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Notre nouveau vicaire

présentation de notre nouveau vicaire Gabriel TEBREAN , ordonné le samedi 27 juin 2026

L’indicible

Nous passons la soirée avec des amis que nous n’avions pas vus depuis une trentaine d’années, parlons un peu de nos vies, beaucoup de nos paroisses et de nos modestes missions. Plusieurs fois, nous nous disons qu’il est temps de nous quitter et de rentrer chez nous, il est tard.

Et puis, au dernier moment, une petite brèche dans les confidences, que personne n’a sollicitée ni vu venir. Ce couple nous raconte, nous n’osions pas en parler, la perte de leur enfant en 2013. Il a été fauché par un tramway à l’âge de 18 ans. Les parents, les frères et sœurs incapables de dire, de faire quoi que ce soit, comme absents d’un coup, les amis trop bavards. Et puis, des amis d’amis, qu’ils connaissent à peine, qui viennent déposer un plat le soir, parce qu’on n’a pas l’esprit à cuisiner et pourtant il faut bien avaler quelque chose et donner à manger aux deux enfants vivants, bien vivants, le petit frère, la petite sœur. Ce cadeau presque anonyme, c’est le pain quotidien, la manne fraternelle. Et un jour, de retour au travail, parce qu’il faut bien se remettre pleinement dans la vie, des collègues qu’on retrouve et qui pleurent d’un coup dans vos bras et qui disent qu’ils n’ont pas su comment faire, qu’ils ne savent pas comment dire. Et c’est bon à entendre, car avec ce « je ne sais pas comment faire », on ne peut mieux dire l’indicible du deuil. Et ils ont des gestes muets qui valent toutes les paroles. Et c’est bientôt elle, lui, qui vont voir les collègues pour leur dire que ce silence leur est éloquent. Il n’y a pas de mot pour désigner un parent qui a perdu son enfant, mais il y a des gestes qui parlent tellement sans dire un mot.

Et à Noël, on retrouve la famille qui semble se comporter comme si rien ne s’était passé, qui veut le retour à « l’avant », avec rires et joies inchangés, on n’en parle toujours pas, et c’est si dur, comme un mur entre eux et eux. Puis une belle-sœur qui dit, au détour d’un couloir, qu’il faut qu’on s’appelle, qu’on se voie. Qui appelle quelques jours plus tard et puis, quand on se voit, qui tombe en pleurs dans vos bras et vous dit que pas un jour ne s’est passé depuis la mort du neveu où elle n’a pensé à lui, à eux, mais qu’elle était tellement incapable de tendre la main, de prendre son téléphone, d’écrire un mot. Et c’est la vie qui revient entre tous.

Avant de partir, nous leur demandons ce qui les a aidés à tenir : la liturgie ! La suivre pas à pas, au long des jours, s’y abandonner comme dans les bras du Christ qui nous porte sur son chemin de croix. Et le Seigneur leur envoie un signe comme Il en a le secret : le premier anniversaire de la mort de leur fils tombe le jour de Pâques .

Marion et Yves

Témoignage, lors du pèlerinage

à Sainte Anne d’Auray du 14 au 17 mai 2026

Toute ma vie, la religion catholique était présente, de par mon baptême, la confirmation et la communion mais avec une pratique plutôt occasionnelle.

Cependant depuis la Covid, tout s’est accéléré car à ce moment précis, j’ai pris conscience que ma vie n’était qu’en 2D, trop terre à terre.

Un samedi soir, je me suis enfin décidé à prendre la direction de Saint Jean Baptiste de Belleville, en sortant de la messe, je me suis senti revigoré.  En renouvelant l’expérience, j’ai repris plus assidûment le chemin de l’Eglise.

A la fin d’une messe, Père Théophile nous annonce qu’il reste encore des places pour un pèlerinage en Terre Sainte. Ni une ni deux, je me suis dit : c’est le moment car j’en rêvais depuis longtemps. Ce pèlerinage eut lieu au printemps 2023 et cela m’a marqué profondément.

Ensuite un second pèlerinage, cette fois encadré par le  Père Christian, à Assise. Là aussi je fus saisi par la ferveur. D’ailleurs au passage, j’avais une douleur chronique au genou et en rentrant des Carceri, cette douleur a disparu. Si cela n’est pas une grâce de Saint François ! Je fus complètement bouleversé par cette guérison spontanée.

Dès lors, je me suis attelé à une pratique plus fervente de ma foi, avec chapelet quotidien, et quand je le peux, j’assiste aux messes de la semaine, cela me comble de joie.

L’an dernier, on m’a diagnostiqué un cancer de la prostate, l’annonce de cette maladie m’a assommé. Mais très vite, je me suis ressaisi en remettant ma confiance aux soins des médecins et à la volonté de Dieu. Début février 2026, j’ai reçu le sacrement des malades, je ne cessais de pleurer à flot et j’avais le ressenti de recevoir une grâce sanctifiante telle une douche purifiante. Je sais que Dieu m’aime mais j’avoue que parfois je ne lui ouvre pas suffisamment mon cœur.

Depuis la Covid, je vis ma vie en 3D et pour cela, je rends grâce à Dieu. En cette neuvaine de l’Ascension, je réalise à quel point le Seigneur est entré dans ma vie et je souhaite qu’il la remplisse totalement. Au travers de la maladie que je côtoie depuis bientôt quarante ans, j’ai l’expérience de la souffrance du corps et de l’âme. Pour autant je sais que je veux vivre pleinement car la mort ne sera qu’un marchepied vers le Royaume du Seigneur. De fait, je ne peux dissocier le corps de mon âme car c’est un tout que Dieu m’a donné pour la vie. Ainsi je cultive le mystère de la foi, dans la joie, la charité et l’espérance en Notre Seigneur.

Pascal, un paroissien

Rentrée paroissiale Octobre 2024

Au parc Fontainebleau et chez les Carmes d’Avon sur les pas de Frère Jacques

Etty

    Tel est le titre de la série de six épisodes, d’une heure environ chacun, consacrés à Etty Hillesum par le scénariste et réalisateur Hagai Levi. C’est une adaptation libre de la vie de cette jeune femme juive, néerlandaise, qui tient un journal intime de 1941 à 1943. J’ai regardé tous les épisodes, parfois agacée par des longueurs, des lenteurs et les gros coups de projecteurs sur les relations amoureuses de l’héroïne. La presse est très élogieuse, voire dithyrambique. N’étant, moi-même, ni critique d’art ni cinéphile avertie, cela ne m’a pas convaincue.

    C’est en 1988 que j’ai découvert Etty Hillesum grâce à la comédienne Anne Marbeau qui interprétait, au théâtre du Marais, seule en scène, des extraits du Journal d’Etty connu sous le nom d’Une vie bouleversée. J’ai été séduite par cette personnalité construite au fil de la guerre, intelligente, lucide, déterminée, parfois en proie à des doutes et à des inquiétudes. Je souhaitais faire une lecture « brut » des textes qui ne soit pas brouillée par les sons et les images du film. La qualité littéraire est indéniable et plus qu’appréciable. Il y a aussi les Lettres de Westerbork envoyées à ses amis. Westerbork était le camp de transit entre les Pays-Bas et les camps de la mort.

     Etty était une « chercheuse de Dieu ». Elle finit par éprouver dans sa vie même la certitude de l’existence de « Dieu ». Le sentiment religieux d’Etty n’est pas conventionnel. Elle n’appartenait à aucune communauté, ni à la synagogue, ni à aucune Église. Elle vivait sa foi selon son propre rythme.

     Des parallèles évidents ont été faits entre l’itinéraire spirituel d’Edith Stein et celui d’Etty Hillesum. Il se pourrait bien que ces deux femmes se soient croisées. Dans les écrits d’Etty se trouvent ces quelques mots : « [Rencontré aussi] deux religieuses, appartenant à une famille juive très orthodoxe, riche et très cultivée de Breslau, avec l’étoile jaune cousue sur leur habit monastique. On s’accorde à penser qu’il pourrait s’agir de Sr Thérèse-Bénédicte de la Croix, i.e. Edith Stein et de sa sœur Rosa.

     Marguerite Léna, Xavière, a publié un très bel article dans la revue Études, n°401, juillet 2004, sous le titre : La trace d’une rencontre. Edith Stein et Etty Hillesum. J’en ai extrait ce qui me semble le résumé d’une analyse pertinente : « A la logique de mensonge et de mort du nazisme dont elles seront victimes, Edith et Etty n’opposent ni l’argumentation, ni la résistance armée, mais une attestation ; la défense des réalités que le nazisme attaquait de plein fouet – la vérité et la vie – Attestation d’un indéfectible amour de la vérité pour Edith, et pour Etty, celle d’un non moins indéfectible amour de la vie. »

Toutes deux sont assassinées à Auschwitz. Edith meurt le 9 août 1942. Elle avait 50 ans.  Etty le 30 novembre 1943. Elle en avait 29

Brigitte

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