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Comment garder l’espérance

Pourquoi ce cheminement ?

« L’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint. »
Lettre de saint Paul aux Romains (5,5)

À l’occasion de la Toussaint, nous vous invitons à redécouvrir l’une des plus belles vertus chrétiennes : l’espérance.
Le Chemin de lumière est un parcours spirituel qui vous accompagnera pendant plusieurs semaines pour découvrir comment l’espérance chrétienne peut éclairer notre vie aujourd’hui.
Que vous soyez proche de la foi, en recherche ou simplement curieux, soyez le bienvenu.

Livret d’inscription

Ce livret est un compagnon de route.
À travers la figure de saint Joseph, il vous invite à découvrir cette espérance chrétienne, de mieux comprendre ce qu’elle change dans notre manière de vivre aujourd’hui et d’entrer, pas à pas, dans ce chemin de confiance que l’Évangile propose à chacun.

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Je découvre la nuit

Je n’avais pas encore marché dans la nuit, mais seulement dans son obscurité. De la nuit, je ne connaissais que les ténèbres. Je ne voyais pas de solution.

Je n’avais pas de lampe de poche pour me repérer. J’avais peur de tomber bruyamment, d’avoir mal, de réveiller toute la famille… Il y avait bien une bougie, mais sans briquet ni allumettes, comment faire jaillir la petite lumière ?

Dans la nuit, j’ai marché à tâtons.
Dans la nuit, j’ai cherché des lueurs et des reflets.
Dans la nuit, les animaux qui veillaient m’étaient inconnus.
J’étais une inconnue pour eux. Je ne les intéressais pas.
Ils semblaient parfois ligués entre eux pour me jeter dans le fossé.
Pour conspirer à ma perte…

Mais j’ai fermé la porte à mon imagination. Question de survie ! Dans l’obscurité, il faut marcher sans se poser de question. Comme les soldats qui se cachaient dans les tranchées. Comme les résistants qui dissimulaient leur nom sur leurs papiers, épargnant ainsi leur famille, leurs proches.

Je t’ai confié ma destinée, ô Seigneur. Je t’ai appelé de toutes mes forces, j’ai cru en toi. Longtemps je n’entendais pas le son de Ta voix. Tu étais sans doute très loin, dans des combats autrement plus importants, pour des enfants malades, ou des personnes chassées de leur pays par la guerre.

Et soudain, j’étais comme dans l’histoire des traces de pas sur le sable de la plage : celui qui marche seul se retourne de temps en temps. Pendant la nuit, il voit toujours deux traces de pas, comme si quelqu’un l’avait accompagné tout au long du chemin. Il pense… Non, il sait… que le Seigneur l’accompagne ! Puis, quand le jour se lève, il se retourne à nouveau, titubant de fatigue, et il voit qu’il n’y a plus qu’une seule trace de pas sur le sable.

Très surpris, et même peiné, il s’adresse au Seigneur en lui disant : « Je vois que c’est dans les moments les plus difficiles que Tu m’as laissé seul… »

« Mais non, lui répond le Seigneur, dans les moments difficiles
il y avait seulement les traces de mes pas à moi, parce qu’alors…
Je te portais dans mes bras… »

Dans la nuit, j’ai découvert l’immensité d’un monde nouveau.
Dans la nuit, il y a toujours la lumière des Saints,
Qui nous aident à garder l’espérance, et à rester auprès du Père par la prière.

Marie

Toussaint 2026

La nuit de l’art

Comme chaque année la période estivale apporte dans chaque village de Mallorca (Iles Baléares) un temps plus au moins long de fêtes et réjouissances, chaque jour différentes. Ce fut le cas où je me trouvai, celles-ci se terminant le dimanche 16 août, précédées le samedi 15 en soirée par une messe solennelle pour l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie.

Mais ce qui donne le titre à ce texte est la soirée qui précédait cette fin de semaine appelée ainsi dans le programme des fêtes, celle du jeudi. Les rues principales étaient bruyantes des échanges entre artisans qui avaient installé leurs stands, les passants et les rires des enfants.

L’église paroissiale était illuminée, ouverte au public, ce qui frappait le plus en entrant dans celle-ci était la nef vide des bancs d’œuvre habituels, l’obscurité seulement atténuée par deux candélabres de chaque côté de la statue de la Sainte Vierge Marie en gisant, légèrement surélevée et inclinée, entourée d’un grand nombre de bougies de toutes tailles; des voilages très légers descendant de la voûte, voletant autour de la Vierge Marie, découvrant à ces moments là le chœur et l’autel doré.

C’était comme se trouver au milieu de nuées dans un calme absolu, les personnes qui entraient respectant le silence,  très loin des bruits que je retrouverai  à la sortie de l’église .

Ce fut pour moi un véritable ressenti d’irréalité mais aussi de paix intérieure, comme souvent il est difficile de le trouver . Ce qui me remet en mémoire la prière de saint Charles de Foucauld : «  Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. »

Danielle

“Dieu est ami du silence.
Nous avons soif de trouver Dieu,
mais il ne se laisse découvrir, ni dans le bruit ni dans l’agitation.” (Mère Teresa)

« Soyons bons et les temps seront bons, car nous sommes le temps »

Première canicule, au cœur du printemps. Le bus est bien rempli, mais pas bondé. A l’arrêt Belleville-Ménilmontant, un homme à l’allure négligée, la soixantaine, cheveux sales, barbe de plusieurs jours, qui paraît un peu déboussolé, monte par la porte arrière. Il tient dans une main une bouteille de rouge, 4 yaourts et un paquet de biscuits, tout en essayant, de l’autre main, de ranger sa carte bleue dans son portefeuille, au risque de tout faire tomber. Une femme, assise sur une des deux places du milieu du bus, observe l’homme encombré depuis qu’il est monté. Soudain, elle l’interpelle : « Monsieur, venez vous asseoir ! » et d’un geste, elle lui montre la place libre à côté d’elle. L’homme la regarde, lui sourit, mais ne bouge pas. La femme insiste : « Vous ne pourrez pas ranger ça correctement si vous restez debout, vous allez tout faire tomber. » L’homme opine du chef, toujours souriant. Il semble hésiter, maintenant. La femme, à qui sa légère indécision n’a pas échappé, l’invite à nouveau. « Allez, monsieur, venez vous asseoir ! À côté de moi ou ailleurs, c’est comme vous voulez, il y a des places. »

L’homme s’avance finalement vers elle en disant : « Ah, je vais m’asseoir à côté de vous parce que vous êtes gentille. » Il s’assoit, pose ses provisions sur ses genoux, puis parvient enfin à ranger sa carte bleue dans son portefeuille. Sa voisine lui dit : « Voilà, c’est bien. Vous savez, vous devriez avoir un petit sac pour ranger vos courses, ce serait plus pratique. » L’homme sourit, acquiesce, puis il appuie sur le bouton pour demander l’arrêt à la prochaine station. Il entreprend de se lever, péniblement. C’est alors qu’un homme, assis à sa droite, de l’autre côté de la rangée centrale, se met à fouiller dans la poche de sa djellaba et sort une poignée de petits sacs transparents et très fins comme ceux que l’on trouve dans les supermarchés au rayon fruits et légumes. Le bus ralentit. L’homme s’empresse de détacher un sac, le froisse pour l’ouvrir et le tend, sans un mot, à l’homme aux courses au moment où le bus s’arrête. L’homme le prend : « Merci beaucoup monsieur » lui lance-t-il dans un grand sourire, en descendant.

Nous étions assis derrière ces personnes et nous avons assisté, épatés et émus, à ce moment d’entraide improvisé, spontané, entre trois individus qui ne se connaissaient pas et ne se rencontreront sans doute jamais plus. Des regards comme des invitations, des gestes fraternels, peu de mots, juste les essentiels, ceux qui invitent, ceux qui rassurent. La charité à l’œuvre, d’autres appelleraient cela de la solidarité ou du « bien vivre ensemble ». C’est cela aussi, mais nous, nous avons vu là trois visages du Christ. Et un formidable moment d’espérance. Une espérance pleine et vive. Vivifiante et vivifiée. Ainsi nous pouvons faire nôtre l’injonction de Saint-Augustin :

« Ne dis pas : les temps sont mauvais. Soyons bons et les temps seront bons, car nous sommes le temps. »

Marion et Yves

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