Juillet est l’une des périodes où arrivent à maturité le blé, l’orge, le colza… Et, justement, lors d’un dimanche de ce mois, on lira la parabole du champ que son propriétaire a fait ensemencer de bon grain. Or, voilà qu’y poussent aussi de mauvaises herbes ! Consternation des ouvriers, déjà prêts à arracher les pousses indésirables. À quoi le maître s’oppose : en éradiquant l’ivraie, ils risquent d’arracher aussi le blé. Qu’ils les laissent donc croître ensemble jusqu’au jour de la récolte ! Alors, les moissonneurs feront le tri.

J’aime particulièrement cette parabole. Je me sens si souvent semblable à ce champ, capable de produire un tel mélange de bon et de mauvais ! Inlassablement, Dieu sème en nous sa Parole, que l’Adversaire s’acharne à polluer de doutes, de refus, de mensonges… Certes, la prière et les sacrements sont de bons outils pour« désherber » notre cœur. Mais on voudrait tellement, parfois, pouvoir tout arracher d’un coup ! Et comme c’est impossible, on est tenté par le découragement : « Je n’y arriverai jamais. Je n’atteindrai jamais l’état de pureté auquel j’aspire… »  Les images employées par Jésus viennent nous assurer une fois de plus de la puissance de Celui qui, avec du tout petit – pas plus gros qu’une graine de moutarde – suscite un arbre assez grand pour que les oiseaux du ciel fassent leur nid dans ses branches, comme le raconte la parabole suivante.

Patiente et attentive miséricorde de Dieu qui accueille, accompagne et soutient nos humbles démarches de conversion, sans s’irriter ni de nos lenteurs ni de nos essoufflements ! Paul Claudel disait : « Le saint prie avec son espérance, le pécheur avec son péché. » Nous sommes une communauté de saints et de pécheurs, qui cheminons et prions avec notre espérance et notre péché ; un champ doré de juillet qui produit à la fois l’épi fécond et le chiendent stérile. Et c’est ce que Jésus appelle le Royaume.

Bel été à toutes et tous, dans l’attente de la Moisson !                

Marie-Hélène D.