est fatigué ou d’y courir soudain dans la hâte de découvrir un nouveau point de vue. Un chemin n’est jamais rectiligne, ses méandres sont sources de surprises. Un chemin est le contraire de la vitesse, il reste à l’écart du bruit, de la foule, de la performance. Toutes choses qui nous guettent à la reprise de nos activités habituelles : le bruit, la foule, la vitesse, et cette performance dont notre société fait trop souvent une obligation. C’était donc le bon moment pour que me soit rappelée cette phrase de Jésus – quelque peu énigmatique, reconnaissons-le : « Je suis le chemin. » Car, comment une personne peut-elle être un chemin et inversement ? Qui d’autre que Lui, Jésus, serait en droit de se définir ainsi : « Je suis le chemin, la vérité, la vie » ? Comme si ces trois mots, tout en se complétant, n’en formaient qu’un seul. Autrement dit, ce chemin offert est le vrai de la vie. En l’empruntant, on ne se trompe ni de direction ni de destination. Il s’inscrit dans la durée, dans le jour-après-jour de nos existences. Il n’est pas sans aspérités, sans brouillards à traverser, sans averses ni coups de vent – ou coups de soleil – à essuyer. Mais il intègre les nécessaires moments de repos, les haltes du soir et les redémarrages parfois un peu rouillés du matin. Et cette époque de l’année, qu’on appelle traditionnellement « la rentrée », est bien le moment de réentendre que, comme Jésus le dit à Thomas , pour aller là où Il va – et où Il veut nous conduire : vers le Père –, nous connaissons le chemin.

 Un chemin qui s’est inscrit dans la chair de notre humanité. Un chemin au rythme de nos pas, au tempo de nos vies. Pas une autoroute à 130 au compteur. Un humble mais exaltant chemin de marcheurs.

Marie-Hélène D