Je n’avais pas encore marché dans la nuit, mais seulement dans son obscurité. De la nuit, je ne connaissais que les ténèbres. Je ne voyais pas de solution.
Je n’avais pas de lampe de poche pour me repérer. J’avais peur de tomber bruyamment, d’avoir mal, de réveiller toute la famille… Il y avait bien une bougie, mais sans briquet ni allumettes, comment faire jaillir la petite lumière ?
Dans la nuit, j’ai marché à tâtons.
Dans la nuit, j’ai cherché des lueurs et des reflets.
Dans la nuit, les animaux qui veillaient m’étaient inconnus.
J’étais une inconnue pour eux. Je ne les intéressais pas.
Ils semblaient parfois ligués entre eux pour me jeter dans le fossé.
Pour conspirer à ma perte…
Mais j’ai fermé la porte à mon imagination. Question de survie ! Dans l’obscurité, il faut marcher sans se poser de question. Comme les soldats qui se cachaient dans les tranchées. Comme les résistants qui dissimulaient leur nom sur leurs papiers, épargnant ainsi leur famille, leurs proches.
Je t’ai confié ma destinée, ô Seigneur. Je t’ai appelé de toutes mes forces, j’ai cru en toi. Longtemps je n’entendais pas le son de Ta voix. Tu étais sans doute très loin, dans des combats autrement plus importants, pour des enfants malades, ou des personnes chassées de leur pays par la guerre.
Et soudain, j’étais comme dans l’histoire des traces de pas sur le sable de la plage : celui qui marche seul se retourne de temps en temps. Pendant la nuit, il voit toujours deux traces de pas, comme si quelqu’un l’avait accompagné tout au long du chemin. Il pense… Non, il sait… que le Seigneur l’accompagne ! Puis, quand le jour se lève, il se retourne à nouveau, titubant de fatigue, et il voit qu’il n’y a plus qu’une seule trace de pas sur le sable.
Très surpris, et même peiné, il s’adresse au Seigneur en lui disant : « Je vois que c’est dans les moments les plus difficiles que Tu m’as laissé seul… »
« Mais non, lui répond le Seigneur, dans les moments difficiles
il y avait seulement les traces de mes pas à moi, parce qu’alors…
Je te portais dans mes bras… »
Dans la nuit, j’ai découvert l’immensité d’un monde nouveau.
Dans la nuit, il y a toujours la lumière des Saints,
Qui nous aident à garder l’espérance, et à rester auprès du Père par la prière.
Marie