Catégorie : REGARD DE L’AUTRE Page 1 of 12

Jérusalem  2033 !

Avec Marie-Line, ma très chère épouse, nous avions hébergé deux jeunes luthériens finlandais, parmi des dizaines de milliers, venus pour une Rencontre européenne de Taizé à Paris, alors que les Fils de la Charité, en charge de notre paroisse (1937-2003), y étaient encore présents. Si j’évoque aujourd’hui ce beau et lointain souvenir, c’est parce que Léon XIV m’y a fait penser !

De fait, le pape a reçu récemment une délégation œcuménique finlandaise, à l’occasion de la Saint Henri, patron de la Finlande. Dans son discours, il a décrit la Finlande comme « un pays modèle pour l’oecuménisme« . Il a salué, en particulier, une déclaration trilatérale orthodoxe, luthérienne, catholique, et une déclaration des évêques d’Helsinki, cherchant à promouvoir une « culture de l’espérance, de la dignité et de la compassion » à propos notamment du développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie. Dialogue et coopération de tous les chrétiens finlandais « à travers des paroles constructives et des actes charitables« . L’exemple finlandais doit nous inspirer et nous inciter, chez nous, à un dialogue et un travail communs sur le terrain entre tous les chrétiens, toute l’année, et pas seulement pendant la Semaine pour l’unité !

Frère Roger, fondateur de Taizé, écrivait en 2001, dans son magnifique petit livre « Dieu ne peut qu’aimer« , quelques années avant sa mort tragique, ces mots d’une rare authenticité : «  Après sa Résurrection, la présence du Christ se fait concrète à travers une communion d’amour qu’est l’Eglise. Les chrétiens auront-ils le cœur assez large, l’imagination assez ouverte, l’amour assez brûlant pour découvrir cette voie d’Evangile : sans retard, vivre en réconciliés » Paroles prophétiques d’un homme charismatique et courageux (il a caché des juifs pendant la seconde guerre mondiale) que j’ai rencontré à plusieurs reprises à Taizé, dans ma jeunesse et qui m’a marqué à vie. Taizé, un laboratoire vivant de l’oecuménisme !

Comment ne pas prier, avec cœur, le psaume 132 : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis !« . Psaume repris dans un célèbre cantique juif « Hine ma tov » chanté lors de la célébration hebdomadaire et infrangible du shabbat.

Et comment ne pas saluer, pour finir, l’audace de Léon XIV, pape sensible et réservé qui nous a réservé une belle surprise lors de son voyage en Turquie et au Liban en annonçant la convocation  d’un grand rassemblement de tous les représentants des Eglises chrétiennes à Jérusalem, en 2033, pour célébrer les 2000 ans de la mort et la résurrection du Christ !

A Jérusalem, là même où les premiers chrétiens juifs, comme les apôtres, furent à l’origine des prémices, avec d’autres, de ce qui allait devenir l’Eglise Une, d’avant les déchirures et les séparations… Notre unité du baptême doit nous conduire demain à une pleine communion. Assis ensemble à la même table du Christ.

Le pape Léon XIV, pasteur universel du Peuple de Dieu !

Edmond Sirvente

Dons et charismes

Ah ! dit la belle-fille : ma belle-mère a vraiment le don de m’exaspérer. Et réciproquement, d’ailleurs. Cette animosité ne date pas d’hier. Rien de nouveau sous le soleil. Le prophète Michée (7, 6) constate : « …la belle-fille [se soulève] contre sa belle-mère ». En Luc (12, 49-53) c’est Jésus qui annonce qu’il est venu mettre la division sur la terre : « Ils se diviseront …la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère ». Mais alors, peut-on parler d’un don quand il s’agit d’une relation entachée par le ressentiment, l’aigreur, les regards mauvais, des jugements faussés ? Il me semble que le seul antidote à cette situation c’est le pardon que j’écrirais bien volontiers par-don.

Heureusement, il y a des dons positifs. Par exemple j’ai un don pour jouer de la clarinette (rassurez-vous, ce n’est pas mon cas). Mais ce don ne risque-t-il pas d’être teinté d’une certaine autosatisfaction, d’un certain orgueil, d’un certain désir d’être reconnu, voire adulé ? Nous pourrions nous vanter de nos capacités, de nos réalisations et de nos succès.

C’est saint Paul qui nous offre la clef de compréhension de ce qu’est un véritable don : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Co 4, 7). Tout ce que nous avons n’est pas acquis par nous-même mais reçu de Dieu. Nous sommes donc invités à recevoir les dons du Saint Esprit : « la sagesse, l’intelligence, la force, la science, le conseil, la piété et la crainte ». (Is 11, 2-3). Et saint Paul de rappeler : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous ». (1 Co 12, 4-6). Ainsi les dons deviennent des charismes car la grâce de l’Esprit Saint est donnée pour la vie de l’Église, l’annonce de l’Évangile et le service du bien commun. Ils sont à accueillir avec gratitude comme l’indique le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC § 2003). Les dons que nous avons reçus, nous les donnons, nous les partageons pour qu’ils soient utiles à tous. Ce qui distingue le charisme d’un simple talent humain, c’est que son fruit dépasse largement les capacités individuelles.    

Charisme est aussi un mot qui nous renvoie aux mouvements charismatiques apparus en 1960 au sein de diverses Églises protestantes. Le renouveau charismatique accorde une place importante au pardon et à la louange caractérisée par la joie et la spontanéité. En France, plusieurs communautés nouvelles catholiques se réclament du Renouveau charismatique : Chemin Neuf, Béatitudes, Emmanuel.

Et je crois bien que toute notre communauté paroissiale est vraiment charismatique. Rendons grâce à Dieu

Brigitte

EN 2026, ASSAISONS NOS VIES AVEC DU CIEL !

Une bonne résolution en 2026 ? Mettons du Ciel dans notre vie ! C’est-à-dire : l’associer à tout bout de champ à nos existences quotidiennes. Comme du sel que l’on mettrait sur un bon petit plat et qui rehausserait le goût ! Voici mes quelques trucs et astuces.

A la messe, d’abord. Un petit truc que j’ai implémenté, pour vivre vraiment la célébration en communauté, c’est d’envoyer mon ange gardien vers les anges gardiens de toutes les personnes présentes, et de lui demander de vivre avec eux une communion d’Amour en Christ ! Manière d’être avec les autres, en communion de cœur. Rien n’empêche également d’inviter (virtuellement) des personnes qui ne peuvent être présentes, qui aimeraient être là… ou encore, avec qui on vit des situations difficiles. Leur dédier la messe, communier symboliquement avec elles. J’ai souvent une pensée pour Sainte Jeanne d’Arc (of course !), qui pendant son procès, avait été exclue de messe et d’eucharistie. Grande douleur pour elle, qui ne demandait qu’à « ouïr messe ». Alors je l’invite symboliquement à mes côtés, pour réparer ses souffrances du cachot… De même, merci au Père Bruno de nous avoir rappelé que, lors de l’élévation de l’hostie, on peut dire dans son cœur : « Mon Seigneur et mon Dieu, je t’adore et je t’aime ».

Dans la vie quotidienne, ensuite. Sous la douche quotidienne, se dire : « Seigneur, bénis-moi par cette eau ». Bénir chaque repas. On peut aussi associer le Saint correspondant à la situation présente. Par exemple, j’aime bien me dire : « Sainte Cécile, priez pour nous » avant d’entendre de la musique. La musique devient plus forte, plus présente, elle qui était déjà un trait d’union, une sorte de glu entre Terre et Ciel, où nous trouverons après notre mort une existence purement musicale.

Ainsi de suite avec les autres Saints patrons ! Il faut prendre l’habitude de confier non seulement ses joies, mais aussi son Ombre, sa part obscure à Dieu. Quand j’ai une sale pensée (de mépris, d’orgueil, de violence, de possessivité), plutôt que de la refouler (parce que malgré tout elle est là !), j’essaie de prendre l’habitude de dire : « Sainte Vierge, je te confie cette pensée ». Une saine gymnastique mentale ! Quand on ne peut pas se confesser tout de suite, et en attendant de le faire, on peut faire appel à Saint Jean-Marie Vianney (le Saint super-confesseur), pour lui confier nos fautes.

Pourquoi ne pas tenir un cahier de pardon (à ne pas laisser traîner!) pour lancer dans le Ciel une demande de pardon de toutes les personnes qu’on a offensées ?

Bref : la Chrétienté peut être un grand terrain de jeu ! Donc soyons créatifs dans nos prières spontanées, afin d’amener le sourire du Ciel dans chacun des aspects de notre jour. Et donnons, donnons sans cesse à Christ. A commencer par cette nouvelle et sainte année 2026 !

Ludovic K.

Le contraire de s’entretuer

J’ai découvert il y a quelques temps ces vers de Jacques Prévert : « Je sais, un peu partout, tout le monde s’entretue, c’est pas gai,  mais d’autres s’entrevivent, j’irai les retrouver. »

Ils m’ont d’abord fait sourire, ces vers – c’est l’effet que me font le plus souvent les images de ce poète à l’humour si peu conformiste. Puis ils m’ont donné à penser.

Que les hommes s’entretuent, on nous le rappelle à longueur d’infos, et si le constat est accablant, il n’est hélas pas nouveau. On s’entretue depuis les origines du monde, depuis le meurtre biblique d’Abel par son frère Caïn. Mais, avant Jacques Prévert, il n’existait pas, à ma connaissance, de contraire au verbe « s’entretuer ». Il l’a inventé, il a bien fait.

« S’entrevivre » ! Quel beau programme ! Un programme conçu tout exprès, semble-t-il, pour nos communautés humaines, et sans conteste pour nos communautés chrétiennes. « S’entrevivre », autrement dit vivre avec les autres et pour les autres, parmi les autres et à l’écoute des autres, en partageant avec les autres ses biens, ses rêves et ses tourments, ses peurs, ses joies, ses doutes et ses questions. Et sa foi, cela va de soi. C’est un programme, somme toute, parfaitement évangélique que nous propose ce poète si peu orthodoxe !

Lorsque Jésus dit : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux vous aussi »¹,  ne nous invite-t-il pas à nous « entrevivre » ?

On ne s’entretue pas, d’ailleurs, qu’à coups de drones ou de kalachnikovs. Nous savons à quel point, dans notre société et jusque dans notre Église, on tue avec des mots, des gestes et – pire peut-être – avec du déni et du silence. Comme il est difficile, alors, de faire renaître « l’entrevivre » ! Mais sans aller aussi loin dans la violence et l’abjection, notre quotidien s’entache souvent – oh, rien de bien méchant, a-t-on envie de se rassurer – de petites piques malencontreuses, de mépris à peine déguisés, de menus agacements, d’innocentes indifférences… De ces broutilles qui ne tuent pas – encore que… – mais qui font mal. On entend alors Paul déclarer aux Corinthiens que « l’amour prend patience ; l’amour rend service ; (…) il ne s’emporte pas, il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal… » ²

Lui aussi, à sa manière, nous enseigne à bien nous « entrevivre ». Et ça, pour reprendre le vocabulaire de Prévert, c’est gai !

Rendons donc grâce aux poètes, qui savent mettre des mots inattendus pour dire l’état du monde et les multiples sentiments humains, les pires comme les meilleurs. Et tâchons de nous « entrevivre » patiemment, joyeusement, fraternellement.

Marie-Hélène D.

La Charta Oecumenica nous engage

Après la belle rencontre européenne de Taizé, et en ce début d’année marqué par les résolutions du Nouvel An, il est bon de se rappeler les engagements œcuméniques de nos Églises et de renouveler notre engagement personnel et communautaire pour l’unité des chrétiens.

La Conférence des Églises européennes et le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe ont lancé la Charta Oecumenica actualisée le 5 novembre 2025 à Rome Cette charte renouvelle l’engagement des Églises européennes à marcher ensemble dans le dialogue, la reconnaissance mutuelle et le témoignage commun en réponse aux défis de notre temps Elle aborde notamment la recherche de la paix et de la réconciliation, l’accueil des migrants et des réfugiés, l’appel urgent à la sauvegarde de la création et l’approfondissement des relations avec les communautés juives et musulmanes.

Je retiens trois engagements en particulier D’abord, celui de « nous réunir pour prier les unes et les uns avec les autres, pour les uns les autres et pour l’unité chrétienne » Par cette prière partagée, nous exprimons notre attention et notre fraternité envers nos soeurs et frères chrétiens La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier en sera une belle occasion.

Ensuite, pour progresser sur le chemin de la réconciliation entre chrétiens, nous nous engageons à « surmonter, dans chaque Église, la tentation de l’autosuffisance, de l’isolement, de l’indifférence ou des préjugés » Pensons par exemple à des stéréotypes comme « les protestants n’ont pas la présence réelle » ou « les catholiques adorent la Vierge Marie » Dépasser ces idées reçues suppose de prendre le temps de mieux se connaître.

Enfin, je souligne une avancée importante depuis la première version de cette charte, publiée en 2001 Le texte reconnaît « Nous confessons que nos Églises ont commis des péchés scandaleux au lieu de porter témoignage elles ont permis et provoqué de graves préjudices Un élément essentiel de notre témoignage consiste à oeuvrer au soin des blessures infligées aux membres vulnérables de nos Églises » La reconnaissance de ces manquements et de ces crimes ainsi que le soutien aux personnes victimes de violences sexuelles et de maltraitances au sein des Églises, exigent de construire ensemble une culture de vérité, de justice, de protection et de paix

Vous trouvez la traduction française de la Charta Oecumenica sur le site de la Fédération protestante de France .

« Jésus Christ, Seigneur de l’Église une, est notre plus grande espérance de réconciliation et de paix En son nom, nous nous engageons à poursuivre notre chemin en Europe ensemble » Amen

Katherine Shirk Lucas

Page 1 of 12

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén