Auteur/autrice : adminSite Page 3 of 29

Témoignage, lors du pèlerinage

à Sainte Anne d’Auray du 14 au 17 mai 2026

Toute ma vie, la religion catholique était présente, de par mon baptême, la confirmation et la communion mais avec une pratique plutôt occasionnelle.

Cependant depuis la Covid, tout s’est accéléré car à ce moment précis, j’ai pris conscience que ma vie n’était qu’en 2D, trop terre à terre.

Un samedi soir, je me suis enfin décidé à prendre la direction de Saint Jean Baptiste de Belleville, en sortant de la messe, je me suis senti revigoré.  En renouvelant l’expérience, j’ai repris plus assidûment le chemin de l’Eglise.

A la fin d’une messe, Père Théophile nous annonce qu’il reste encore des places pour un pèlerinage en Terre Sainte. Ni une ni deux, je me suis dit : c’est le moment car j’en rêvais depuis longtemps. Ce pèlerinage eut lieu au printemps 2023 et cela m’a marqué profondément.

Ensuite un second pèlerinage, cette fois encadré par le  Père Christian, à Assise. Là aussi je fus saisi par la ferveur. D’ailleurs au passage, j’avais une douleur chronique au genou et en rentrant des Carceri, cette douleur a disparu. Si cela n’est pas une grâce de Saint François ! Je fus complètement bouleversé par cette guérison spontanée.

Dès lors, je me suis attelé à une pratique plus fervente de ma foi, avec chapelet quotidien, et quand je le peux, j’assiste aux messes de la semaine, cela me comble de joie.

L’an dernier, on m’a diagnostiqué un cancer de la prostate, l’annonce de cette maladie m’a assommé. Mais très vite, je me suis ressaisi en remettant ma confiance aux soins des médecins et à la volonté de Dieu. Début février 2026, j’ai reçu le sacrement des malades, je ne cessais de pleurer à flot et j’avais le ressenti de recevoir une grâce sanctifiante telle une douche purifiante. Je sais que Dieu m’aime mais j’avoue que parfois je ne lui ouvre pas suffisamment mon cœur.

Depuis la Covid, je vis ma vie en 3D et pour cela, je rends grâce à Dieu. En cette neuvaine de l’Ascension, je réalise à quel point le Seigneur est entré dans ma vie et je souhaite qu’il la remplisse totalement. Au travers de la maladie que je côtoie depuis bientôt quarante ans, j’ai l’expérience de la souffrance du corps et de l’âme. Pour autant je sais que je veux vivre pleinement car la mort ne sera qu’un marchepied vers le Royaume du Seigneur. De fait, je ne peux dissocier le corps de mon âme car c’est un tout que Dieu m’a donné pour la vie. Ainsi je cultive le mystère de la foi, dans la joie, la charité et l’espérance en Notre Seigneur.

Pascal, un paroissien

Rentrée paroissiale Octobre 2024

Au parc Fontainebleau et chez les Carmes d’Avon sur les pas de Frère Jacques

Etty

    Tel est le titre de la série de six épisodes, d’une heure environ chacun, consacrés à Etty Hillesum par le scénariste et réalisateur Hagai Levi. C’est une adaptation libre de la vie de cette jeune femme juive, néerlandaise, qui tient un journal intime de 1941 à 1943. J’ai regardé tous les épisodes, parfois agacée par des longueurs, des lenteurs et les gros coups de projecteurs sur les relations amoureuses de l’héroïne. La presse est très élogieuse, voire dithyrambique. N’étant, moi-même, ni critique d’art ni cinéphile avertie, cela ne m’a pas convaincue.

    C’est en 1988 que j’ai découvert Etty Hillesum grâce à la comédienne Anne Marbeau qui interprétait, au théâtre du Marais, seule en scène, des extraits du Journal d’Etty connu sous le nom d’Une vie bouleversée. J’ai été séduite par cette personnalité construite au fil de la guerre, intelligente, lucide, déterminée, parfois en proie à des doutes et à des inquiétudes. Je souhaitais faire une lecture « brut » des textes qui ne soit pas brouillée par les sons et les images du film. La qualité littéraire est indéniable et plus qu’appréciable. Il y a aussi les Lettres de Westerbork envoyées à ses amis. Westerbork était le camp de transit entre les Pays-Bas et les camps de la mort.

     Etty était une « chercheuse de Dieu ». Elle finit par éprouver dans sa vie même la certitude de l’existence de « Dieu ». Le sentiment religieux d’Etty n’est pas conventionnel. Elle n’appartenait à aucune communauté, ni à la synagogue, ni à aucune Église. Elle vivait sa foi selon son propre rythme.

     Des parallèles évidents ont été faits entre l’itinéraire spirituel d’Edith Stein et celui d’Etty Hillesum. Il se pourrait bien que ces deux femmes se soient croisées. Dans les écrits d’Etty se trouvent ces quelques mots : « [Rencontré aussi] deux religieuses, appartenant à une famille juive très orthodoxe, riche et très cultivée de Breslau, avec l’étoile jaune cousue sur leur habit monastique. On s’accorde à penser qu’il pourrait s’agir de Sr Thérèse-Bénédicte de la Croix, i.e. Edith Stein et de sa sœur Rosa.

     Marguerite Léna, Xavière, a publié un très bel article dans la revue Études, n°401, juillet 2004, sous le titre : La trace d’une rencontre. Edith Stein et Etty Hillesum. J’en ai extrait ce qui me semble le résumé d’une analyse pertinente : « A la logique de mensonge et de mort du nazisme dont elles seront victimes, Edith et Etty n’opposent ni l’argumentation, ni la résistance armée, mais une attestation ; la défense des réalités que le nazisme attaquait de plein fouet – la vérité et la vie – Attestation d’un indéfectible amour de la vérité pour Edith, et pour Etty, celle d’un non moins indéfectible amour de la vie. »

Toutes deux sont assassinées à Auschwitz. Edith meurt le 9 août 1942. Elle avait 50 ans.  Etty le 30 novembre 1943. Elle en avait 29

Brigitte

Sa main sur l’icône

Il y a quelques mois, j’ai posé une nouvelle icône dans mon « coin prière ». De la même inspiration que celle que l’on peut voir au mur de la salle Sainte Bernadette, rue de Palestine, elle représente un Christ vu à mi-corps, un Christ glorieux, un Christ d’après la résurrection. Le visage est grave, l’expression presque sévère, le regard comme tourné vers l’intérieur. La position des mains, en dépit d’une anatomie approximative, est riche de signification. La gauche se referme sur un gros livre – les Écritures – ; la droite, aux doigts très longs, est levée devant la poitrine. L’auriculaire et l’annulaire s’appuient sur le pouce tandis que l’index et le majeur se dressent dans une position improbable. Le geste évoque pour moi à la fois une bénédiction, une absolution et un enseignement. Du moins est-ce l’impression qu’il me donne à force de le contempler. Et je constate que cette contemplation m’est d’une grande aide pour l’oraison. Elle m’évite – en partie du moins – ces « paresses de la pensée » que sont les inévitables distractions. Il m’est tellement plus confortable de laisser couler le temps imparti à la prière dans des digressions agréablement terre à terre, plutôt que d’y demeurer en conscience – et souvent dans l’ennui et l’aridité ! Alors, je regarde cette face de Christ, qui ne me regarde pas – car Lui, ce vers quoi il est tendu, c’est certainement l’amour, la sagesse et la splendeur du Père. Mais sa main levée sur quiconque tourne les yeux vers lui – et donc sur moi – m’encourage à implorer : « Montre-moi ce que Tu vois ! Maintenant, demain ou à ma dernière heure, peu importe ! Mais montre-moi ! » D’ailleurs, même s’il s’est fait affectueusement rabrouer, je trouve que Philippe, en son temps, à  a eu bien raison d’oser ce si spontané « Maître, montre-nous le Père ! » Et je me sens tout à fait en droit de formuler à mon tour cette requête, car, à en croire saint Basile : « Ce que la Parole de l’Évangile communique par l’ouïe, l’icône le montre silencieusement par les yeux. » Il est donc bien question de montrer ! Cela rejoint la belle prière de l’iconographe que j’ai découverte sur Internet : « Toi, Maître divin de tout ce qui existe, éclaire et dirige l’âme, le cœur et l’esprit de ton serviteur, (…) afin qu’il puisse représenter dignement et parfaitement Ton image. »

« L’écriture » d’une icône – car on ne dit pas « peinture » – est un travail de prière, de silence et de solitude au service de la transcendance. Prière, silence, solitude : la contemplation est de la même nature.

Dorénavant, devant ce Christ à la main levée, j’aime conclure mon oraison par cette demande : « Bénis-moi, pardonne-moi, enseigne-moi. Amen. »

Marie-Hélène D.

L’Amour de Dieu comme voie d’autonomie

Grande librairie universitaire au centre de Paris. Le rayon psychologie jouxte celui de théologie. A côté de moi, deux étudiants, beaux et à l’air intelligent recherchent un ouvrage précis. Soudain, j’entends :  « Tu as vu, Winnicott est à côté des Evangiles ! ». Eclats de rires entendus des deux protagonistes. Peut-être cette proximité leur a semblé incongrue voire antinomique.

Elle m’a semblé au contraire un heureux voisinage. Donald Winnicott (1896-1971) est un psychanalyste britannique connu, entre autres, pour ses travaux sur le développement du nourrisson. Nombre de concepts qu’il a développé restent des références intellectuelles et cliniques dans le monde du soin et de la Petite Enfance. Si je devais en retenir un, ce serait celui de « continuité d’être ». En vulgarisant et en m’excusant d’aventure auprès des lecteurs spécialistes, il s’agit de la capacité qu’acquière le tout-petit, par l’attention et les soins que lui prodigue sa mère, d’intérioriser un sentiment de sécurité affective lui donnant, peu à peu, la capacité à être seul et non plus dans un lien de dépendance totale. Ce que j’entends chez Winnicott, c’est qu’il faut avoir été suffisamment aimé pour pouvoir se jeter avec sécurité dans la folie du monde. Et j’y vois un pendant spirituel fort avec ce que le Christ nous invite à être et à vivre. S’il a osé nous dire « Ne craignez pas », c’est qu’il nous a d’abord assuré – et les prophètes avant lui – que nous sommes chacun aimé depuis toujours par le Très-Haut.  

Cet Amour m’est donné depuis qu’Il  m’a « tissé dans le ventre de ma mère » comme le dit le psalmiste. Mais ce lien, aussi fort qu’intangible, que fais-je chaque jour pour l’honorer et le rendre palpable à mes yeux ?

Comment participer à l’élan d’intériorisation de cet Amour divin qui me permettra d’être au monde sans crainte ? Dans la prière et dans les actes posés, oui, mais surtout dans un abandon tel celui du nourrisson auprès de sa « mère suffisamment bonne ». L’intériorisation de l’Amour du Christ permet mon sentiment de « continuité d’être »…même si j’ai encore besoin de ma médaille de baptême comme « objet transitionnel ».

Aline

Page 3 of 29

Propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén