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Ensemble pour les futurs baptisés

L’arrivée de toutes celles et ceux qui demandent le baptême est un signe fort pour notre église.

Ainsi, à l’initiative des 8 diocèses d’Ile-de-France, un concile provincial est organisé sur l’accueil des catéchumènes et le néophytat (pour les tout nouveaux baptisés).

Jusqu’en juin, a lieu la phase de consultation. Nous sommes donc tous invités à nous exprimer et à partager sur ce sujet : non seulement les catéchumènes et néophytes, les accompagnateurs et l’équipe des prêtres et diacre mais tout baptisé qui le souhaite car c’est une responsabilité collective d’être la hauteur de cette bonne nouvelle. Des questions simples et très ouvertes nous sont posées pour nourrir des contributions sur les thématiques suivantes : Accueillir, Accompagner et Transformer.

Le fruit de nos échanges sera transmis pour nourrir les débats de l’assemblée
provinciale à partir d’octobre prochain. Cette grande consultation aura lieu les samedis 28 mars et 23 mai de 10h00 à 12h00 au 8 rue de Palestine.

Pour faciliter l’organisation, merci de vous inscrire en envoyant un mail à

Lâchons nos cruches

En ce troisième dimanche de Carême, nous rencontrons la Samaritaine dans l’évangile de Jean 4 1 42 Comme d’autres personnages chez Jean (la Mère de Jésus, le Disciple bien aimé, l’Aveugle né elle n’a pas de nom, ce qui étend sa capacité à représenter une collectivité sans perdre sa particularité. Son identité symbolique met en garde contre toute interprétation littérale et réductrice de sa moralité supposée douteuse.

Le dialogue de la Samaritaine avec Jésus est, dès le départ, de haute teneur théologique. Elle commence par interroger Jésus sur ses infractions à la tradition juive il s’adresse publiquement à une femme, en voulant utiliser le même ustensile qu’elle. Elle questionne la prétention implicite de Jésus d’être l’égal du patriarche Jacob qui avait donné à Israël le puits où ils se trouvent. Elle poursuit son enquête sur l’identité de Jésus, et demande à connaître sa position sur le vrai culte, ce qui était une préoccupation importante pour la théologie samaritaine. Elle devine alors l’identité messianique de Jésus comme celui qui vient pour restaurer le vrai culte en Israël Jésus confirme son intuition et se révèle à elle comme le « Je le suis » de la révélation mosaïque (Ex 3 14). La femme abandonne sa cruche – tout comme les apôtres disciples de la tradition synoptique qui laissent des filets, des barques. Elle lâche les soucis de la vie ordinaire, elle quitte les contraintes de sa condition sociale, pour annoncer le Christ Sauveur à ses compatriotes samaritains.

L’intermède du retour des disciples illustre leur malaise le rôle théologique et missionnaire de la Samaritaine semble les troubler, car ils se considéraient comme les associés privilégiés de Jésus. Cependant Jésus leur rappelle qu’ils ne sont ni initiateurs, ni maîtres, de la mission aux Samaritains (4, 35-38). Toute revendication d’un rôle privilégié dans l’œuvre de Jésus est abolie par les paroles et les gestes de Jésus lui-même.

Que notre manière de faire mémoire de Jésus Christ, de vivre de son salut et de sa grâce, soit fidèle à son exemple lui qui franchit des normes sociales et religieuses pour aller à la rencontre lui qui accueille les questions et les résistances lui qui se révèle et confie sa parole à une femme marginalisée et discriminée.

Qu’il nous donne, comme à la Samaritaine, de lâcher nos cruches pour devenir témoins de l’eau vive qui apaise toute soif.

Katherine Shirk Lucas

LA TOURBIERE DE NOS AMES

Lors du premier week-end de Carême, je suis allée rando-péleriner jusqu’à l’Abbaye de la Pierre-qui-Vire dans l’Yonne. Pour accéder à ce site, il faut traverser la réserve naturelle des tourbières du Morvan – zone quelque peu hostile en un mois de février pluvieux. La tourbière est une zone humide dont le sol contient énormément de matière organique. La végétation, en mourant, s’accumule depuis des milliers d’années pour former une matière unique : la tourbe. La richesse des tourbières pour nos écosystèmes est infinie. Station d’épuration naturelle, puits à carbone, abri d’une faune et d’une flore rares : les tourbières sont des laboratoires archéologiques et écologiques à ciel ouvert.

L’effort de la marche prolongée avec les pieds mouillés m’a amenée cette méditation. L’accumulation de nos  vicissitudes, nos douleurs, nos échecs, nos péchés peuvent nous laisser, à un certain point de nos vies, un goût amer. S’ils sont laissés en l’état, ces « déchets spirituels » peuvent se transformer en cloaques nauséabonds prompts à nous faire souffrir ainsi que notre entourage. Mais il est impensable que cela soit ce que Dieu veut pour nous. Saint Paul dit aux Chrétiens de Rome – et donc à nous aussi – que « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Romains 5,20). Si nous laissons le Christ  nous envahir, tels les végétaux dans la tourbière, ce qui est glauque peut mourir et se laisser transformer en un terrain étonnamment fertile. Entre volonté et nécessité d’abandon, Dieu peut se frayer un chemin en nos âmes boueuses.

La tourbière n’est pas un paysage des plus charmants. Nous pourrions lui préférer l’éloquence d’une montage, l’éternité d’un océan ou encore l’harmonie d’un bocage. Pourtant la tourbière, en ne représentant que 2 à 3% des terres émergées du globe, capte à elle seule plus de 50% du carbone (plus que l’ensemble des forêts !) rendant ainsi notre terre habitable. Puissions-nous nous laisser transformer mais d’abord transformer nos regards sur notre tourbe intérieure. Combien alors, à la Lumière du Christ, la tourbière de nos âmes blessées pourrait contribuer à l’œuvre de Dieu !

Bon chemin de Carême à toutes et tous,

Aline 

Les mardis de Carême

Les 10, 17, 24 et 31 Mars

de 19h30 à 21h30

La prière d’un enfant

Je suis dans le métro, sur la ligne 1, au départ de Châtelet. Je lis le journal. Deux stations plus loin, je lève les yeux, sentant un regard. En face de moi, sur l’autre banquette de trois voyageurs, je reconnais cette femme que j’ai accompagnée avec sa fille il y a quelques mois, lors des funérailles de son mari. Elle me sourit intensément et semble heureuse de me retrouver. Nous nous mettons à parler, et à la station suivante, elle s’assied à côté de moi quand la place se libère. Elle me raconte ses jours et ses nuits depuis le départ de son cher compagnon, c’est toujours dur. Elle garde un souvenir tellement fort des obsèques et de l’accueil de la paroisse, où elle s’est sentie si chaleureusement écoutée et entourée.

Je lui demande des nouvelles de sa famille, elle me parle de sa petite-fille, Chiara (« lumière »), qui aime tant venir à l’église de Saint-Jean Baptiste et retrouver la petite croix de son grand-père dans la chapelle des défunts. Tous les ans, elle et son mari venaient chercher des Rameaux à SJBB avec Chiara. Elle parle de la foi de Chiara, de son amour des étoiles, cette petite-fille qui est pour sa mère et sa grand-mère comme une étoile vers la crèche. Dès qu’elle arrive dans la chapelle, elle s’agenouille et prie en silence. « Je vois ses lèvres qui murmurent en silence. Chiara parle à Dieu si simplement, je ne sais d’où ça lui vient, c’est comme une eau de source… ». Les larmes viennent dans ses beaux yeux remplis d’amour pour son mari, qui était subjugué par la lumière : « Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière : vous serez alors des fils de lumière » (Jn 12,36).

Il avait rencontré après le confinement un frère dans une abbaye, et ses nombreux échanges avec lui l’avaient beaucoup aidé et poussé à lire quotidiennement la Bible.

Me revient ce qu’elle m’avait conté alors : « Un jour, en Italie, le soir tombe, Chiara joint les mains et, regardant le ciel, dit ‘je prie aux étoiles’ »

Elle me glisse en partant, quand je l’embrasse : « Mon mari aurait été tellement heureux de vous connaître ! » Et moi, alors ! Et je loue le Seigneur qui m’a remis cette si belle personne ce matin sur ma route.

Yves.

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